Citation de Jean Jaurès

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Jean Jaurès

« L’esprit qui est en nous est la démonstration expérimentale de Dieu.« 

Jean Jaurès, homme politique Français, (1859-1914).

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Sociologie de l’excuse: est-ce qu’on reprocherait à un géologue d’enquêter sur les causes d’un tremblement de terre ?

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« Il ne peut y avoir aucune explication qui vaille. Car expliquer c’est déjà un peu excuser ». Voici ce que déclarait Manuel Valls le 9 Janvier pour les commémorations de l’attentat de l’Hyper Casher. L’amalgame entre explication et excuse ressemble quasi mot pour mot à la célèbre réponse de Nicolas Sarkozy à Arlette Chabot en 2007: « Quand on veut expliquer l’inexplicable, c’est qu’on s’apprête à excuser l’inexcusable » .

L'émission Mes chers contemporains consacrée à la culture de l'excuseTenter de le comprendre serait, à les écouter, faire le jeu de l’ennemi… Moi qui bêtement croyait que dans toute guerre c’était la première étape vers la victoire… Cette forme d’obscurantisme, visant à s’interdire l’analyse, a petit à petit gagné l’ensemble de la sphère politico-médiatique. C’est maintenant à longueur d’antenne que l’on dénonce la « culture de l’excuse » sensée être la cause des problèmes.

Cette cabale injuste et bouleversante de bêtise contre la sociologie n’a pas manqué d’alerter Usul, le  blogueur vidéo auteur de la web série Française Mes chers contemporains. Il a consacré au sujet sa dernière vidéo qui analyse le phénomène en profondeur.

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Thomas Piketty décortique la récession européenne

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Thomas Piketty publie sur son blog hébergé par Le Monde un billet particulièrement instructif sur la récession Européenne depuis 2007. Analysant les dernières statistiques publiées par Eurostat, l’auteur du « Capital du XXIe siècle » propose une étude comparée de la progression des PIB Américain et Européen. Le retour de la récession en Europe entre 2010 et 2012 – alors que les États-Unis sont en pleine reprise – est selon lui directement imputable au manque de souplesse budgétaire et à l’absurde politique de réduction des déficits imposée par les traités Européens. En tous cas le différentiel de chaque coté de l’Atlantique est impressionnant…

Texte initialement publié le 8 Janvier 2016 par Thomas Piketty sur son blog.

2007-2015: une si longue récession

En ce début d’année 2016, il n’est pas inutile de faire le point sur la situation économique de la zone euro, sur la base des dernières données publiées par Eurostat. Cela permettra également de répondre à plusieurs questions posées par les internautes à la suite de ma chronique « Changer l’Europe, maintenant« .

Commençons par comparer la situation des pays de la zone euro, considérés globalement, à celle des Etats-Unis.

Niveau d'activité économique comparé (PIB) (base 100 en 2007)

Niveau d’activité économique comparé (PIB) (base 100 en 2007)

On constate tout d’abord que la « grande récession » de 2007-2009, provoquée initialement par la crise américaine des subprimes et la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, a eu approximativement la même ampleur en Europe et aux Etats-Unis. Des deux côtés de l’Atlantique, le niveau d’activité économique chute d’environ 5% entre fin 2007 et début 2009, ce qui en fait la plus grave récession mondiale depuis la crise des années 1930.

La reprise commence courant 2009, et le niveau d’activité retrouve fin 2010-début 2011 quasiment le même niveau que celui de fin 2007. C’est alors que se produit en 2011-2013 une nouvelle rechute de l’activité en zone euro, alors que la reprise se poursuit tranquillement aux Etats-Unis. La croissance finit par reprendre timidement au début de l’année 2013 en Europe, mais le mal est fait: à la fin de l’année 2015, le PIB de la zone euro n’a toujours pas dépassé son niveau de fin 2007, alors que les Etats-Unis ont connu une croissance cumulée de plus de 10% entre 2007 et 2015. Compte tenu de la croissance de la population, lente mais positive, notamment en France, il ne fait aucun doute que le niveau de PIB par habitant en zone euro sera en 2016-2017 inférieur à ce qu’il était en 2007. Une décennie perdue, en quelque sorte: du jamais vu depuis la Seconde guerre mondiale.

Les raisons de la rechute européenne de 2011-2013 sont maintenant bien connues: alors que les Etats-Unis ont fait preuve d’une relative souplesse budgétaire afin de maintenir le cap sur la croissance, les pays de la zone euro ont tenté de réduire les déficits trop vite en 2011-2013, avec en particulier de trop lourdes augmentations d’impôt en France, ce qui a conduit à casser la reprise et à la montée du chômage, et pour finir des déficits et de l’endettement public que l’on prétendait vouloir réduire.

Cela n’a aucun sens de demander à des pays dont le niveau d’activité est 10% ou 20% plus bas qu’il y a 10 ans de dégager des excédents primaires de 3% ou 4% du PIB.

Pourquoi les Européens se sont-ils si mal coordonnés, transformant ainsi une crise venue du secteur financier privé américain en une crise européenne durable de la dette publique? Sans doute parce que les institutions de la zone euro n’étaient pas conçues pour faire face à une telle tempête. Une monnaie unique avec 19 dettes publiques différentes, 19 taux d’intérêt sur lesquels les marchés peuvent librement spéculer, 19 impôts sur les sociétés en concurrence débridée les uns avec les autres, sans socle social et éducatif commun, cela ne peut pas marcher. Sans doute aussi surtout parce que la montée des égoïsmes nationaux a empêché les Européens d’adapter leurs institutions et leurs politiques. Concrètement, quand les marchés financiers ont commencé à spéculer sur la dette des pays d’Europe du Sud, à partir de 2010-2011, l’Allemagne et la France ont au contraire bénéficié de taux d’intérêt historiquement bas, et se sont lavés les mains du fait que le sud de la zone s’enfonçait dans la récession.

De ce point de vue, le graphique suivant est édifiant:

Niveau d'activité économique comparé (PIB) (base 100 en 2007)

Niveau d’activité économique comparé (PIB) (base 100 en 2007)

On constate que la moyenne de la zone euro cache des réalités très différentes entre les pays de la zone. Alors que l’Allemagne et la France s’en sont relativement mieux sortis (avec tout de même un retard de croissance sensible sur les Etats-Unis), la cure d’austérité, l’explosion des taux d’intérêt et la crise de défiance dans le secteur financier ont fait des ravages en Italie, en Espagne et au Portugal.

Le cas le plus extrême est bien sûr celui de la Grèce, dont le niveau d’activité économique est encore aujourd’hui un quart plus faible que ce qu’il était en 2007:

Niveau d'activité économique comparé (PIB), avec Grèce (base 100 en 2007)

Niveau d’activité économique comparé (PIB), avec Grèce (base 100 en 2007)

Que faire aujourd’hui? Je ne reprendrai pas ici les arguments développés dans « Changer l’Europe, maintenant« : conférence des pays de la zone euro pour décider d’un moratoire sur les repaiements et d’un processus de restructuration de la dette (comme il y en a eu en Europe dans les années 1950, et dont a notamment bénéficié l’Allemagne); renégociation du traité budgétaire de 2012 afin d’y introduire enfin de la démocratie et de la justice fiscale. Ce qui est certain, et ce que ces quelques graphiques illustrent assez clairement, c’est que cela n’a aucun sens de demander à des pays dont le niveau d’activité est 10% ou 20% plus bas qu’il y a 10 ans de dégager des excédents primaires de 3% ou 4% du PIB. C’est pourtant ce que les institutions de la zone euro, portées par l’Allemagne et la France, continue de demander à la Grèce, au Portugal, et à l’ensemble de l’Europe du Sud. La priorité absolue aujourd’hui devrait au contraire être de décréter un moratoire sur la dette tant que le niveau d’activité et d’emploi n’a pas retrouvé un niveau correct. Si l’on ajoute à cela que l’on aurait bien besoin de la mobilisation de tous, et notamment de l’Europe du Sud, pour se montrer unis et coopératifs face à la crise des réfugiés, alors la stratégie européenne actuelle relève véritablement du suicide et de l’irrationalité collective.

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Citation de G. K. Chesterton

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Gilbert Keith Chesterton, écrivain Anglais

Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement.

Gilbert Keith Chesterton, écrivain et poète Anglais, (1874-1936)

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Rapport sur la dette Grecque: la vérité derrière le storytelling Européen

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Alors que la Grèce et ses créanciers ont échoué à trouver un accord avant le 30 Juin, le gouvernement Tsipras organise dans l’urgence un référendum dont les objectifs restent flous. Mais il ne faudrait pas s’affranchir de questionner la mise en récit imposée par les Européens pour convaincre de la légitimité de leur action. Dans cette perspective,  le résumé du rapport sur la dette Grecque proposé il y a une dizaine de jours par Romaric Godin (La Tribune) est particulièrement instructif.

dette grecque

(Illustration ATTAC France)

Le Comité sur la vérité concernant la dette publique grecque va remettre, ce jeudi 18 juin, son rapport préliminaire à la présidente du parlement hellénique. Un rapport qui soutient la position du gouvernement hellénique.

Le Comité apporte en effet une déconstruction en règle du storytelling européen sur la Grèce depuis 2010. « Nous sommes parvenus à la conclusion que la Grèce ne doit pas payer sa dette parce qu’elle est illégale, illégitime et odieuse. » C’est la principale conclusion du rapport préliminaire du Comité pour la vérité sur la dette mis en place en avril 2015 par la présidente du parlement grec, Zoé Konstantopoulou. Ce rapport préliminaire (dont on trouvera ici un résumé en français) sera connu dans le détail ce jeudi 18 juin, mais le comité en a présenté dès mercredi les principales conclusions. Des conclusions particulièrement inquiétantes pour les créanciers.

La déconstruction du storytelling européen

Le niveau de dépenses publiques grecques est resté […] inférieur à la moyenne européenne.

Le Comité apporte en effet une déconstruction en règle du storytelling européen sur la Grèce depuis 2010. Rappelons rapidement ce dernier. Le pays a vécu jusqu’en 2009 dans une sorte d’indolence coupable jusqu’à ce que les marchés, censeurs justes et impitoyables, réveillent les Hellènes et les appellent à expier leurs fautes. Le FMI et les Européens sont alors venus au secours des Grecs avec bienveillance, en leur prêtant les sommes nécessaires à leur sauvetage, mais, évidemment, en leur imposant, pour leur propre bien, des « réformes » destinées à les protéger, à l’avenir, de telles crises. Le Comité a, mercredi, rejeté entièrement ce qui apparaît désormais comme un mythe.

Aussi a-t-il rappelé ces faits têtus qui, à eux seuls, réduisent à néant ce storytelling. Le niveau de dépenses publiques grecques est resté, durant toute la période, inférieur à la moyenne européenne. Les raisons de l’explosion de la dette résident ailleurs : jusqu’à l’entrée dans la zone euro, ce sont les taux d’intérêts élevés qui ont fait exploser principalement l’endettement qui avait été contracté par la Grèce pour ramener le niveau de protection sociale du pays à un niveau qui, in fine, est toujours resté en deçà de celui de l’Europe occidentale. Une fois dans la zone euro, la dette publique a été augmentée sous l’effet cette fois de taux anormalement bas et d’une perte de compétitivité brutale. Le Comité insiste aussi sur le niveau « injustifié » des dépenses militaires et l’importance de l’évasion fiscale qui a pesé sur les recettes. Point donc de Grecs paresseux vivant de la dépense publique et comptant sur l’argent « allemand » pour payer.

Point donc de Grecs paresseux vivant de la dépense publique et comptant sur l’argent « allemand » pour payer.

Surtout, le Comité rappelle que la crise grecque trouve aussi son origine dans l’explosion de l’endettement privé, alimenté par les banques grecques et étrangères dans le pays. Il souligne que le gouvernement de George Papandréou en 2009 s’est évertué « à présenter les éléments d’une crise bancaire en crise de la dette souveraine ». Le Comité confirme ainsi les doutes qui circulaient en Grèce depuis quelques années : ce gouvernement a volontairement intégré, avec la complicité d’Eurostat, des éléments qui ne devaient pas l’être dans le calcul du déficit public et de la dette pour 2009. Le but était d’alimenter le storytelling de la dépense excessive.

Les pressions de 2010 pour une solution imposée

Le Comité souligne ensuite combien le « sauvetage » de 2010 est empreint d’illégalités et de pressions. Il révèle ainsi que le FMI était entièrement conscient à la fois des conséquences sociales des mesures imposées à la Grèce et du caractère insoutenable des « aides » accordées à la Grèce. Ces deux éléments rendent les prêts du FMI à la fois illégaux (le FMI ne peut prêter à un pays qui n’a pas la capacité de rembourser) et illégitimes dans la mesure où les « droits humains » ont été violés par des mesures dont les conséquences sociales étaient clairement évaluées.

Le Comité souligne ensuite combien le « sauvetage » de 2010 est empreint d’illégalités et de pressions

Le Comité insiste sur le fait que les Européens et le FMI ont, en 2010, tout fait pour empêcher le gouvernement grec de procéder à une restructuration de sa dette. Il met en avant l’intervention de la BCE qui, dès avril 2010, avait menacé, dans ce cas, de couper l’accès des banques grecques à la liquidité d’urgence, inaugurant ainsi une méthode utilisée encore en Irlande en novembre de la même année, puis à Chypre en mars 2013. En imposant de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes, les Européens ont alors permis aux banques détentrices de dette publique grecque de se désengager massivement, un désengagement encore facilité par les rachats de la BCE dans le cadre du programme SMP de la BCE. Cette méthode a clairement été imposée aux Grecs.

Dette illégale, illégitime et odieuse

Le Comité insiste aussi sur l’aspect non démocratique du mémorandum de 2012 qui contourne soigneusement la Constitution hellénique en relevant du droit anglais.

Le Comité s’intéresse ensuite dans le détail aux prêts accordés à la Grèce et il estime qu’il y a, dans tous les cas, lieu de plaider leur caractère illégal, illégitime ou odieux. On l’a vu dans le cas du FMI, mais c’est également le cas des dettes détenues par la BCE qui, rappelons-le, sont les seules dettes privées émises avant 2012 à avoir échappé à la restructuration de mars 2012. Le Comité souligne que, dans tous les cas, les conditions imposées à la Grèce pour l’obtention des prêts posent de sérieux problèmes en raison de leur conditionnalité qui a réduit à néant la capacité d’action budgétaire de la Grèce tout en imposant des mesures ayant des conséquences économiques et sociales dramatiques qui, selon le Comité, enfreignent les « droits humains fondamentaux ». Dès lors, cette dette peut être considérée comme odieuse. Le Comité insiste aussi sur l’aspect non démocratique du mémorandum de 2012 qui contourne soigneusement la Constitution hellénique en relevant du droit anglais.

Bases suffisantes pour une annulation ou une suspension

Si donc le Comité s’avance autant, c’est que, très clairement, la Grèce a des chances de l’emporter devant un tribunal international

Tous ces arguments permettent au Comité de considérer qu’il existe des bases suffisantes pour annuler unilatéralement une grande partie de la dette grecque ou en suspendre le remboursement. C’est une arme redoutable que le gouvernement grec a désormais à sa disposition. Certes, ce rapport n’engage en rien Alexis Tsipras, et le gouvernement grec se garde bien de le commenter. Mais, dans la partie d’échecs avec les créanciers, c’est un coup redoutable à sa disposition. Sans doute les créanciers n’accepteront-ils jamais les conclusions de ce comité, pas davantage du reste que sa légitimité. Mais en cas de rupture et de conflit ouvert, ce sera un élément décisif. La notion de dette odieuse est désormais bien établie en droit international et, si l’on peut estimer que les membres du comité étaient, au départ, favorables à la Grèce, il est impossible de leur contester leurs compétences juridiques et leur expérience dans ce domaine. Si donc le Comité s’avance autant, c’est que, très clairement, la Grèce a des chances de l’emporter devant un tribunal international, comme ce fut le cas, rappelons-le, de l’Islande qui, dans l’affaire Icesave, a obtenu gain de cause en 2013 contre le Royaume-Uni et les Pays-Bas.

Arme contre le FMI

Pour le moment, il n’est peut-être pas temps pour Athènes d’utiliser cette arme. Mais elle rééquilibre à point nommé les rapports de force dans le bras de fer avec les créanciers. Surtout, elle va permettre à la Grèce d’utiliser des arguments concrets pour obtenir une restructuration de sa dette. Enfin, elle permet de relativiser les conséquences du défaut vis-à-vis du FMI. Si l’institution de Washington décide de lancer une procédure contre la Grèce en refusant de rééchelonner les échéances, Athènes pourra contester la dette elle-même et le Fonds sera alors dans une position délicate.

Le rapport du Comité n’est donc pas certainement une panacée. Mais c’est un élément nouveau essentiel dans la crise grecque.

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Citation de Susan George

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Susan George, co-fondatrice d'ATTAC

« On ne promet pas la lune. On ne dit pas que l’on a réponse à tout, mais l’on a des solutions. Notre but est de faire des sociétés décentes et rationnelles où les gens vivent à peu près bien, où il y a relativement peu d’inégalités, et où à peu près tout le monde a un emploi, est bien soigné et peut offrir une bonne éducation à ses enfants. »

Susan George, écrivaine franco-américaine et militante altermondialiste (1934-), dans Susan George au Devoir – Récompenser les coupables, punir les victimes, en Août 2011.

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Citation de Yeshayahou Leibowitz

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Yeshayahu Leibowitz, philosophe et moraliste Israélien

« Un pays qui administre une population hostile d’un million d’étrangers, deviendra nécessairement un Etat Shin Bet avec toutes les conséquences que cela implique en terme de liberté de parole et de pensée et de démocratie. La corruption inhérente à un régime colonial contaminera Israël. Le pouvoir devra réprimer la révolte arabe d’un côté et s’attacher les services de collaborateurs arabes de l’autre. »

Yeshayahou Leibowitz, chimiste, historien de la science et philosophe Israélien, (1903-1994)

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Citation de Ghaleb Bencheikh

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Ghaleb Bencheikh

« L’extrémisme est le culte sans la culture ; le fondamentalisme est la croyance sans la connaissance ; l’intégrisme est la religiosité sans la spiritualité.« 

Ghaleb Bencheikh, docteur en Science physique Franco-Algérien, (1960-), extrait de son appel à refonder la pensée théologique islamique.

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Thomas Piketty fixe les enjeux de l’Europe 2015

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Auréolé par le phénoménal succès l’année dernière de son « Capital du XXIe siècle » (ouvrage qui a connu un triomphe aux États-Unis alors qu’il dénonce la montée des inégalités dans le monde et suggère d’augmenter les taxes sur les hauts revenus), Thomas Piketty a publié il y a quelques jour une chronique dans Libération appelant à faire bouger l’Europe. 
Montée de Podemos en Espagne et de Syriza en Grèce, rôle de l’Allemagne et de la France, nécessité de légiférer après les révélations LuxLeaks, démocratisation des institutions Européennes etc… l’économiste Français balaie les défis de l’Europe pour l’année qui vient. En rappelant les solutions utilisées après-guerre pour réduire la dette et en révélant l’hypocrisie de la France et de l’Allemagne face aux pays du Sud, il dresse l’éventail des possibilités qui s’offrent maintenant aux Européens, au sein desquelles il dessine le chemin que l’Europe devra suivre pour sortir de la crise institutionnelle et économique.

Texte initialement publié le 29 Décembre 2014 par Libération.

2015 : quels chocs pour faire bouger l’Europe ?

Thomas Piketty dans son bureau

Thomas Piketty dans son bureau (Photo @Challenges.fr)

Le plus triste, dans la crise européenne, est l’entêtement des dirigeants en place à présenter leur politique comme la seule possible, et la crainte que leur inspire toute secousse politique susceptible d’altérer cet heureux équilibre.

La palme du cynisme revient sans doute à Jean-Claude Juncker, qui depuis les révélations LuxLeaks explique tranquillement à l’Europe ébahie qu’il n’a eu d’autre choix, lorsqu’il était à la tête du Luxembourg, que de siphonner la base fiscale de ses voisins : l’industrie déclinait, voyez-vous, il fallait bien trouver une nouvelle stratégie de développement pour mon pays ; que pouvais-je donc faire d’autre que de devenir l’un des pires paradis fiscaux de la planète ? Les voisins, en prise eux aussi avec la désindustrialisation depuis des décennies, apprécieront.

Seule une refondation démocratique de l’Europe permettrait de mener des politiques de progrès social

Aujourd’hui, il ne suffit plus de s’excuser : il est temps de reconnaître que ce sont les institutions européennes elles-mêmes qui sont en cause, et que seule une refondation démocratique de l’Europe permettrait de mener des politiques de progrès social. Concrètement, si l’on veut vraiment éviter que de nouveaux scandales LuxLeaks ne se reproduisent, il faut sortir de la règle de l’unanimité en matière fiscale, et prendre toutes les décisions concernant l’imposition des grandes sociétés (et idéalement des plus hauts revenus et des plus grandes fortunes) suivant la règle de la majorité. Et si le Luxembourg et d’autres pays le refusent, cela ne doit pas empêcher les pays qui le souhaitent de constituer un noyau dur avançant dans cette voie, et de prendre les sanctions qui s’imposent contre ceux qui continuent de vouloir vivre de l’opacité financière.

c’est par l’inflation et la répudiation pure et simple que l’Allemagne et la France se sont débarrassés de leur dette au siècle dernier

La palme de l’amnésie revient quant à elle à l’Allemagne, avec la France en fidèle second. En 1945, ces deux pays avaient une dette publique dépassant 200% du PIB. En 1950, elle était tombée à moins de 30%. Que s’est-il passé, aurait-on soudainement dégagé les excédents budgétaires permettant de rembourser une telle dette ? Évidemment non : c’est par l’inflation et la répudiation pure et simple que l’Allemagne et la France se sont débarrassés de leur dette au siècle dernier. S’ils avaient tenté de dégager patiemment des excédents de 1% ou 2% du PIB par an, alors on y serait encore, et il aurait été beaucoup plus difficile pour les gouvernements de l’après-guerre d’investir dans la croissance. Ce sont pourtant ces deux pays qui expliquent depuis 2010-2011 aux pays d’Europe du Sud que leur dette publique devra être remboursée jusqu’au dernier euro. Il s’agit d’un égoïsme à courte vue, car le nouveau traité budgétaire adopté en 2012 sous la pression de l’Allemagne et la France, qui organise l’austérité en Europe (avec une réduction excessivement rapide des déficits et un système de sanctions automatiques totalement inopérant), a conduit à une récession généralisée en zone euro. Alors même que l’économie est repartie partout ailleurs, aux États-Unis comme dans les pays de l’Union européenne restés au dehors de la zone euro.

Puisque l’on paie un taux d’intérêt très faible, à quoi bon le partager ?

Dans ce duo, la palme de l’hypocrisie revient sans conteste aux dirigeants français, qui passent leur temps à rejeter toutes les fautes sur l’Allemagne, alors qu’il s’agit clairement d’une responsabilité partagée. Le nouveau traité budgétaire, négocié par l’ancienne majorité, et ratifié par la nouvelle, n’aurait pu être adopté sans la France, qui en vérité a fait comme l’Allemagne le choix de l’égoïsme vis-à-vis de l’Europe du Sud : puisque l’on paie un taux d’intérêt très faible, à quoi bon le partager ? En vérité, une monnaie unique ne peut fonctionner avec 18 dettes publiques et 18 taux d’intérêt sur lesquels les marchés financiers peuvent librement spéculer. Il faudrait investir massivement dans la formation, l’innovation et les technologies vertes. On fait tout le contraire : actuellement, l’Italie consacre près de 6% du PIB à payer des intérêts de la dette, et investit à peine 1% du PIB dans l’ensemble de ses universités.

Il y a […] trois possibilités : une nouvelle crise financière ; un choc politique venant de la gauche ; ou bien un choc politique venant de la droite.

Alors, quels chocs pourraient permettre de faire bouger les lignes en 2015 ? Il y a, en gros, trois possibilités : une nouvelle crise financière ; un choc politique venant de la gauche ; ou bien un choc politique venant de la droite. Les dirigeants européens actuels devraient avoir l’intelligence de reconnaître que la deuxième possibilité est de loin la meilleure : les mouvements politiques qui prospèrent aujourd’hui à la gauche de la gauche, comme Podemos en Espagne ou Syriza en Grèce, sont fondamentalement internationalistes et proeuropéens. Plutôt que de les rejeter, il faudrait au contraire travailler avec eux pour formuler les contours d’une refondation démocratique de l’UE.

Les dirigeants européens actuels devraient avoir l’intelligence de reconnaître que la deuxième possibilité est de loin la meilleure

Faute de quoi, on risque fort de se retrouver avec un choc autrement plus inquiétant, venu de la droite : compte tenu du mode de scrutin, il est tout à fait possible que le FN emporte des régions lors des régionales de décembre 2015. On peut aussi, car c’est l’heure des vœux, espérer l’impossible. Au point où il en est, François Hollande serait bien inspiré de reconnaître ses erreurs de 2012, et de tendre la main à l’Europe du Sud, afin de formuler enfin des propositions audacieuses pour notre continent.

Thomas PIKETTY directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris.

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Citation de Victor Hugo

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Victor Hugo portrait

« Entre Reims et Varennes, entre le sacre et le détrônement, il n’y a que quinze lieu pour mon cocher ; pour l’esprit, il y a un abîme: la Révolution.« 

Victor Hugo, écrivain Français, (1802-1885)

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