« Chacun de nous peut changer le monde. Même s’il n’a aucun pouvoir, même s’il n’a pas la moindre importance, chacun de nous peut changer le monde. »
Václav Havel, dramaturge et homme d’état Tchèque, (1936-2011)
« Chacun de nous peut changer le monde. Même s’il n’a aucun pouvoir, même s’il n’a pas la moindre importance, chacun de nous peut changer le monde. »
Václav Havel, dramaturge et homme d’état Tchèque, (1936-2011)
10 Mai 1981: Élection de François Mitterand. Pour la première fois, le visage du vainqueur est apparu à 20 heures précises sous forme de portrait numérique au journal télévisé d’Antenne 2.
Monsieur Bernard Maris, vous m’avez une nouvelle fois enlevé les mots de la bouche tout à l’heure sur le plateau de « C dans l’air » sur France 5 ! Intitulée « Présidentielle : la crise au centre » l’émission animée par Yves Calvi était aujourd’hui (NDLR: 26 Avril 2012) consacrée à la crise économique et aux moyens d’en sortir. Noyé au milieu de trois invités distribuant leur pensée unique ultra-libérale à longueur d’antenne, vous nous avez éclairé – seul contre tous – d’une vision néo-keynésienne de long terme. Chapeau !
L’émission a démarré aujourd’hui très fort. Utilisant comme d’habitude les questions pour déverser leur sempiternelle propagande, les trois premiers invités (Marc Fiorentino, Nicolas Bouzou et Guillaume Roquette) ont monopolisé les 15 premières minutes de l’émission en discours tout aussi identiques que à la solde de la finance. Incapable de contrôler le flot ininterrompu de leurs diarrhées verbales, qui déversaient en boucle un catalogue d’analyses toutes faites et non argumentées (qui ne répondaient d’ailleurs pas à sa question), Yves Calvi a encouragé à sa façon cette leçon d’économie court-termiste et réductrice. Ce qui est bien dommage.
Et il faut couper dans les dépenses publiques, et les candidats ne parlent pas assez d’économie, et l’Allemagne s’en sort mieux car eux ont fait des efforts, et il va falloir souffrir, et le modèle social Français est un anachronisme, et il faudrait gérer le budget de l’État comme le budget d’un ménage etc… et tous ceux qui ne pensent pas ça sont accusés de vendre du rêve ! Foutaises ! Que l’on regarde d’un peu plus près la situation en Allemagne ! Que l’on s’intéresse un peu aux conséquences de leurs remèdes miracles (en Grèce, mais bientôt en Espagne et en Italie) ! Que l’ont étudie un peu les procédés utilisés par les marchés pour contourner le processus démocratique !
Heureusement pour nous autres téléspectateurs, après 15 minutes – où l’on se demande pourquoi on n’a pas tout simplement éteint la télévision – Zorro est arrivé ! En deux coups de cuiller à pot Bernard Maris a fait la chasse aux contre-vérités et donné un peu d’envergure au débat en abordant les questions de la croissance et de l’augmentation des recettes de l’État (revoir l’émission ici).
Cette émission est un bel exemple de propagande moderne où l’on utilise l’espace public pour faire le matraquage d’une pensée unique – celle des marchés – pour faire passer la pilule aux citoyens. Le constat est pourtant simple: tous les pays qui ont fait confiance aux marchés s’enfoncent aujourd’hui un peu plus dans la crise. Alors que faire ? Ce blog – comme beaucoup d’autres – s’est intéressé aux mesures qui pourrait composer un plan de sortie de crise. Une vision dont de nombreux points ont été empruntés à celle de l’économiste Bernard Maris…
En tous cas, merci encore à vous Mr Maris, car avec Philippe Frémeaux vous êtes bien l’un des seuls à les empêcher de tourner en rond sur le plateau de cette émission, quand il s’agit d’économie.
« La différence entre l’extrême droite et la droite, c’est la différence entre une arrière-pensée et une pensée.«
Laurent Fabius, homme politique Français, membre du Parti Socialiste, (1946-)
16 Mai 1871: Chute de la colonne Vendôme. Le 14 septembre 1870 le peintre Gustave Courbet adresse une pétition au gouvernement de Défense nationale demandant « à déboulonner la colonne ». Il n’a en fait que l’intention de la faire reconstruire aux Invalides. En Mai de l’année suivante, la Commune de Paris au pouvoir reprend l’idée à son compte en en faisant un acte symbolique:
« La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : article unique – La colonne Vendôme sera démolie. »
Après la chute de la Commune, le nouveau président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, décide en mai 1873, de faire reconstruire la Colonne Vendôme aux frais de Gustave Courbet (soit plus de 323 000 francs selon le devis établi). Gustave Courbet obtient de payer près de 10 000 francs par an pendant 33 ans, mais meurt avant d’avoir payé la première traite.
« La gauche est au centre, le centre est à droite et la droite à l’extrême. Faut suivre…«
Guy Bedos, humoriste Français, (1934-)
L’élection présidentielle approche et avec elle l’heure des choix… Avec notamment la question clé de ce scrutin: faut-il reconduire le président sortant ? De notre coté nous avons tranché et notre décision est sans appel. Voici 60 raisons pour ne pas (re)voter Sarkozy. Vous pensez que nous basculons dans l’anti-sarkozysme primaire ? Pourquoi faudrait-il qu’il soit primaire ? Nous prenons le parti, au contraire, d’un anti-sarkozysme assumé et argumenté.
« Je serai le président du pouvoir d’achat »
(N. Sarkozy, Janvier 2007)
« C’est toi qui a dit ça ? Eh ben, descends un peu le dire, descends un peu ! »
(N. Sarkozy, Décembre 2007)
« Je veux une République irréprochable »
(Nicolas Sarkozy, Avril 2007)
« Je veux que partout dans le monde, les opprimés, les femmes martyrisées, les enfants emprisonnés ou condamnés au travail, sachent qu’il y a un pays dans le monde qui sera généreux pour tous les persécutés, c’est la France. » (N. Sarkozy, Mai 2007)
« Pour Radio France, j’ai choisi Jean-Luc Hees. J’ai proposé au CSA, qui a donné un avis favorable. Puis les commissions à l’Assemblée et au Sénat ont voté pour et ont donné un avis favorable. En quoi n’est-ce pas démocratique ? » (N. Sarkozy, Février 2012)
« Le drame de l’Afrique, c’est que l’Homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire« .
(N. Sarkozy, Juillet 2007)
Et qui font soixante raisons de ne pas renouveler notre confiance à Nicolas Sarkozy ! Cette fois-ci on ne pourra pas dire que l’on ne savait pas ! Le 22 Avril et le 6 Mai c’est à nous de jouer.
« La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie. »
Hannah Arendt, philosophe allemande naturalisée américaine, (1906-1975)
12 Avril 1961: premier vol d’un être humain dans l’espace réalisé par Youri Gagarine au cours de la mission Vostok 1.
L’Union soviétique avait jusqu’à ce jour généralement une image de pays arriéré pour le reste du monde : celle-ci est complètement effacée par la réussite du programme spatial soviétique qui est à son pinacle. Le vol de Gagarine relance la course à l’espace. Le 25 mai, John Fitzgerald Kennedy président des États-Unis dans un discours historique que les États-Unis enverront un homme sur la Lune avant la fin de la décennie.
A l’heure ou l’Espagne s’enfonce un peu plus dans la tourmente et que l’Europe semble à nouveau à la merci de la crise de l’Euro, Susan George, Stéphane Hessel et Edgar Morin (169 ans à eux trois comme le faisait remarquer Rue89) ont réunis leurs amis autour du collectif Roosevelt 2012. Considérant que « la première bataille à mener aujourd’hui est une bataille intellectuelle » et en se basant sur les écrits du prix Nobel Joseph Stiglitz (« Le triomphe de la stupidité »), ils se proposent de « dire l’urgence et redonner l’espoir » avec des propositions dignes du « New Deal » mis en place par F. D. Roosevelt à partir de 1933.
Michel Rocard – qui fait partie du collectif – affirmait en 2007 que «le capitalisme vivait une crise suicidaire pour l’humanité». C’est forts de ce constat et de la certitude que « nos sociétés approchent d’un point de rupture, d’un point de non-retour« , que le collectif Roosevelt 2012 s’est formé.
La volonté des membres est de livrer bataille sur le terrain institutionnel et idéologique. Parce que « si ce sont des décisions politiques qui nous ont amenés à la crise, d’autres décisions politiques peuvent nous en sortir » comme l’explique le manifeste. Pour les membres du collectifs, le problème de nos sociétés aujourd’hui est essentiellement un problème de diagnostic. Qui s’il est mal posé ne peut déboucher sur aucune solution:
« Plutôt que de s’attaquer aux racines de la crise, plutôt que de changer radicalement un système économique que tous, en 2008, disaient vouloir transformer de fond en comble, nos dirigeants ont continué la fuite en avant, en remplaçant la «transfusion» de dette privée par une transfusion de dette publique«

La chute est inéluctable: évolution de la dette totale des États-Unis (dette des familles + dette des entreprises + dette des collectivités et de l’Etat fédéral)
L’idée derrière « Roosevelt 2012″ est finalement assez simple: si la crise économique de 2008 est la plus importante depuis celle de 1929, peut-être serait-il intéressant d’aller chercher du coté des remèdes utilisés à l’époque… C’est là que le New Deal de Roosevelt sort des archives.
En 1933 aux États-Unis « l’activité législative est prodigieuse: en 3 mois, Roosevelt fait adopter plus de réformes que Hoover en 4 ans. Le processus est d’une rapidité extraordinaire: certaines lois sont présentées, discutées, votées et promulguées dans la même journée. »
Si la nouvelle donne proposée par Roosevelt n’a pas permis de sortir totalement le monde de la crise économique (laquelle, tristement, ne sera véritablement chassée que par la Seconde Guerre Mondiale), elle aura au moins permis de poser les bases du système économique qui permettra l’épanouissement des 30 glorieuses. Ce même système que les libéraux se sont échinés à « détricoter » depuis les années 70 à coup de dérèglementations.
S’inspirant du programme réalisée par le président démocrate dans les Années Trente, les propositions du collectif (voir ci-après) s’articulent autour de 3 axes :
Les mesures d’urgence pour un plan anti-crise sont bien évidemment à l’usage du futur président de la République:
« Le but de notre collectif est simple : provoquer un sursaut ! Dire la gravité de la crise et alimenter le débat démocratique avec 15 mesures d’urgence que le nouveau Président de la République devra mettre en œuvre dès les premières semaines, après son arrivée au pouvoir en mai prochain. »

Dans la zone euro, les entreprises prennent chaque année l’équivalent de 1 % du PIB dans la poche de leurs salariés, en plus de ce qu’elles ont fait les années précédentes
L’objectif est de rassembler un maximum de citoyens pour faire pression sur nos dirigeants. Comme le manifeste le fait justement remarquer: « Si l’on avait attendu un accord entre diplomates, le mur de Berlin serait encore debout. En 1989, ce sont des citoyens qui se sont levés et qui ont fait tomber un système politique qui niait la dignité de l’Homme.«
Le collectif Roosevelt 2012 lance donc un grand appel à signatures pour peser dans le débat public et tenter d’inspirer les candidats à la présidentielle en manque d’idée pour leurs programme.
Voici les 15 mesures d’urgences proposées par Roosevelt 2012 (également détaillées sur leur site):
Cette liste n’est pas sans rappeler celles formulées par les Économistes Atterrés dans leur manifeste, ou celles que nous proposions au mois de Décembre dans notre top 10 des mesures urgentes pour un plan anti crise. On y retrouve par exemple la lutte contre les paradis fiscaux, la taxe Tobin, et le sévère diagnostic sur le manque de démocratie des institutions Européennes.
Si ces collectifs de citoyens et ces différents manifestes se multiplient, espérons que cela permettra de gagner du terrain sur le plan idéologique. Il est grand temps que l’opinion réalise que le libéralisme forcené n’est pas l’unique alternative, et que loin d’être la solution il n’est que la cause des crises actuelles.