Free mobile: des nouveaux forfaits attractifs pour un nouveau modèle économique ?

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Le raz-de-marée provoqué par le buzz autour de l’arrivée de Free sur le marché du mobile n’aura échappé à personne cette semaine. Attendus comme une libération par la communauté toujours plus nombreuse des « freenautes », les forfaits proposés par la firme de Xavier Niel ajoutent enfin un peu de concurrence dans le marché très fermé du mobile. Malgré le froid enthousiasme de certains médias (non sans arrières pensées), cette annonce a mis une sacrée pierre dans le jardin des opérateurs historiques. A n’en point douter l’arrivée de Free sur le marché du mobile constitue une révolution qui, en plus de tirer les prix vers le bas, pourrait bien nous conduire à basculer vers un nouveau modèle.

1/ Le prix des forfaits aurait du baisser depuis bien longtemps

Nouveaux forfaits Free mobile

Très attendues les nouvelles offres de Free ont fait un buzz minutieusement orchestré par la marque

Quelques jours après la communication officielle, les offres de Free font surtout réaliser à quel point le prix des forfaits auraient pu (du ?) baisser depuis longtemps. Depuis l’arrivée du mobile en France le tarifs des communications n’a pas arrêter de croître, lentement mais sûrement. Et ce de façon symétrique pour chacun des trois opérateurs. La venue des opérateurs mobiles virtuels (MVNO) ne perturbant finalement que très peu cet équilibre, dans la mesure où l’on prenait bien soin de leur facturer suffisamment cher l’utilisation des réseaux pour ne pas qu’ils soient en mesure de présenter une offre concurrentielle. Cette croissance continue des tarifs a été maintenue alors même que les réseaux sont maintenant rentabilisés depuis longtemps… et que l’on a vu fleurir des offres à des prix terriblement plus attractifs à l’étranger (notamment dans les pays en voie de développement). Nous en étions arrivés à la situation absurde dans laquelle la communication mobile représentait une part plus importante dans le budget d’un Français que dans celui d’un citoyen d’Afrique ou d’Asie (pourtant dans un état de pauvreté extrême). Comment se faisait-il que téléphoner coûte aussi cher en France et soit aussi bon marché au Kenya ou en Inde ?

La raison est simple: l’innovation technologique a fait baisser drastiquement le coût de revient d’une communication téléphonique mobile. Avec la « voix sur IP« , transmettre du son sur des câbles réseaux « classiques » coûte désormais presque rien… C’est d’ailleurs ce qui permet aux fournisseurs d’accès internet de proposer des forfaits illimités vers les téléphone fixes du monde entier (et aussi mobiles pour le cas de la Freebox Révolution). Cela fait donc des années que les opérateurs de téléphonie mobile auraient pu baisser leur tarifs, comme ils l’ont fait dans les pays en voie de développement pour s’adapter aux pouvoir d’achat des gens. Seulement en France ils ont considéré que les consommateurs étaient suffisamment habitués à ce que téléphonie coûte un certains prix. Les 3 opérateurs historiques se sont donc contenté d’augmenter leur marge en maintenant leurs tarifs en fonction ce que les gens étaient prêts à payer. Plutôt que de répercuter la baisse de coût que la technologie permettait.

Quand on nous parle aujourd’hui de « contre attaque » de la part d’Orange, SFR ou Bouygues Telecom, cela fait doucement sourire… Si de tels tarifs étaient possibles (et nous savons que c’était le cas), pourquoi avoir attendu pour les proposer ? Surtout que les forfaits « low costs » qui ont fleuris depuis six mois l’ont été dans la perspective de contrer l’arrivée annoncée de Free, comme l’expliquait le Figaro au mois de Juillet. La vraie question à poser aujourd’hui c’est donc: est-ce qu’on nous aurait proposé toutes ces baisses de tarifs si un quatrième opérateur n’était pas arrivé pour rompre l’équilibre ? L’Association Française des Utilisateurs des Télécommunications (AFUTT) en doute : « Les propositions présentées par Free ce mardi 10 janvier marquent de réelles avancées qui justifient l’action continue de l’AFUTT en faveur de l’ouverture du marché à un quatrième opérateur. »

2/ Un accueil plutôt froid dans les médias « mainstream »

Mamie du Cantal, freenaute, Free

La "Mamie du Cantal", personnage sympathique apparut pendant le buzz résultant de la campagne de marketing viral de Free

Mardi, le jour de l’annonce des nouvelles offres de Free, alors que le buzz battait son plein sur Internet, certains grand médias ont surjoué la méfiance à l’égard du nouveau venu, quand ils n’ont pas tout bonnement éviter d’en parler (comme TF1 dans son journal de 13 heures). Quitte à frôler la désinformation. Comme par exemple lorsque l’on insistait sur le fait que le réseau était en cours de déploiement et qu’il ne couvrait que 20% du territoire (alors que Free a passé un contrat avec Orange pour palier au manquement), ou en expliquant que l’opérateur ne disposait pas encore de réseau d’agence (il a passé un accord avec toutes les chaînes de généralistes de la téléphonie).

Si les liens entre TF1 et Bouygues ou entre Canal Plus et Vivendi (propriétaire de SFR) peuvent expliquer en partie le peu d’enthousiasme dont les médias « mainstream » ont fait preuve à l’égard de Free, il faut sans doute voir un peu plus loin. Les 3 opérateurs historiques financent une part importante de la publicité des médias Français, que ce soit à coup de spots télé ou radio, ou de pleines pages dans les journaux.

De son coté Free a choisi le marketing viral pour son opération de communication sur ses nouveaux forfaits. Pas une page dans les journaux, pas un spot publicitaire à la télévision, tout juste quelques message de réclame à la radio… Certains médias ont donc choisi leur camp. Quitte a passer à coté d’un évènement qui fera date à coup sûr dans l’histoire de la téléphonie mobile en France.

3/ Et si nous gardions nos mobiles plus longtemps ?

L’autre inconvénient majeur mis en avant par les « sceptiques » sur l’offre Free concerne l’absence de fourniture du mobile avec les forfaits (comme c’est le cas chez les autres opérateurs). En effet depuis l’origine de la téléphonie mobile en France, les accords entre les opérateurs et les constructeurs ont conduit à un modèle économique qui est de faire subventionner les terminaux par les forfaits.

Avec le recul, ce système a pourtant deux effets pervers:

  • Il incite les constructeurs à ne pas faire du « solide », dans la mesure où les consommateurs changent de terminal à chaque renouvellement de forfait. Il est donc illusoire d’espérer se démarquer sur la durabilité. Ils fabriquent donc du jetable, proche de l’obsolescence programmée, et les gros constructeurs sortent au moins un nouveau modèle tous les deux mois sans qu’il n’ait d’innovation majeure.
  • Il incite les consommateurs à changer souvent de mobile, puisque de toutes façons ils les payent dans les forfaits (NDLR: les forfaits sans mobile – quand ils existent – ne sont guère moins chers). Aujourd’hui, on ne change pas de mobile parce que le précédent ne fonctionne plus, ou bine parce qu’il est dépassé technologiquement, mais parce que l’on nous en propose un plus « neuf » pour le même prix.
Nokia 3310, téléphone mobile

Sortie en 2000, le Nokia 3310 était le mobile inusable par excellence

Free ne fournit pas les mobiles, qui ne sont donc pas subventionnés par les forfaits comme c’était le cas jusqu’à présent. On n’a pas de forfait à 50€/mois dont 20€ servent en réalité à payer le crédit d’un mobile.

En regardant de plus près, cela fait 3 ans qu’il n’y a pas eu d’innovation majeure sur les terminaux mobile (en fait depuis l’arrivée de la géolocalisation GPS et de la 3G). Ce qui fait la différence entre un mobile d’aujourd’hui et un mobile de 2009 c’est globalement la résolution de l’écran et la taille de la mémoire interne. Est-ce que cela justifie un changement à chaque renouvellement de forfait ? Chacun aura sa réponse, chacun étant libre de changer de mobile quand bon lui semble… Mais est-il normal que l’on « force » tous les consommateurs à changer de mobile à travers le système de forfait subventionnant ?

Le modèle proposé par Free, qui sépare les deux produits – le forfait et le terminal – est en tous cas beaucoup plus lisible, et permettra à ceux qui le veulent de garder leurs mobiles plus longtemps, sans pour autant payer une part de forfait pour rien. Enfin, si ces consommateurs commencent à représenter une part significative, il deviendra probablement intéressant pour un constructeur de se remettre à fabriquer des produits plus résistants, pour satisfaire cette nouvelle population plus exigeante sur la durabilité.

Le modèle économique de surconsommation subventionnée de terminaux mobile qui prévalait jusqu’à aujourd’hui conduit à de véritables aberrations. En changeant de mobile tous les 12 ou 18 mois on contribue à un désastre écologique aussi inutile que stupide. En proposant un modèle différent et attractif, Free a le mérite d’ouvrir de nouvelles perspectives, qui pourraient rendre plus durable notre façon de consommer la téléphonie mobile.

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22 réponses à Free mobile: des nouveaux forfaits attractifs pour un nouveau modèle économique ?

  1. dOd71 dit :

    Moi mon Nokia 3310 je l’ai encore, et il marche toujours !
    Il a pourtant fait une chute du premier étage et plusieurs petits tours dans la piscine. C’était le mobile increvable.

    Les mobiles d’aujourd’hui en valent rien en comparaison. Au bout d’un an ils tombent en rade sans raison, et à la moindre chute ils sont à changer. Quand on pense qu’on paye ça 500 ou 800€ c’est assez scandaleux.

    Je ne sais pas si ça moins fera garder nos mobiles plus longtemps, mais ces forfaits Free c’est de la balle ! Pour 15,99€ (19,99€ pour ceux qui n’ont pas la Freebox) tu as le forfait le plus haut de gamme qui soit. Alors qu’en gros c’est le prix du forfait le plus bas de gamme chez les concurrents.

  2. sebi dit :

    Ce que les opérateurs téléphoniques ne comprennent pas, c’est que si on savait combien ça nous coute réellement on ne changerait pas de mobile tous les ans. Le truc c’est que quitte à payer un forfait 40€/mois autant avoir un mobile gratuit avec… Mais c’est assez débile comme système.

    En payant les smart phones de leur vrai prix, les gens y feront peut être plus attention, et feront peut être l’effort de les garder un peu plus longtemps. Ce sont les constructeurs qui vont faire la gueule…

  3. Pamir dit :

    En attendant pour la qualité de service on repassera.
    L’offre a pas démarré qu’il y a déjà des problèmes avec l’envoi des cartes SIM.
    http://www.gizmodo.fr/2012/01/13/free-mobile-indique-les-delais-dattente-pour-recevoir-sa-carte-sim.html

    Free Mobile indique les délais d’attente pour recevoir sa carte SIM
    « Free Mobile s’est engagé à envoyer les cartes SIM par la poste dans un délai de 24 heures. Mais pour le lancement des offres, un FAQ a été mis en place et indique qu’il faudra attendre bien plus longtemps.

    Le FAQ mis en place par Free répond aux questions que se posent logiquement les personnes intéressées par les offres du nouvel opérateur.

    Et parmi les informations, on découvre qu’il faudra attendre de 10 à 15 jours (délai indicatif) pour recevoir la carte SIM. La procédure d’activation sera indiquée dans le courrier reçu.

    Il est également précisé que l’envoi de la carte SIM ne sera pas facturé pour un forfait à 15.99€ ou à 2€ facturé 0€ (et si vous avez opté pour la portabilité pour cette dernière offre). Vous paierez en revanche 10€ si vous n’êtes pas abonné Freebox, que vous avez souscrit en ligne et que vous avez demandé un forfait sans portabilité (de votre ancien numéro).

    Petites astuce pour ceux qui n’ont pas reçu le deuxième mail avec identifiant et mot de passe permettant de suivre votre commande. Rendez-vous sur l’espace abonné du site Free Mobile et indiquez que vous avez oublié votre mot de passe. Il vous en sera alors envoyé un avec un identifiant et vous pourrez suivre les étapes de votre commande.« 

  4. juju dit :

    http://www.01net.com/editorial/553088/free-mobile-sur-le-point-de-lacher-une-deuxieme-bombe/

    Free Mobile sur le point de lâcher une deuxième bombe ?
    Invité de l’émisssion « De quoi j’me mail » sur RMC.fr, Xavier Niel, le patron de Free Mobile, a continué d’assurer le spectacle en relançant le buzz.

    Vendredi après-midi a été mis en ligne le podcast de l’émission « De quoi j’me mail » de François Sorel sur le site de rmc.fr. Xavier Niel, qui en était l’invité, a livré d’intéressantes anecdotes sur les coulisses du lancement de Free Mobile. Des précisions sur la qualité de service -qui suscite tant d’interrogations- ont également été apportées. Mais c’est surtout à la fin de l’interview que le grand manitou de l’Internet français a fait une déclaration susceptible de relancer le buzz de plus belle. A la question de François Sorel de savoir quelle serait l’attitude de Free Mobile si la concurrence s’alignait sur ses tarifs, l’homme a simplement déclaré : « Quel bonheur ! (…) On va enfin pouvoir sortir ce qu’on a dans les poches. (…) On a des surprises. »

  5. Patrick dit :

    C’est quoi cette histoire de Mamie du Cantal ?
    Un personnage créé par Free pour faire la promo de son offre mobile ?

    • PandoraVox dit :

      http://tempsreel.nouvelobs.com/les-forfaits-free-mobile/20120112.OBS8612/free-mobile-la-mamie-du-cantal-se-devoile.html

      « Tout est parti d’une déclaration de Stéphane Richard, PDG d’Orange : « Nous avons tout un arsenal de ripostes commerciales prêtes pour répondre très rapidement aux offres de Free. Mais tout ne se résume pas à un prix ! La mamie du Cantal n’a pas besoin de la même offre qu’un geek à Paris« .

      Est alors créé, le lundi 2 janvier, le compte Twitter @mamieducantal (aujourd’hui fermé) par un jeune internaute. « Après les déclarations de Stéphane Richard, j’ai eu envie de sensibiliser, avec humour, sur la fracture numérique, sur l’importance de ne pas oublier les ruraux, seniors ou non », raconte-t-il, sous couvert d’anonymat, au « Nouvel Observateur ». Il assure n’avoir « aucun lien avec Free ».A partir de là, c’est l’explosion ! Le compte totalise en quelques jours plus de 3.000 abonnés.

      Sont alors créés une page Facebook et le blog Mamie-du-Cantal.com. Deux relais des rumeurs sur l’arrivée de Free mobile, tous tenus par différents internautes. Plusieurs médias évoquent, par erreur, la présence de Free derrière ces comptes.

      Le responsable du blog, Grégory Beyrouti, l’assure également : « Je n’ai rien à voir avec Free, ni avec aucun opérateurs télécom ». Ce responsable d’agence de communication et de la start-up de e-commerce Wizishop explique au « Nouvel Observateur » sa démarche :
      Mes grands-parents vivaient dans le Cantal. Quand Stéphane Richard a eu sa phrase malheureuse, j’ai imaginé ma défunte grand-mère tenir un blog… Alors j’ai créé une grand-mère virtuelle, Georgette, geek et didactique, ancrée dans le Cantal. Au final, c’était surtout pour m’amuser. »

      Le jeudi 5 janvier, Grégory Beyrouti surfe sur la vague « mamie du Cantal » et crée le blog Mamie-du-cantal.com. Trois jours et un buzz plus tard, le site attire 250.000 visiteurs uniques. « Je ne m’y attendais pas », raconte-t-il aujourd’hui, encore surpris.

      La réussite du blog tient surtout à l’annonce, dès le 5 janvier, du « tarif de Free mobile ». « Au départ, ce n’était qu’une théorie : comme Free renvoyait tout le temps au langage Leet via le chiffre 1337, je suis parti du principe qu’il s’agissait du prix hors taxe et que le prix commercial du forfait serait de 15,99 euros. J’ai été surpris de voir que j’avais raison… » En effet, le forfait « tout illimité » de Free mobile s’élève à 15,99 euros pour les abonnés Freebox (19,99 euros pour les autres).

      Une découverte soulignée par le patron de Free, Xavier Niel, lors de sa conférence de présentation : « vous savez combien nous sommes secrets chez Free, et pour la première fois certains d’entre vous ont trouvé un prix ». Grégory Beyrouti affirme d’ailleurs avoir échangé « quelques e-mails » avec Xavier Niel à propos du blog, preuve que le PDG suivait de près tout le bruit autour du lancement de son offre.

      Les forfaits de Free mobile sont désormais en vente, mais le jeune homme assure qu’il continuera son blog avec cette mamie qui « explique les nouvelles technologies avec humour ». « 

  6. Pamir dit :

    http://www.quechoisir.org/telecom-multimedia/telephonie/actualite-free-mobile-les-offres-passees-au-peigne-fin

    Free mobile: Les offres passées au peigne fin

    Après avoir décrypté les offres de Free mobile, nous avons décidé d’éplucher avec notre service juridique les conditions générales et la brochure tarifaire de l’opérateur dans les moindres détails. Au programme, les mêmes défauts que chez les autres opérateurs de téléphonie mobile : des clauses abusives, des frais annexes, des restrictions d’usage…

    Les détails des offres

    Des frais annexes

    Free mobile facture 10 € l’envoi de la carte SIM (sauf en cas de souscription par Internet ou de portabilité) et 10 € l’envoi du mobile (15 € pour les deux). Certaines options sont aussi facturées en supplément : 1 €/mois pour le service Mail Push BlackBerry, 0,05 €/min pour le renvoi d’appels (en métropole)…

    Des appels chers depuis l’étranger

    Attention si vous comptez utiliser votre forfait en dehors de l’Union européenne. Les tarifs en roaming sont particulièrement élevés. Par exemple, un appel vers la France est facturé 2 €/min depuis l’Algérie (contre 1,18 € chez Orange) et 2,50 €/min depuis Andorre (1 € chez Orange). Comptez par ailleurs 0,48 € le SMS envoyé depuis l’Algérie (0,28 € chez Orange) et 0,032 € le kilo-octet depuis le Royaume-Uni (0,005 €/ko chez Orange). Évidemment, comme ses concurrents, Free mobile facture ces appels hors forfait. C’est le cas aussi des appels vers les numéros courts, spéciaux et pour les SMS + et MMS+ (non disponibles pour l’instant).

    Des restrictions d’usage

    Les appels inclus vers 40 destinations sont limités aux lignes fixes, sauf pour l’Amérique du Nord (fixe ou mobile) (1).
    Les SMS et MMS sont limités à 10 destinataires par envoi, la carte SIM ne peut pas être utilisée dans un ordinateur ou une tablette 3G et l’abonné doit utiliser le service « en bon père de famille ». Cette formule, également utilisée par d’autres opérateurs, ne permet pas de connaître les limites d’utilisation du service. Les précisions apportées par Free contiennent également des formules approximatives (« utilisation à des fins ou de manière anormale… ») ou trop vagues (« utilisation perturbant ou dégradant le service… ») qui donnent à l’opérateur une grande marge d’interprétation. Free mobile s’autorise par ailleurs à résilier un contrat « sans indemnité » (art. 7 des Conditions générales d’abonnement), sans que soient précisément définis les abus anormaux du service.

    Des remises limitées

    Un seul forfait à tarif préférentiel est accordé par abonnement Freebox (15,99 € au lieu de 19,99 € pour le forfait illimité et 0 € au lieu de 2 € pour l’autre forfait). Peu importe la version de la box (Freebox Révolution ou antérieure).

    Attention au tarif des téléphones

    Free mobile propose d’acquérir des téléphones grâce à un crédit sans frais sur 12, 24 ou 36 mois. Mais gare au prix de vente du téléphone ! L’iPhone 4S 16 Go, par exemple, revient au final à 720 € chez Free alors qu’il est vendu seul 629 € chez SFR. Par ailleurs, que se passe-t-il si le téléphone rend l’âme ou si vous souhaitez en changer avant la fin du remboursement ?
    Le service après-vente

    La qualité du SAV

    C’est le gros point noir. En cas de problème, pas d’autre choix que de demander de l’aide par Internet ou d’appeler la hotline (qui n’est pas réputée pour son efficacité !). On se souvient aussi des gros retards de livraison des nouvelles Freebox, au début de l’année 2011. Quant aux boutiques, Free mobile n’en possède que 4 pour l’instant, mais promet d’en ouvrir une centaine dans les 2 ans.

    Délai de rétablissement en cas de coupure du service

    Free mobile s’engage à rétablir un service interrompu « dans un délai de 2 jours maximum à compter de la publication de l’incident sur le site » (art. 5.2 des CGA). Non seulement ce délai de 2 jours est trop long mais Free laisse aussi croire au consommateur qu’il ne pourra pas demander d’indemnisation si le service est interrompu moins de 2 jours, alors que toute inexécution contractuelle, même de 24 heures, doit être indemnisée.

    Indemnisation limitée

    Une interruption du service d’au moins 2 jours donne droit « à un avoir calculé sur le montant de l’abonnement mensuel au prorata temporis du défaut d’accès au service » (art. 5.2 des CGA). Le fait d’imposer l’octroi d’un avoir est abusif (art. R.132-1 7° du code de la consommation).

    Une procédure de réclamation floue

    « En cas de réclamation persistante, l’abonné doit s’adresser […] auprès du Médiateur… » (art. 8 des CGA). Cette clause est abusive en vertu de l’article R.132-2 alinéa 10 du code de la consommation, car elle impose la médiation comme un mode obligatoire de règlement des différends alors que celle-ci n’a aucun caractère obligatoire.

    Problèmes de livraison

    La clause indiquant que « en cas de vices apparents ou de non-conformité du produit livré, l’acquéreur doit le signaler dans les 48 heures après la livraison » (art. 5 des CGV) est abusive par nature puisque contraire à l’article R.132-1 7° du code de la consommation selon lequel « sont de manière irréfragable présumées abusives, les clauses ayant pour objet ou pour effet d’interdire au non-professionnel ou au consommateur le droit de demander la résolution ou la résiliation du contrat en cas d’inexécution par le professionnel de ses obligations de délivrance ou de garantie d’un bien ou de son obligation de fourniture de service ». En tout état de cause, le consommateur peut faire jouer la garantie des vices cachés et la garantie légale de conformité, même en l’absence de réserves signalées sous 48 heures.
    Le réseau

    La qualité du réseau

    Il est encore trop tôt pour juger la qualité du réseau Free mobile, que ce soit pour les 25 % du territoire sur lesquels Free a déployé ses propres antennes ou pour le reste de l’Hexagone, pour lequel un accord a été passé avec Orange. Accord dont on ne connaît pas les détails. Par ailleurs, le fait d’inclure dans le forfait 3 Go de données par mois ne va-t-il pas inciter les utilisateurs à beaucoup se connecter à Internet et donc à surcharger le réseau à certains moments ?

    Les débits

    Free ne donne aucune précision concernant les débits proposés sur son réseau, que ce soit en utilisation normale ou bien une fois les 3 Go de données épuisés.
    La facturation et le paiement

    Pas de facture papier

    Les abonnés à Free mobile recevront chaque mois une facture sur « support durable électronique » (art. 3.2 des CGA). Une pratique inverse au principe édicté par l’article 14 de l’arrêté du 1er février 2002 relatif aux factures téléphoniques, qui prévoit que les factures sont envoyées au client « sur support papier ou, avec son accord préalable et exprès, sur un autre support durable à sa disposition ».

    Le paiement par prélèvement automatique

    C’est un passage quasiment obligé. L’abonné peut également payer par carte bancaire ou par chèque, mais dans ce cas, un dépôt de garantie de 200 € lui sera demandé.

    Des pénalités en cas de défaut de paiement

    Le dépôt de garantie de 200 € peut aussi être réclamé en cas d’inscription incomplète, de retard de paiement, d’inscription au fichier Préventel des mauvais payeurs ou de chèque irrégulier. Par ailleurs, en cas de retard de paiement, Free appliquera « un taux égal à trois fois le taux d’intérêt légal calculé sur le montant des sommes dues TTC à compter du 1er jour de retard suivant la date limite de paiement portée sur la facture et comprenant un minimum de perception de 7,50 € » (brochure tarifaire). Cette clause est une clause pénale prévue unilatéralement en faveur de Free mobile. Le client ne dispose en effet d’aucune contrepartie en cas de non-respect par le fournisseur de ses obligations. Elle est donc abusive.

    Free impose enfin une facturation intermédiaire en cas de dépassement trop important (par tranche de 10 € pour le forfait à 2 € ou de 20 € pour celui à 19,99 €). Une disposition considérée comme abusive par la Commission des clauses abusives.

    • juju dit :

      Comme le dit elle-même l’UFC Que Choisir, la plupart de ces inconvénients sont communs à tous les opérateurs de téléphonie Mobile.

      Il reste que les forfaits Free mobiles ont bien peu d’inconvénients au regard de tous les avantages qu’ils proposent.

  7. 2beFree dit :

    http://www.freemobileasso.com/articles/484-8-francais-sur-10-ont-lintention-de-souscrire-aux-offres-free-mobile
    Selon un sondage Gtk, 8 français sur 10 auraient l’intention de s’abonner chez Free Mobile. Ce score incroyable est en premier lieu un « succès énorme en terme de communication » note le sondeur. Petit bémol : 4 Français sur 10 préfèrent que d’autres testent Free Mobile pour eux.

  8. 2beFree dit :

    A voir pour de nombreux éclaircissements de Xavier Niel sur le business plan et la politique de com de Free:
    http://www.freemobilemag.com/xavier-niel-dans-on-refait-le-mac-special-free-mobile-333/

  9. 2beFree dit :

    Ça y est !
    J’ai ma carte SIM Free avec portabilité du numéro et ça marche du tonnerre.
    Toujours à fond (je ne l’ai que depuis quelques heures mais j’ai toujours 4 barres de qualité du réseau).
    Le seul inconvénient de Free Mobile semble être la consommation de batterie, comme on a pu le lire ici ou là. J’ai l’impression que mon mobile consomme plus. Après c’est peut être juste une impression.

    En tous cas ça capte de partout et la 3G est un vrai plaisir.

  10. PandoraVox dit :

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/02/22/france-telecom-orange-la-fin-d-une-epoque_1646784_3234.html#ens_id=1224268
    « Arrivé sur le marché en janvier 2012 avec des prix cassés (forfaits tout compris, voix et Internet illimité à 3 GO à 19,90 euros), le nouvel opérateur a bousculé ses concurrents. Il les a obligés à baisser leurs prix, et à rogner leurs marges. Ceux-ci ont déjà presque tous quasiment aligné leur offre « Sim Only » sans téléphone, (Red pour SFR, B & You pour Bouygues et Sosh pour Orange) sur les tarifs de Free. L’offre illimitée voix, SMS et Internet de Sosh est très vite passée de 39,90 à 24,90 euros une fois les tarifs de Free rendus publics. Origami, le coeur de gamme d’Orange, à savoir les forfaits avec téléphone subventionné, qui présente les revenus par abonné les plus élevés, ne devrait pas non plus tarder à être lui aussi touché par la baisse des prix.

    Dans un premier bilan de l’impact du lancement du 4e opérateur mobile en France, Orange admet avoir perdu 201 000 abonnés mobiles au profit de la concurrence entre le 31 décembre 2011 et le 15 février 2012. En dépit de l’accord d’itinérance qui le lie à Free – et qui lui garantit un revenu fixe d’un milliard d’euros sur trois ans – l’opérateur est donc déjà perturbé par l’arrivée du nouvel opérateur. Une tendance qui, selon les analystes, devrait s’accroître.« 

  11. Freenaute007 dit :

    Il semblerait quand même que le réseau Free Mobile ait un gros problème.
    Pour moi le principal inconvénient c’est qu’en ville à partir de 17H il faut 15 tentatives pour pouvoir passer un appel avec Free. On a aucune sonnerie, pas possibilité de laisser un message, c’est juste l’appel qui échoue avec un « ting ». C’est très pénible.

    Je connais plein de gens qui résilie de chez Free à cause de cela. Je croyais que ça n’arrivait qu’à moi… Et ça ne vient pas de mon téléphone qui serait trop vieux, j’ai un Galaxy sII qui marchait très bien chez Orange ou le problème m’arrivait de temps en temps (genre deux fois pas moi), quand avec Free c’est tous les soirs le même cinéma.

    Il semblerait aussi que parfois je ne sois pas joignable sur mon téléphone Free (à vérifier cependant) dans le même créneau horaire (soirée). Des correspondants me disent qu’ils ne peuvent même pas me laisser de message ou que leurs textos m’arrivent en retard (avec décalage).

    Tout ça pour dire qu’avec Free tout n’est pas rose.

    Si des gens ont des infos pour remédier à ces problèmes, je suis preneur.

    • PandoraVox dit :

      Pour info:
      http://www.freemobileasso.com/articles/596-free-mobile-reconnait-des-problemes-et-confirme-augmenter-ses-capacites

      Free Mobile reconnaît des problèmes le soir et confirme augmenter ses capacités
      Une semaine après notre premier article sur le sujet, le problème des appels n’est toujours pas résolu. Appels difficiles, coupures, réception aléatoire etc… Contacté par PC Inpact, Free Mobile n’a cette fois pas nié ces problèmes et confirme augmenter ses capacités.

      L’opérateur n’a pas dévoilé beaucoup d’éléments pour comprendre ce qui se passe sur son réseau. La panne est en fait assez aléatoire et touche avec des symptômes différents certaines régions. Principalement, le problème oblige certains abonnés (pas tous) à tenter plusieurs fois avant de pouvoir appeler et ce problème se retrouve principalement en soirée (entre 18h et 20h). Free confirme à nos confrères que le degré du problème « dépend des régions » et Free Mobile est censé apporter une réponse au cas par cas.
      Saturation ?

      La cause de ces dysfonctionnements n’a pas été révélée par Free Mobile. Nous avions évoqué la saturation des liens entre Orange et Free. Cette hypothèse n’est pas impossible car il semble que les problèmes « sont quasi inexistants lorsqu’ils [les abonnés] accrochent une antenne de Free Mobile, alors qu’ils se multiplient avec une antenne d’Orange » comme le rappelle PC Inpact.
      Des améliorations ?

      Comme la semaine dernière, nous vous invitons à remonter votre problème au 32 44. Free Mobile a indiqué résoudre les problèmes au cas par cas sur ce sujet. « Selon Free Mobile, les problèmes peuvent tout aussi bien être résolus le jour même, que plus tard, cela dépend bien entendu de chaque cas, de chaque lieu. » ajoute PC Inpact.

      Si vous avez constaté une amélioration pour votre propre utilisation depuis la semaine, vous pouvez nous en faire part dans les commentaires ci-dessous.

  12. juju dit :

    http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/05/15/free-mobile-se-felicite-d-avoir-seduit-2-6-millions-d-abonnes_1701171_651865.html

    Free Mobile se félicite d’avoir séduit 2,6 millions d’abonnés
    Free Mobile, dernier né des opérateurs de téléphonie mobile dans l’Hexagone, a conquis 2,6 millions d’abonnés depuis son lancement le 10 janvier, se taillant une part de marché de 3,7 %, a annoncé mardi 15 mai sa maison, mère Iliad.

    L’opérateur signe ainsi le démarrage le plus rapide pour un quatrième entrant en Europe. « Aucun nouvel opérateur n’a recruté une telle part de marché en aussi peu de temps, a déclaré le directeur financier d’Iliad, Thomas Reynaud. Clairement, on peut dire que nous avons fait bouger les lignes sur le marché du mobile. »

    Le lancement éclair de Free Mobile (dont le fondateur, Xavier Niel, est actionnaire à titre personnel du Monde) a également profité aux activités de téléphonie fixe d’Iliad, qui ont gagné 191 000 nouveaux abonnés sur la période, soit plus de 50 % des recrutements du marché, un record. Sur les trois premiers mois de l’année, le fournisseur d’accès à Internet a vu son chiffre d’affaires global bondir de 28,6 % à 655,7 millions d’euros. Des estimations d’analystes allaient de 594 à 628,3 millions d’euros.

  13. juju dit :

    Rue89 fait le bilan 4 mois après l’entrée de Free sur le marche.
    Entre attaque et contre-attaque la guerre des mots entre le nouvel entrant et les opérateurs historiques.
    http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/06/30/free-contre-les-autres-concours-de-vierges-effarouchees-233458

    Free contre les autres : concours de vierges effarouchées
    Elsa Fayner | Journaliste Rue89

    Xavier Niel est entré dans la guerre des tribunes vendredi 22 juin, déclenchant une riposte des autres opérateurs, piqués au vif.

    Jusque-là, les contributions avaient défilé dans les journaux pour encenser, mais surtout dénoncer, l’arrivée de Free sur le marché des mobiles.

    Le fondateur de Free a dégainé sa plume pour répliquer dans Les Echos :

    « Les arguments des détracteurs de la quatrième licence et de la concurrence sont simples, voire simplistes : la baisse des prix sur le mobile va amener les opérateurs à réduire leurs coûts, donc à diminuer l’emploi dans le secteur et naturellement à moins investir.

    Le bien-être immédiat des consommateurs qui paient moins cher masquerait donc une “conception éculée de l’économie” dans laquelle la concurrence serait pour l’essentiel nuisible. Le débat est donc ouvert et je me propose d’y apporter une vision positive et j’espère objective. »

    Le gouvernement se retourne contre Free

    Free s’est lancé dans le mobile en janvier 2012. C’est pourtant aujourd’hui que le débat débute. Avec un revirement spectaculaire d’Arnaud Montebourg. Celui-ci félicitait Free Mobile le jour de sa naissance, sur son compte Twitter :

    « Xavier Niel vient de faire avec son nouveau forfait illimité plus pour le pouvoir d’achat des Français que Nicolas Sarkozy en 5 ans.  » (Arnaud Montebourg)

    Pour, une fois désigné ministre du Redressement productif, s’en prendre à la « concurrence sans limite » liée à l’arrivée de Free dans l’univers des mobiles – autorisée en 2009 par le gouvernement Fillon –, au détriment de l’emploi.

    Car le secteur va mal. Entre 10 000 et 70 000 emplois seraient menacés, selon que les évaluations proviennent de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) ou des opérateurs anti-Free. Un chantier à point nommé pour le redresseur productif national. Qui propose deux solutions :

    rapatrier les centres d’appels des opérateurs français et de leurs sous-traitants délocalisés au Maghreb ;
    poser des limites à la concurrence entre les opérateurs.

    Thierry Breton envoyé au front

    Dans la guerre des tribunes, c’est un patron qui est envoyé au front. Et pas n’importe lequel. Thierry Breton, l’ancien PDG de France Télécom, l’« opérateur historique ». A lui de défendre aussi Bouygues et SFR.

    Thierry Breton fait partie des patrons que François Hollande a reçu à peine élu. Les deux hommes se sont visiblement réconciliés : François Holllande demandait en 2007 la démission de celui qui était alors ministre des Finances du gouvernement Raffarin, parce qu’il était mis en cause dans une affaire de parachute doré chez EADS.

    C’est Le Monde que Thierry Breton choisit le 23 juin pour sa tribune, au titre explicite : « Free menace l’innovation dans les télécoms. Non à une politique industrielle au rabais ». En bref, outre les emplois menacés :

    La valeur créée pour les actionnaires de Free depuis 2009 s’est accrue de 68%, quand la valeur de France Télécom a été divisée par deux ;

    Free « vulnérabilise les acteurs français dans la consolidation mondiale en cours », « réduit leur capacité d’endettement et d’investissement dans une période où ils vont devoir faire face à des mutations d’infrastructures considérables » (fibre optique, « 4G », « cloud computing »).

    En cause, pour Thierry Breton : derrière Free, le régulateur (l’Arcep), qui s’est engoufré dans la « dérégulation » européenne, privilégiant « consumérisme à tous crins, concurrence échevelée et baisse des prix ».

    En ligne de mire : le low cost. En réponse : une « saine concurrence », la régulation, l’inflexion « au nom de l’intérêt général [des] excès individualistes portés par le consumérisme ».

    Un discours que ne renierait pas Jean-Luc Mélenchon.

    Emissaire et bouc-émissaire

    Rappelons cependant quelques faits. A l’actif de Thierry Breton tout d’abord :

    il était président de France Télécom quand l’entreprise a été sanctionnée par les autorités de la concurrence pour entente avec Bouygues et SFR. On avait parlé de Yalta des mobiles ;

    Thierry Breton a dirigé France Télécom de 2002 à 2005. Sa technique : le « cost killing ». Les effectifs sont passés de 146 900 en 2001 à 121 000 en 2005 ;

    il a quitté l’entreprise en ayant conçu les plans TOP, Next et Act. Les trois programmes ont été mis en cause en mai 2010, suite aux suicides, dans le rapport du cabinet Technologia. [Télécharger le rapport, pdf] Ce sont ces méthodes, de lean management, que Thierry Breton a mis en oeuvre dans son entreprise acutelle, la SSII Atos Origin. En 2010, 1 000 salariés ont quitté l’entreprise [PDF].

    Le gouvernement effectue là un curieux choix en matière d’émissaire. Serait-ce parce qu’ils se sont trouvé un bouc émissaire commun ? En effet :

    du côté des centres d’appels, la crise n’est pas nouvelle. Laurent Wauquiez, alors secrétaire d’Etat à l’Emploi, avait déjà promis de créer 10 000 emplois entre octobre 2010 et début 2011. Sans résultat, rappelle le magazine spécialisé En contact.

    Xavier Niel note en outre dans sa tribune que le nombre d’emplois dans le secteur a baissé, passant de 156 000 postes en 1998 à 124 000 en 2009, date d’attribution de la licence mobile pour Free, avant de se redresser légèrement.

    « Terrorisme managerial » vs « oligopole »

    Dernier rebondissement en date le 30 juin. C’est Maxime Lombardini cette fois, directeur général d’Iliad, la maison-mère de Free, qui répond directement à Thierry Breton dans Le Monde. Le ton se fait plus vindicatif, les attaques deviennent décousues, mais les arguments restent les mêmes :

    il a fallu attendre Free pour que le secteur innove. Xavier Niel soulignait déjà que les investissements de France Telecom, SFR et Bouygues Telecom représentaient 12% à 20% de leur chiffre d’affaires, tandis que cette part est de 50% chez Free ;

    les maisons mères trois opérateurs classiques ont voté 5,5 milliards d’euros de dividendes au titre de 2011, ce qui ne témoigne pas d’une « industrie en voie de paupérisation » ;

    le « bon vieux temps de l’oligopole » a « montré ses limites ».

    Pourtant, Free applique des recettes qui ne sont pas sans soulever de critiques. La justice a ainsi condamné début 2012 l’entreprise pour « pratiques commerciales trompeuses » concernant son offre d’accès « illimité » à internet.

    Et, du côté des conditions de travail, ce n’est pas la fête. Après la grève illimitée du personnel de Total Call, l’entreprise qui gère le centre d’appels de Casablanca, ce sont les employés de France qui ont menacé de faire frève pour les mêmes raisons : stress excessif, « terrorisme managerial », selon les syndicats.

    Rue89 avait donné la parole à un journaliste qui s’était fait embaucher durant trois mois chez l’opérateur, au moment du lancement du mobile. Il avait rencontré des conseillers « livrés à eux-mêmes », qui ne connaissaient pas tous le produit à vendre. Et constaté la difficulté de dépasser les quatre mois de la période d’essai :

    « Où que l’on soit, quoi que l’on fasse, un responsable d’équipe peut surgir à tout instant en vous regardant et lâcher “ FPE !” devant tout le monde. Il faut alors lui remettre sur le champ son casque, ses badges, et il vous escorte jusqu’à la sortie sous les regards bas et gênés des autres employés. »

  14. Marc dit :

    Je vous remercie pour votre article. Je trouve que c’est intéressant.

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