Novembre -333: Bataille d’Issos entre l’armée Macédonienne d’Alexandre le Grand et les Perses de Darius III. Défait, Darius parvient à s’enfuir vers l’Euphrate, laissant sa mère, ses épouses et ses enfants aux mains d’Alexandre, dont la magnanimité est grande à leur égard. La défaite de Darius est un déshonneur selon les usages royaux achéménides : dans sa fuite il a abandonné ses insignes royaux (son quadrige, son arc, son bouclier et son manteau). A la suite de cette bataille Alexandre entame la conquête de la Phénicie et de l’Égypte et remporte ensuite une ultime victoire contre Darius à la bataille de Gaugamèles en 331 av. J.-C. L’immense empire Perse est alors à sa merci.
La mosaïque représentant cette bataille se trouvait dans la maison du Faune, à Pompéi, et date approximativement du IIe siècle av. J.-C. Désormais transférée au Musée archéologique national de Naples, elle est une copie d’un tableau réalisé à la fin du IVe siècle av. J.-C. par Philoxénos d’Érétrie pour le compte du diadoque Cassandre.
Le détail présenté ci-dessous représente Alexandre le Grand sur son cheval Bucéphale, détail de la mosaïque romaine de Pompéi représentant la bataille d’Issos, musée national archéologique de Naples.
Alexandre le Grand sur son cheval Bucéphale, détail de la mosaïque romaine de Pompéi représentant la bataille d'Issos, musée national archéologique de Naples
Dans la lignée de notre article de cette semaine sur le discours d’Étienne Chouard lors de la conférence à la fonderie Krugler, voici « Mouseland » un court métrage d’animation qui explique de façon ludique la différence entre un électeur et un citoyen.
"Aux urnes" !
Ce film est réalisé à partir d’un célèbre discours de Thomas C. Douglas, socialiste canadien, ancien premier ministre du Saskatchewan, connu pour avoir tenu le premier gouvernement socialiste en Amérique du Nord et être le père de l’assurance maladie universelle au Canada.
23 Août 1963: Discours de Martin Luther King devant le Lincoln Memorial à Washington durant la marche pour l’emploi et la liberté. Intitulé « I have a dream » cette intervention est généralement considérée comme l’un des discours les plus grands et les plus marquants du XXe siècle
Martin Luther King lors de son fameux discours "I have a dream"
Le sujet de la crise de la dette publique est de nouveau porté à l’ordre du jour avec la crise de gouvernance que subit la Grèce ces dernières semaines dans la foulée de ses élections législatives. C’est le moment de se replonger dans la conférence organisée au mois de Décembre 2011 par le journal La Cité et la Fonderie Kugler (NDLR: l’espace culturel de la Fédération des artistes de kugler réutilisant le site de l’ancienne usine). Une véritable leçon proposée par Myret Zaki et Étienne Chouard qui détaillent avec précision les mécanismes d’escroquerie utilisés par les marchés pour s’enrichir sur les dettes publiques et les faiblesses de nos systèmes démocratiques dont ils profitent honteusement.
Relire notre dossier sur la crise de la dette grecque.
1/ « La crise des dettes publiques a été volontairement déclenchée » (Myret Zaki)
La première partie de la conférence est consacrée aux difficultés économiques rencontrées par les États de la Zone Euro ces dernières années. Myret Zaki fait la démonstration que la crise des dettes publiques résulte d’attaques concertées opérées par les plus grands opérateurs financiers Anglo-saxons contre les États les plus faibles (sous forme d’attaques spéculatives dont nous décrivions le principe cet été dans notre article sur la crise de la dette grecque).
La rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan s’appuie notamment sur une rencontre (révélée par le Wall Street Journal) entre les 5 plus gros Hedge Funds et le financier George Soros – notoirement connu pour avoir fait plié la banque d’Angleterre dans les années 90 avec ses attaques spéculatives contre la Livre Sterling. Une rencontre qui a permis à tous ces acteurs de poids dans le monde de la finance de définir ensemble une stratégie à adopter pour amener les Européens à genoux. Il s’agit de spéculer contre les dettes publiques des états les plus faibles (Grèce, Portugal, Espagne…) pour mettre en difficulté la Zone Euro.
Myret Zaki et Étienne Chouard à la fonderie Krugler
Loin de la théorie du complot – ce beau petit monde ne cherche pas à devenir maître du monde mais tout simplement à gagner de l’argent en utilisant les failles du système – Myret Zaki décrit avec passion, arguments et exemples comment l’Europe est en train de se faire « plumer » par la finance Anglo-saxonne faute de pouvoir s’organiser.
2/ « Nous sommes des électeurs et non des citoyens » (E. Chouard)
Dans un second temps, Étienne Chouard, professeur d’Économie-Gestion à Marseille et chercheur indépendant, vient étayer le propos en expliquant le mécanisme de la dette publique en France et en Europe. Il revient sur la loi de 1973 interdisant à la Banque de France de prêter directement à l’État comme cela été le cas auparavant, qui a ensuite été transposée au niveau Européen dans le traité de Maastricht (lire à ce sujet la mesure #5 de notre top 10 des mesures pour un plan anti-crise). Selon lui cette loi prive la nation du pouvoir de créer la monnaie et marque le début de l’explosion de l’endettement. Il traite les gouvernements successifs de « traîtres » pour avoir laissé la dette nationale exploser dans ces conditions.
Élevant ensuite le débat, il cherche la cause originelle de nos difficultés. Après avoir rapidement rappelé la nécessité de séparation des pouvoirs selon Montesquieu il assène que le problème vient du système représentatif. Avec le suffrage universelle nous élisons nos maîtres pour qu’ils décident de tout à notre place, ce qui fait de nos systèmes des simulacres de démocraties. Nous sommes des électeurs et non des citoyens. Dans toutes les démocraties occidentales, ce sont des parlementaires qui ont écrit les constitutions, ce qui ne lui parait pas être un hasard: ils se sont ainsi ménagés la part du lion dans l’exercice du pouvoir. Selon M. Chouard la solution réside dans la ré-introduction de tirage au sort dans notre démocratie comme cela a fonctionné à Athènes pendant 200 ans.
Enfin, la conférence se termine par des questions aux intervenants qui leurs permettent de préciser leurs points de vue, et d’évoquer avec l’assistance les différents moyens d’action.
A noter qu’une version enrichie de cette vidéo est aussi disponible en ligne.
10 Mai 1981: Élection de François Mitterand. Pour la première fois, le visage du vainqueur est apparu à 20 heures précises sous forme de portrait numérique au journal télévisé d’Antenne 2.
Élection de François Mitterrand le 10 Mai 1981 au journal télévisé
Monsieur Bernard Maris, vous m’avez une nouvelle fois enlevé les mots de la bouche tout à l’heure sur le plateau de « C dans l’air » sur France 5 ! Intitulée « Présidentielle : la crise au centre » l’émission animée par Yves Calvi était aujourd’hui (NDLR: 26 Avril 2012) consacrée à la crise économique et aux moyens d’en sortir. Noyé au milieu de trois invités distribuant leur pensée unique ultra-libérale à longueur d’antenne, vous nous avez éclairé – seul contre tous – d’une vision néo-keynésienne de long terme. Chapeau !
C dans l'air sur France 5
L’émission a démarré aujourd’hui très fort. Utilisant comme d’habitude les questions pour déverser leur sempiternelle propagande, les trois premiers invités (Marc Fiorentino, Nicolas Bouzou et Guillaume Roquette) ont monopolisé les 15 premières minutes de l’émission en discours tout aussi identiques que à la solde de la finance. Incapable de contrôler le flot ininterrompu de leurs diarrhées verbales, qui déversaient en boucle un catalogue d’analyses toutes faites et non argumentées (qui ne répondaient d’ailleurs pas à sa question), Yves Calvi a encouragé à sa façon cette leçon d’économie court-termiste et réductrice. Ce qui est bien dommage.
Et il faut couper dans les dépenses publiques, et les candidats ne parlent pas assez d’économie, et l’Allemagne s’en sort mieux car eux ont fait des efforts, et il va falloir souffrir, et le modèle social Français est un anachronisme, et il faudrait gérer le budget de l’État comme le budget d’un ménage etc… et tous ceux qui ne pensent pas ça sont accusés de vendre du rêve ! Foutaises ! Que l’on regarde d’un peu plus près la situation en Allemagne ! Que l’on s’intéresse un peu aux conséquences de leurs remèdes miracles (en Grèce, mais bientôt en Espagne et en Italie) ! Que l’ont étudie un peu les procédés utilisés par les marchés pour contourner le processus démocratique !
Bernard Maris, économiste
Heureusement pour nous autres téléspectateurs, après 15 minutes – où l’on se demande pourquoi on n’a pas tout simplement éteint la télévision – Zorro est arrivé ! En deux coups de cuiller à pot Bernard Maris a fait la chasse aux contre-vérités et donné un peu d’envergure au débat en abordant les questions de la croissance et de l’augmentation des recettes de l’État (revoir l’émission ici).
Cette émission est un bel exemple de propagande moderne où l’on utilise l’espace public pour faire le matraquage d’une pensée unique – celle des marchés – pour faire passer la pilule aux citoyens. Le constat est pourtant simple: tous les pays qui ont fait confiance aux marchés s’enfoncent aujourd’hui un peu plus dans la crise. Alors que faire ? Ce blog – comme beaucoup d’autres – s’est intéressé aux mesures qui pourrait composer un plan de sortie de crise. Une vision dont de nombreux points ont été empruntés à celle de l’économiste Bernard Maris…
En tous cas, merci encore à vous Mr Maris, car avec Philippe Frémeaux vous êtes bien l’un des seuls à les empêcher de tourner en rond sur le plateau de cette émission, quand il s’agit d’économie.
16 Mai 1871: Chute de la colonne Vendôme. Le 14 septembre 1870 le peintre Gustave Courbet adresse une pétition au gouvernement de Défense nationale demandant « à déboulonner la colonne ». Il n’a en fait que l’intention de la faire reconstruire aux Invalides. En Mai de l’année suivante, la Commune de Paris au pouvoir reprend l’idée à son compte en en faisant un acte symbolique:
« La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : article unique – La colonne Vendôme sera démolie. »
Démolition de la colonne Vendôme
Après la chute de la Commune, le nouveau président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, décide en mai 1873, de faire reconstruire la Colonne Vendôme aux frais de Gustave Courbet (soit plus de 323 000 francs selon le devis établi). Gustave Courbet obtient de payer près de 10 000 francs par an pendant 33 ans, mais meurt avant d’avoir payé la première traite.