Citation de Paul Eluard

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«Un autre monde existe. Il est dans celui-ci.

Soyons courageux-ses.

Allons le chercher».

Paul Eluard, poète Français, (1895-1952)

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Percée de Jean-Luc Mélenchon: il n’y a plus de vote utile qui tienne

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Les sondages passent et les résultats des enquêtes se ressemblent: il y a bien une montée en flèche des intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle. Couplé à un tassement – sinon un recul – de Marine Le Pen et Emmanuel Macron, et la donne de l’élection est totalement changée. L’accès au second tour est finalement beaucoup plus ouvert qu’on ne le dit et plein de scénarios sont possibles. Il est clair que maintenant le « vote utile » ne tient plus et voici pourquoi il n’y a plus à hésiter à voter Mélenchon au premier tour.

1/ La spectaculaire remontée qui change tout

L’un des derniers sondages publié concernant l’élection présidentielle est l’enquête BVA pour la presse régionale et Orange (dispo ici , voir illustration ci-dessous).

Pour qui voter aux présidentielles 2017 ?

Dernière enquête BVA intentions de vote présidentielles 2017, pour la presse régionale et Orange

Avec les « challengers » à 4 points des favoris, et compte tenu de la marge d’erreur sur ce type d’enquête, l’élection est donc beaucoup plus ouverte qu’on ne le dit. Fillon ou Mélenchon pourraient très bien créer la surprise.

Ces résultats condensés sur les quatre favoris on rendu  le « vote utile » complètement inutile. Cette stratégie électorale qui voulait que l’on vote pour le candidat « le moins pire » dès le premier tour, afin d’éviter un choix cornélien au second tour est maintenant obsolète. Les sondages permettent cette fois à chaque électeur de voter en son âme et conscience sans risque de regret.

Et avouons-le, ce sondage aux résultats resserrés est ce qui a achevé de nous décider à voter Jean-Luc Mélenchon (après avoir envisagé, Hamon, Macron et le vote blanc). L’objet de ce billet est d’expliquer pourquoi.

2/ Le programme le plus détaillé, le plus cohérent

La première chose à noter est que JLM et les gens qui composent la France Insoumise (le mouvement qui porte sa candidature) ont travaillé leur programme comme personne. Cela fait un an qu’ils sont dessus et le mot d’ordre a toujours été le fond avant la forme. A lire ce programme on est surpris comme l’ensemble homogène, réfléchi et cohérent. On peut se rendre compte qu’il résulte d’un vrai diagnostic sur l’état de la société et d’un vrai projet. L’ensemble du programme est décortiqué en ligne sur le site de l’Avenir en Commun où chacun pourra se faire une idée, mais il n’y a aucun autre candidat qui ait fait cet effort là, à ce niveau de détail là.

A lire ce programme on est surpris comme l’ensemble homogène, réfléchi et cohérent.

Un autre élément qui peut aussi compter dans le choix, c’est le fait que Jean-Luc Mélenchon ait envoyé baller le Parti Communiste. On peut le voir à au moins 4 choses:

  1. L’idéologie révolutionnaire a été abandonné au profit de la promotion d’une révolution citoyenne – c’est à dire par les urnes – via le passage à une sixième république
  2. On oublie maintenant l’approche productiviste. Le programme est sans doute le plus écologiste de tous et il propose même la sortie du nucléaire.
  3. Le plan de relance de 100 Md€, axe majeur du programme économique, est un plan de relance par l’investissement et non pas par la consommation
  4. Il n’y a pas eu d’accord électoral aux législatives entre la France Insoumise et le PS, comme le souhaitait le PC
  5.  etc etc…

Il veut renégocier les traités européens, sauf que lui il veut s’en donner les moyens.

Sur l’Europe, JLM est contre le TAFTA, du CETA et les travailleurs détachés, qui vont ruiner ou ruinent déjà notre économie. Il est contre aussi le carquant des 3% de déficit qui empêche les états d’investir (alors qu’au contraire toutes les entreprises profitent des taux bas pour le faire). Alors, comme beaucoup d’autres candidats, il veut renégocier les traités européens, à la différence près que lui il veut s’en donner les moyens. Comme sa vision est régulièrement caricaturée par les médias, on peut voir ce court interview vidéo accordé au Monde.fr [vidéo 6 min] pour des explications claires.

Concernant le chiffrage du programme, sur lequel elle est aussi régulièrement mis en cause, l’équipe de la France Insoumise a organisé une émission en ligne de 5 heures pour détailler pour chaque point, son coût et son financement, en expliquant que les modèles économiques du FMI avaient été utilisés (vidéo intégrale dispo en ligne ici [5 hrs], en version résumée ici [20 min], et sous forme de fiche synthétique ici [2 min]). Lors de cette web-émission, afin d’éviter que n’importe quoi ne soit raconté, 4 journalistes ont été invités à commenter ce chiffrage et à poser leurs questions, dont certains connus pour être notoirement hostiles (Hedwige Chevrillon de BFM Business, Ghyslaine Ottenheimer du magazine Challenges et Marc Landré du Figaro).  Encore une fois, aucun autre candidat de se soit livré à un tel « strip-tease » sur son catalogue de mesures.

3/ Un candidat qui bluffe tout le monde par sa connaissance des dossiers

Sur la politique étrangère –  point du programme pas très convaincant au départ – JLM a une vision issus d’un double héritage:

  1. d’abord le côté internationaliste qui l’incite à ne pas voir le monde dans une logique manichéenne (méchants vs. gentils) et à chercher systématiquement la paix
  2. de l’autre la conception Gaullienne du monde (place centrale de la France, méfiance envers les USA, sortie de l’OTAN, dialogue avec la Russie et la Chine etc…)
Faut il voter Mélenchon aux présidentielles 2017 ?

Jean-Luc Mélenchon devant 70 000 personnes, hier en meeting en plein air à Marseille sur le Vieux Port (photo Le Monde)

Sur le sujet de la politique de défense, la sécurité et la géopolitique, Mélenchon a été bluffant lors de sa conférence à l’IRIS (résumée dans cet article de Libé). Au milieu des géopolitologues et des militaires  il a étonné par sa connaissance pointues de tous les dossiers internationaux et déclenché régulièrement les applaudissements (alors qu’à la base Mélenchon n’est pas trop le genre de l’audience).

Dans le même genre d’exercice, où il a été impressionnant, il a répondu à l’invitation des Mardis de l’ESSEC (video ici), école privée d’économie localisée à la Défense… Il faut le voir captiver les étudiants qui n’ont à la base rien de révolutionnaires…

Pour conclure, on peut reprendre sa dernière phrase lors du débat sur BFM TV/CNews et qui en un sens résume tout:

« Il faut d’abord en finir avec l’argent roi car c’est lui qui divise les êtres humains et épuise la nature. »

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Citation de Stendhal

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« Les peuples n’ont jamais que le degré de liberté que leur audace conquiert sur la peur« .

Stendhal, écrivain Français, (1783-1842)

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Pourquoi il faut arrêter de financer l’Autorité Palestinienne

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«De fait, nous finançons le maintien de l’occupation israélienne». C’est à ce terrible constat qu’arrivent aujourd’hui de nombreux diplomates européens en poste au Proche-Orient, relayés par Charles Enderlin auteur d’une tribune dans Libération. Le journaliste franco-israélien indépendant, observateur avisé du conflit Israélo-palestinien qui a longtemps été correspondant pour France 2 (note: de 1981 à 2015), appelle à ce que les pays Européens arrêtent de financer l’Autorité Palestinienne tant que le processus de paix ne progresse pas significativement. Il pointe le paradoxe par lequel les milliards des Européens sensés accompagner le règlement du conflit favorisent au contraire le statu-quo de l’occupation. En finançant les Palestiniens, l’Union Européenne fait en réalité le jeu du gouvernement israélien…

http://www.liberation.fr/debats/2017/01/12/arretons-de-financer-l-autorite-palestinienne_1540979

Arrêtons de financer l’Autorité palestinienne

En coupant les budgets des Territoires palestiniens, l’Union européenne placerait le gouvernement de Benyamin Nétanyahou devant les responsabilités qui reviennent à toute puissance occupante.

Les accords d’Oslo, le 13 septembre 1993… un lointain souvenir ?

Après l’échec du sommet de Camp David en juillet 2000, des négociations de Taba en janvier 2001, de la rencontre de Charm el-Cheikh en février 2005, George W. Bush, le président américain, décidait qu’il était temps d’en finir avec le conflit israélo-palestinien. Le 27 novembre 2007, à Annapolis, il réunissait Ehud Olmert, le Premier ministre israélien, et Mahmoud Abbas, le président palestinien, pour frapper dans le marbre le principe de la solution à deux Etats. Les deux hommes s’engageaient à conclure les négociations en une année.

Le 27 novembre 2007, à Annapolis, Ehud Olmert et Mahmoud Abbas […] s’engageaient à conclure les négociations en une année.

Trois semaines plus tard, à Paris, Nicolas Sarkozy ouvrait la conférence internationale des donateurs pour l’Etat palestinien en rappelant qu’il s’agissait de créer aux côtés d’Israël : «Un Etat souverain sur son territoire et ses ressources, contrôlant ses frontières, disposant d’une continuité entre Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Un Etat de droit, disposant d’institutions fortes et indépendantes, qui assurera la sécurité de ses citoyens, fera respecter la loi et l’ordre […]. Au bout du compte, un Etat politiquement et économiquement viable.» Salam Fayyad, le Premier ministre palestinien, demandait 4,5 milliards d’euros aux donateurs qui, déjà, depuis la signature des accords d’Oslo, avaient déboursé plus de 7 milliards d’euros. Il a reçu des promesses pour la bagatelle de 6,5 milliards d’euros de la part des 70 délégations d’Etats réunies à Paris. L’Union européenne a de nouveau mis la main au portefeuille. Aux 563,28 millions d’euros déjà transférés en 2007, sont venus s’y ajouter 494,91 millions en 2008. Selon des sources diplomatiques, il faut adjoindre les sommes offertes par les divers pays de l’UE, qui, en la doublant, portent l’aide aux Palestiniens à près de 1 milliard d’euros (en 2015, encore, l’UE a remis 342,42 millions d’euros à l’Autorité autonome). Les pourparlers ont débuté et, à nouveau, ce fut l’échec. La droite israélienne en accuse les Palestiniens qui auraient refusé les «concessions sans précédent, offertes par Olmert». Faux, rétorque l’entourage d’Abbas : «Nous n’avons jamais reçu une proposition sérieuse par écrit pour l’étudier. Tout était verbal et n’engageait que ceux qui écoutaient.» En réalité, sous le coup d’une enquête judiciaire pour corruption, impopulaire, Ehud Olmert n’avait plus la possibilité de conclure un accord en bonne et due forme. Condamné, il a fini derrière les barreaux. Benyamin Nétanyahou lui a succédé à la présidence du Conseil en 2009 et, depuis, Israéliens et Palestiniens n’ont plus repris les discussions de fond sur les éléments de la solution à deux Etats.

Les milliards investis par la communauté internationale […] n’ont pas fait avancer d’un millimètre la solution à deux Etats.

Barack Obama, arrivé à la Maison Blanche la même année, n’a même pas réussi à relancer des pourparlers autres que sur la reprise des négociations. John Kerry, avant de quitter le département d’Etat, relève que durant ces huit années 100 000 colons supplémentaires se sont installés en Cisjordanie. Il en rejette la responsabilité sur Nétanyahou et son gouvernement, «le plus à droite de l’histoire d’Israël», dit-il, en constatant le quasi total contrôle israélien sur la zone C, 60 % du territoire, habité par près de 400 000 colons et où le développement palestinien est interdit. Une situation critiquée par de nombreux diplomates européens en poste dans la région. Tout en gardant l’anonymat, ils déclarent à qui veut les entendre : «De fait, nous finançons le maintien de l’occupation israélienne.»

Alors, pourquoi, au nom des bailleurs de fonds européens, François Hollande et Angela Merkel ne prendraient-ils pas l’initiative de fixer une date limite [à] Israël – puissance occupante selon les conventions de Genève ?

Dans ces conditions, n’est-il pas grand temps de faire le bilan ? Les milliards investis par la communauté internationale, s’ils ont permis le développement d’institutions palestiniennes, n’ont pas fait avancer d’un millimètre la solution à deux Etats. Alors, pourquoi, au nom des bailleurs de fonds européens, François Hollande et Angela Merkel ne prendraient-ils pas l’initiative de fixer une date limite au-delà de laquelle Israël – puissance occupante selon les conventions de Genève – devrait assumer le financement du budget palestinien ? Cela libérerait le contribuable européen de ce fardeau, et placerait le gouvernement de Nétanyahou devant ses responsabilités à un moment où s’ouvre une nouvelle page de l’histoire du Proche-Orient. L’enjeu, c’est l’avenir de la région, d’Israël et de la nation palestinienne. Car les premières décisions de la nouvelle administration Trump ne poussent pas à l’optimisme. Le président élu a nommé David Friedman au poste de nouvel ambassadeur américain en Israël. A la tête de l’Association des amis de la colonie Beit El, c’est un fervent partisan de l’annexion des Territoires palestiniens. Il entend œuvrer pour le transfert à Jérusalem de l’ambassade des Etats-Unis installée aujourd’hui à Tel-Aviv. Ce serait le dernier clou dans le cercueil du processus de paix entamé en 1993 avec la signature des accords d’Oslo. Il ne resterait plus qu’à en publier l’acte de décès formel.

Charles Enderlin, Journaliste à Jérusalem

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Citation de Jean Jaurès

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Jean Jaurès

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. »

Jean Jaurès, homme politique Français, (1859-1914), extrait d’un discours du 7 mars 1895 sur « l’armée démocratique », Jaurès s’exprime sur trois grands thèmes: la démocratisation de l’armée ; l’inanité d’une guerre de revanche contre l’Allemagne ; les liens entre capitalisme et guerre, et entre socialisme et paix (discours en entier ici).

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Dans le programme de Fillon: la purge libérale et traditionaliste promise par le futur président

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Ça y est l’affiche du second tour des primaires de la droite est connue depuis dimanche soir ! François Fillon affrontera Alain Juppé. Et il est difficile d’ignorer l’incroyable percée de l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy qui a su faire mentir les sondages avec un talent certain. Les observateurs les plus avisés s’avanceront même à dire que nous connaissons très probablement maintenant le nom du futur Président de la République, tant l’autoroute qu’a su se frayer le sarthois semble dégagée. C’est pourquoi, électeur de droite comme de gauche, il est sans doute temps d’aller plus loin que le personnage de Fillon, et de se plonger dans le détail de son programme.

François Fillon président ?

François Fillon président de la République Française ?

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’ancien compagnon de route de Philippe Séguin a bien changé ! Autrefois ardent défenseur du « gaullisme social » aux côtés de son mentor, il a maintenant consommé un virage libéral qu’Alain Madelin n’aurait pas renié à la grande époque (voir l’analyse de son programme ci-dessous). A tel point que l’homme n’hésite pas à se revendiquer dorénavant de Margaret Thatcher. Monsieur Séguin doit se retourner dans sa tombe !

Nul besoin de s’étonner donc que de député de la Sarthe soit présenté comme un rassembleur de la droite, il connait bien chacun de ses courants, puisqu’il a appartenu à chacun d’entre eux successivement.

Sur le plan international, Fillon tranche aussi avec ses collègues de la droite républicaine. A la manière du Front National, il prône une politique étrangère plus ouverte sur la Russie de Vladimir Poutine et plus complaisante à l’égard de Bachar el-Assad. Un point de vue pour le moins original et en rupture complète avec les positions diplomatiques prises par la France sur les deux derniers quinquennats.

Autre surprise dans le programme de François Fillon: ses positions sur le plan sociétal. Le programme est tout le contraire du personnage. Alors que l’homme est calme et souriant en évitant soigneusement les outrances, sa vision pour la France en matière de questions de société est en fait radicale. Soutenu par Sens Commun – association traditionaliste issue de la Manif pour Tous – l’ancien premier ministre multiplie des prises de position rétrogrades, se permettant même des déclarations ambigües sur la question de l’avortement.

Francois Fillon épouse les idées conservatrices de Margaret Thatcher

François Fillon assume les idées conservatrices de Margaret Thatcher (image Libération)

Enfin, on peut aussi s’interroger sur la stature de ce candidat à l’Élysée. Premier ministre de Nicolas Sarkozy l’homme a accepté toutes les outrances et avalé bien des couleuvres sans broncher (voir l’affaire du « collaborateur »). Aux ordres de l’ancien président, Fillon n’a jamais semblé tenir les rennes, se contentant d’appliquer docilement la politique décidée à l’Élysée et de servir de « majordome » à Sarko l’hyper président.  A tel point que l’on peut se demander aujourd’hui si le sarthois a bien la carrure et le charisme (voir le niveau) pour gérer le pays.

Pour aller plus en détail, Marie Piquemal et Frantz Durupt du journal Libération ont décortiqué le programme de François Fillon dans un excellent article publié hier sous le titre « De la fin des 35 heures au «récit national» : ce que propose François Fillon« . Ils passent en revue les principales mesures proposées par le candidat, et c’est un excellent moyen de se faire une idée de la vision de notre (quasi) futur président et de ses propositions pour la France.

De la fin des 35 heures au «récit national» : ce que propose François Fillon

Le programme de François Fillon, c’est notamment une potion libérale dans laquelle les aides aux entreprises sont compensées par des économies massives sur la fonction publique et une hausse de la TVA ; un conservatisme appuyé sur les questions sociales (famille, immigration, éducation) ; et la volonté de faire de l’histoire de France un grand «récit national» sans la moindre «repentance». Retour sur les grands engagements de campagne du candidat arrivé en tête.

Travail

François Fillon veut «la libération de l’économie» : c’est la «première priorité» de son programme, dont les grandes lignes sont résumées sur son site. Et pour libérer l’économie, rien de tel, par exemple, que de supprimer les 35 heures, une «utopie». Dans la fonction publique, cela consisterait à faire passer le temps de travail à 39 heures hebdomadaires, pour «réduire le nombre de postes de fonctionnaires jusqu’à 500 000» au cours du mandat. Avec 5,4 millions de personnes comptabilisées dans l’ensemble de la fonction publique au 31 décembre 2013, cela signifierait une baisse d’environ 10% des effectifs actuels. Au total, Fillon escompte, rien qu’avec ça, réaliser jusqu’à 15 milliards d’euros d’économie.

«Réduire le nombre de postes de fonctionnaires jusqu’à 500 000 […] soit environ 10%»

Dans le privé, Fillon veut que des accords puissent être négociés entreprise par entreprise (et, pour les TPE, que les accords de branche prévalent). Il serait ainsi possible d’instaurer une semaine allant jusqu’à 48 heures de travail, la limite légale fixée au niveau européen. Evidemment, pour que ça marche, mieux vaut avoir des syndicats plus conciliants que la CGT, nommément visée : «la faible représentation syndicale favorise le syndicalisme politique alors que l’économie a besoin d’un syndicalisme d’adhésion constructif et force de proposition», lit-on dans son programme. Fillon veut donc instaurer le référendum en entreprise et relever les seuils sociaux, qui imposent d’avoir au moins un délégué du personnel, de 10 à 50 et de 50 à 100 salariés. Autre antienne libérale reprise par Fillon : il faudrait licencier plus facilement. Pour cela, il veut que les entreprises puissent invoquer un «motif de réorganisation» dans les procédures de licenciement collectif. Il veut aussi reporter l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans.

Fiscalité

40 milliards d’euros d’allégements de cotisations et baisse du taux d’imposition à 25% pour les entreprises […] 10 milliards de réductions d’impôt pour les ménages

L’autre mesure phare de cette «libération», c’est bien sûr une bonne vieille «rupture fiscale»  consistant en 40 milliards d’euros d’allégements de cotisations pour les entreprises, qui permettront selon Fillon de baisser le taux de chômage «de 10% à 7%», avec notamment une baisse du taux de l’impôt sur les sociétés à 25% (contre 33,5% actuellement). Fillon veut aussi supprimer l’impôt sur la fortune et mettre en place «un taux unique d’imposition des produits du capital proche de 30%».

En résulte un «cercle vertueux» typiquement libéral représenté comme ceci dans le programme de François Fillon. Il n’y est fait aucune mention du salaire, Fillon estimant visiblement que l’embauche entraîne automatiquement la consommation, indépendamment de la façon dont les gens sont rémunérés. Concernant le Smic, tout juste est-il écrit dans son programme qu’il «veut revoir le mécanisme de revalorisation du Smic en prenant en compte les comparaisons européennes pertinentes et la performance économique de la France».

Le programme économique de François Fillon

Le programme économique de François Fillon

Du côté des ménages, Fillon promet 10 milliards d’euros de baisses d’impôts, notamment avec le «rétablissement de l’universalité des allocations familiales» et la «suppression de la cotisation salariale maladie». Mais pour compenser la perte de ces recettes fiscales, les ménages paieront autrement : le candidat veut augmenter de deux points les deux taux supérieurs de TVA, déjà fixés à 20% et 10% sous François Hollande.

Dette

Avec ce qui a été cité plus haut et l’ambition de faire 110 milliards d’euros d’économie en cinq ans, François Fillon compte ramener le déficit public à 0% en 2022, comme l’indique un graphique sur son site. On relèvera que le candidat prévoit en revanche de laisser filer le déficit à 4,7% du PIB en 2017, tandis que le gouvernement, lui, a prévu 2,7%.

Solidarité et immigration

François Fillon prône un «revenu de solidarité active» qui consisterait en un regroupement de plusieurs allocations : le RSA, l’allocation de solidarité spécifique (versée sous conditions à l’épuisement des droits au chômage), la prime d’activité et les aides au logement. «Le montant maximal alloué sera strictement plafonné», dit le programme, sans préciser le montant du plafond. S’il estime que «tous les Français doivent pouvoir se soigner», François Fillon pense que ce n’est pas le cas des étrangers : il veut supprimer l’Aide médicale d’Etat (AME) en la remplaçant par une «dispense de frais de santé» valable uniquement pour les urgences et les maladies graves ou contagieuses. Pour y accéder, il faudrait aussi accepter «un examen de la situation du séjour», ce qui devrait décourager de nombreuses personnes désirant se faire soigner.

Autre mesure visant les immigrés : «Subordonner l’accès aux principales prestations sociales à deux ans de résidence régulière en France.» Une mesure dont on se demande ce qu’elle changerait à la situation actuelle puisque, à titre d’exemple, le RSA n’est accessible à un étranger extracommunautaire qu’après cinq années de titre de séjour avec autorisation de travailler. Fillon veut aussi limiter la part légale de l’immigration en inscrivant «dans la Constitution le principe selon lequel l’immigration dépend de la capacité d’accueil et d’intégration de la France». Comment serait déterminée cette capacité ? Mystère, mais Fillon veut que le Parlement fixe chaque année des quotas en fonction des origines des immigrés.

Droits des femmes et des homosexuels

Soutenu par le mouvement Sens commun, issu de la Manif pour tous, Fillon ne promet pas l’abrogation de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Mais il veut revoir «les règles concernant la filiation». «Il ne me paraît pas légitime que la loi permette de considérer qu’un enfant est fils ou fille, de manière exclusive, de deux parents du même sexe. Sa filiation au sens biologique du terme à l’égard d’un père et d’une mère ne doit donc plus pouvoir être effacée par une adoption plénière», a-t-il expliqué dans une interview à la Croix, en juin, sans vouloir supprimer les adoptions simples par des parents de même sexe.

François Fillon « ne peut approuver l’avortement »

Sur l’avortement, il a été critiqué à l’extrême droite pour avoir voté, en 2014, en faveur d’une résolution parlementaire reconnaissant l’IVG comme un droit fondamental, puis pour avoir confirmé ce choix dans son livre Faire, paru en 2015. Il a depuis tenté de rassurer la frange réactionnaire en expliquant, lors d’un meeting : «J’ai écrit que l’avortement était un droit fondamental. Ce n’est pas ce que je voulais écrire. Je voulais dire que l’avortement, personne ne reviendrait dessus. Mais philosophiquement et compte tenu de ma foi, je ne peux l’approuver.» (cité par le Figaro Magazine du 1er juillet 2016).

Sécurité et libertés

Avec ou sans état d’urgence, François Fillon annonce qu’il veut limiter le droit de manifester : seuls seraient autorisés «les rassemblements publics que les forces de l’ordre sont capables de protéger». Il propose également des policiers municipaux armés «après formation». Faisant le lien entre immigration et insécurité, il veut aussi «un nouveau traité de Schengen» avec plus de contrôles aux frontières de l’Europe, et plus de possibilités de contrôle pour les Etats.

Éducation

En finir avec la « dictature des pédagogistes » au sein de l’Education Nationale

Ancien ministre de l’Education en 2004-2005, François Fillon a concocté un programme aux petits oignons en la matière, «parce que tout commence par là», écrit-il en en-tête sur sa feuille de route. Il avait donné le ton dès son discours dans la Sarthe en août dernier, parlant de «désastre» de l’Éducation nationale. Il fustigeait alors «la démission de l’Etat devant les syndicats, la dictature des pédagogistes et des réseaux de pouvoirs au sein de l’Education nationale qui est responsable». Ses propositions s’inscrivent dans cette logique, avec le retour symbolique de l’uniforme, laissé à la discrétion des conseils d’administration, dans chaque établissement. Cette mesure fait partie d’un long chapitre consacré au «respect de l’autorité» et au «sens de l’effort».

Il existe beaucoup d’autres mesures, aux conséquences très importantes. Fillon est ainsi favorable à une plus grande autonomie des établissements, «pour mettre fin à un système hyper centralisé», fait valoir Annie Genevard, porte-parole du candidat : dans les collèges et lycées, les principaux et proviseurs pourraient choisir «tous les personnels», et donc recruter les profs qu’ils souhaitent. Une telle mesure serait une révolution dans le système éducatif actuel. «Il est bien évident que cela se fera progressivement, cela prendra du temps mais le principe est posé», précise Annie Genevard. Fillon souhaite aussi augmenter le temps de présence des enseignants dans l’établissement. Et développer une part de la rémunération au mérite. Sur fond de suppressions de poste… Sur les 500 000 postes de fonctionnaires qu’il compte supprimer, il n’a pas donné de chiffrage précis sur le nombre de postes d’enseignants concernés.

Concernant l’enseignement supérieur, grand absent du débat jusqu’ici, Fillon ne revendique pas clairement la mise en place d’une «sélection» à l’entrée de la fac, mais dans les filières sous tension (où les places manquent), il propose de «retenir» les candidats en fonction de leur «prérequis» et leur «talent».

Enfin, François Fillon veut développer l’apprentissage à partir de 15 ans.

International

François Fillon est un grand défenseur du dialogue avec la Russie de Vladimir Poutine, notamment dans le conflit syrien. Dans un texte publié en avril par Marianne, il affirme : «Pour endiguer la progression de l’EI en Syrie, Poutine a fait preuve d’un pragmatisme froid mais efficace. Il a sauvé le régime alaouite d’un effondrement probable et lui a donné les moyens de reconquérir le terrain perdu.»

Sur l’Europe, sa vision est celle d’une «France souveraine au sein d’une Europe qui partage des valeurs communes et un objectif commun : celui de notre souveraineté vis-à-vis de nos autres partenaires». Et pour gouverner le continent, il prône un gouvernement de la zone euro réunissant les chefs de gouvernement, présidé par l’un d’entre eux.

Culture

Considérée comme un «socle» par François Fillon, la culture consiste avant tout, dans son programme, en un «plan patrimoine pour tous»  où 400 millions d’euros par an seraient dépensés pour «restaurer et mettre fin à la dégradation des monuments et objets d’art, au lieu des 328M€ en 2015 et 326M€ en 2016».

Le régime des intermittents est dans le viseur, puisque Fillon veut «lutter contre les abus» en excluant «toute forme d’emploi permanent et notamment les programmes de flux» à la télévision et à la radio. «Il s’agit de revenir à sa raison d’être : la protection contre la précarité liée à la durée limitée dans le temps d’une « création originale » qui fait appel à des talents spécifiques, dans une logique de projet.» 

«Non, la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord»

Par ailleurs, loin de vouloir enterrer l’Hadopi, organisme chargé de lutter contre le téléchargement illégal, François Fillon veut au contraire la renforcer «pour la rendre plus efficace et en luttant efficacement contre la contrefaçon commerciale des œuvres musicales, littéraires ou audiovisuelles».

Histoire

«Non, la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord» : ainsi a parlé François Fillon dans un discours à Sablé-sur-Sarthe le 28 août.

Pour l’ancien Premier ministre, pas question donc de céder à la moindre «repentance» : il a assumé sa position devant le leader syndical guadeloupéen Elie Domota sur France 2, quelques semaines plus tard.

Dans une telle perspective, hors de question que les écoliers français grandissent avec un regard trop critique sur l’histoire française : «Si je suis élu président de la République, je demanderai à trois académiciens de s’entourer des meilleurs avis pour réécrire les programmes d’histoire avec l’idée de les concevoir comme un récit national», a aussi annoncé Fillon à Sablé-sur-Sarthe.

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La signature des Accords d’Oslo

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La Liberté guidant le peuple, images historiques, mémoire collectiveCes images qui ont fait l’Histoire…

Chaque semaine, une image ou une photo qui a marqué notre mémoire collective. L’occasion de revenir sur les évènements majeurs et les « images d’Épinal » qui ont façonné notre souvenir du passé.

13 Septembre 1993: Vive poignée de main entre Yitzhak Rabin, premier ministre Israélien et Yasser Arafat, président du comité exécutif de l’OLP, sous l’égide de Bill Clinton, président des États-Unis.

Les deux hommes viennent de signer la déclaration de principes des accords d’Oslo instaurant un mode de négociations pour régler le conflit israélo-palestinien et pose une base pour une autonomie palestinienne temporaire de 5 ans pour progresser vers la paix.

Cet accord fait naître un immense espoir de paix durable entre Israéliens et Palestiniens au Proche-Orient et dans la communauté internationale. Malheureusement l’assassinat de Yitzhak Rabin en 1995 par un étudiant israélien d’extrême-droite, mettra un terme définitif au « processus d’Oslo ».

Yitzhak Rabin, Bill Clinton et Yasser Arafat lors de la signature des accords d'Oslo le 13 septembre 1993.

Yitzhak Rabin, Bill Clinton et Yasser Arafat lors de la signature des accords d’Oslo le 13 septembre 1993.

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Citation de Bertolt Brecht

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Bertold Brecht, dramaturge et poète Allemand

« Ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ?« 

Bertolt Brecht, dramaturge et poète Allemand, (1898-1956), critiquant le gouvernement de RDA

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Spécial Investigation: le renoncement de François Hollande face au Medef

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Dans « François Hollande, pacte avec le Medef« , Spécial Investigation retrace comment le président socialiste a cédé à chaque demande des patrons depuis son élection. Oubliant ses promesses de campagne et renonçant aux idées qui l’ont porté au pouvoir, François Hollande gouverne comme s’il avait fini par épouser les thèses du patronat.

Special Investigation Medef Hollande

Spécial Investigation: François Hollande, pacte avec le Medef

« Mon adversaire c’est la finance » ? Jules Giraudat journaliste pour Spécial Investigation estime au contraire que « le Medef n’a jamais eu autant d’influence que sous le quinquennat de François Hollande« .
Que ce soit sur les baisses de charges (41 milliards au total), le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), le salaire des grands patrons, la transparence des entreprises (reporting public) ou bien l’écologie (avec la réforme avortée du code minier), le reportage détaille comment la gauche au pouvoir a  successivement renoncé à chacune de ses tentatives contraignantes pour les entreprises, et abandonné toute idée de contrepartie aux baisses de charges.
Sous l’influence du Medef et de l’AFEP (le lobby des entreprises du CAC40), le gouvernement socialiste se révèle incapable de tenir la ligne politique pour laquelle il a été élu, au nom d’un pragmatisme dont les résultats restent encore à prouver.

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Citation de Jean Jaurès

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Jean Jaurès

« L’esprit qui est en nous est la démonstration expérimentale de Dieu.« 

Jean Jaurès, homme politique Français, (1859-1914).

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