Un candidat alternatif pour remplacer DSK au FMI

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Pandora Vox se fait le relais de l’initiative d’ATTAC (Association pour la Taxation des Transactions financières et l’Action Citoyenne) de présenter un candidat altermondialiste à la présidence du FMI en remplacement de Dominique Strauss-Kahn.

Aurélie Trouvé, co-présidente d'ATTAC

Aurélie Trouvé (photo La Voix du Nord)

Co-présidente d’ATTAC, Aurélie Trouvé est aussi ingénieur du GREF et docteur en sciences économiques, et maître de conférence à l’Établissement national d’enseignement supérieur agronomique de Dijon.

Pour que sa candidature soit prise en compte, il faut qu’elle soit soutenue par un gouverneur du FMI d’ici vendredi 10 juin, date limite de dépôt des candidatures.
Un comité de soutien à cette candidature est nécessaire pour appuyer cette demande auprès des gouverneurs. Pour en faire partie, vous pouvez transmettre vos coordonnées (nom, prénom, qualité) à l’adresse fmi@attac.org, ou bien renseigner directement celles-ci sur le site d’Attac France. Pour l’heure voici le communiqué de presse de l’association :

« Le FMI joue un rôle décisif dans la régulation – ou plutôt l’absence de régulation – de la finance internationale. C’est pourquoi l’association Attac a décidé de proposer une candidature pour succéder à Dominique Strauss-Kahn.

Aurélie Trouvé, 31 ans, est maître de conférences en sciences économiques et coprésidente d’Attac depuis quatre ans. Elle est spécialiste des marchés agricoles, actuellement l’un des domaines de prédilection de la spéculation financière internationale. Elle bénéficie du soutien technique et politique du Conseil scientifique d’Attac, qui comporte de nombreux économistes spécialistes des questions financières. Si elle ne bénéficie pas encore du soutien officiel d’États, sa candidature suscitera l’intérêt de tous ceux, gouvernants ou citoyens, qui désirent remettre l’industrie financière à sa place, celle de soutien aux initiatives de l’économie réelle.

Depuis l’éclatement de la crise financière en 2008, ni le G20, ni le FMI, pas plus que le comité de Bâle ou les autorités nationales de régulation financière, n’ont pris de mesures pour réduire significativement l’instabilité des marchés financiers internationaux. La spéculation fait aujourd’hui rage sur les matières premières et les titres des dettes publiques.

Avec Dominique Strauss-Kahn, la politique du FMI a consisté, comme par le passé, à défendre inconditionnellement les intérêts des créanciers des États endettés, en imposant à ces derniers des plans d’austérité brutaux : Hongrie, Ukraine et Lettonie en 2008, Islande en 2009, Grèce, Espagne, Portugal, Irlande en 2010… Les banques et les fonds d’investissement sont les principaux bénéficiaires de politiques qui détruisent les solidarités sociales et mènent l’Union européenne au bord du gouffre.

Tout indique que Christine Lagarde fera encore pire que Dominique Strauss-Kahn. Christine Lagarde a été à la tête d’une technostructure du Ministère de l’Economie (Direction Générale du Trésor et Direction du Budget), composée de fonctionnaires ultralibéraux acquis aux intérêts financiers. C’est ainsi que la France a refusé en 2010 de soutenir l’Allemagne sur la question de l’interdiction de la spéculation sur les CDS (vente à nu à découvert). Les représentants de la France à Bruxelles ont toujours freiné les maigres initiatives de la Commission sur la régulation financière. Sur la question de la taxation des transactions financières, malgré le discours apparemment offensif de Nicolas Sarkozy, le ministère de Christine Lagarde s’est toujours refusé à produire des notes et études préparant une décision, et la France ne s’est jamais engagée réellement auprès de ses partenaires de l’Union européenne ou de l’Eurogroupe.

Aurélie Trouvé propose une réorientation fondamentale du FMI, partant du principe que la stabilité financière mondiale est un bien public qui doit être démocratiquement géré par la communauté internationale dans son ensemble. Son programme pour le FMI comporte donc :

  • l’arrêt des plans d’austérité, et la mise en place d’une taxe sur les transactions financières et d’une stricte régulation des transactions sur les produits dérivés
  • la coordination des politiques économiques au plan international, amenant les pays présentant des déséquilibres excessifs (Chine, Allemagne, Japon du côté des pays excédentaires, États-Unis du côté des pays déficitaires) à se rééquilibrer de façon coordonnée par des ajustements des taux de change ainsi que des politiques budgétaires et salariales actives ;
  • le développement d’une monnaie internationale basée sur un panier des principales devises, comme alternative au dollar ;
  • l’émission de Droits de tirage spéciaux pour aider les pays en difficulté durant la période de réduction des déséquilibres internationaux ou face à des chocs conjoncturels imprévus ;
  • la démocratisation du FMI, par l’élargissement de son Conseil d’administration à tous les pays de la planète et l’intégration du FMI dans le système onusien, avec une voix pour chacun des 187 pays membres du Fonds : il s’agit d’en finir avec le pouvoir exclusif des grandes puissances.

C’est sur cette base qu’Attac a envoyé hier 1er juin 2011 au FMI la candidature officielle de Mme Aurélie Trouvé, 31 ans, économiste. Toute candidature doit être présentée par un des gouverneurs et administrateurs du FMI. L’association Attac compte sur le fair play de Christine Lagarde, actuel gouverneur du FMI pour la France.

Attac France,

Paris, le 2 juin 2011″

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8 réponses à Un candidat alternatif pour remplacer DSK au FMI

  1. sebi dit :

    Sait-on si c’est déjà trop tard ?

    • PandoraVox dit :

      La candidature d’Aurélie Trouvé au poste de directeur général du FMI n’a malheureusement pas été retenue.
      http://www.bienpublic.com/fr/accueil/article/5246860,1275/Aurelie-Trouve-Alerter-sur-ce-qu-est-vraiment-le-FMI.html
      « Coprésidente d’Attac et universitaire dijonnaise, Aurélie Trouvé revient sur sa candidature, non retenue sans surprise, au poste de directeur général du FMI.
      Echéance. Vendredi était le dernier jour pour déposer sa candidature à la succession de Dominique Strauss-Kahn. Candidatures. Le gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fischer, est depuis samedi le 3 e candidat à la direction du FMI.

      Concrètement, votre candidature résulte de quel processus ?

      « L’idée est venue, il y a quelques jours, d’un des administrateurs d’Attac. Nous nous sommes dit que c’était un bon moyen d’alerter sur la politique néolibérale du Fonds monétaire international (FMI). Nous avons lancé cela en signe d’alerte et sous forme de boutade, mais finalement, la “sauce” a pris et nous avons décidé de jouer le jeu jusqu’au bout, de manière sérieuse. Il y avait très peu de chances puisqu’il fallait qu’à la date limite du 10 juin, ma candidature puisse être présentée par un gouverneur du FMI. Or, ce gouverneur pour la France n’est autre que… Christine Lagarde. »

      Ce gouverneur avait-il l’obligation légale de présenter votre candidature ?

      « Non, il n’y a aucune obligation. Nous avons publié une lettre ouverte à destination de Christine Lagarde et des différents gouverneurs du FMI pour demander à ce que notre candidature puisse être prise en compte, parce que nous avons une vision alternative à tous les autres candidats, qui sont tous des amis de l’industrie financière, formatés par l’école néolibérale. Nous montrons que des économistes peuvent penser différemment. Nous voulons un FMI qui n’impose pas seulement des obligations aux pays débiteurs, mais aussi aux pays créanciers. Exemple, avec la Chine et sa politique salariale au rabais ou les États-Unis, dont on accepte qu’ils aient une dette énorme. »

      Le débat sur le fait que la présidence du FMI devrait revenir au candidat d’un pays émergent, plutôt qu’au représentant d’un pays européen vous paraît-il biaisé ?

      « Le candidat d’un pays émergent, ce serait très bien, mais si c’est pour avoir quelqu’un de formaté par le néolibéralisme, qui est en faveur de la finance plutôt qu’en faveur de l’intérêt des populations, ça ne changera rien ! »

      Quel regard portez-vous sur la politique actuelle du Fonds monétaire international ?

      « Elle est désastreuse. Les plans d’austérité qui se multiplient en Europe sont inefficaces. On le voit avec la Grèce. Ils subissent des réductions drastiques de salaire dans le privé et le public, des réductions de retraites, des services publics privatisés et on voit ce que cela donne depuis plusieurs mois : la dette de la Grèce n’a fait qu’augmenter, simplement parce que les agences de notation continuent à noter très négativement ce pays et la finance continue de spéculer sur la dette grecque. Nous disons qu’il faut absolument arrêter ces plans d’austérité qui sont aussi très injustes. Ils font payer une crise due à la finance par les retraités, les salariés et les chômeurs. »

      Faisons un peu de science-fiction : vous êtes élue à la tête du FMI, quelle est votre première décision ?

      « Elle est multiple : arrêt des plans d’austérité, annulation partielle des dettes et taxation des transactions financières, afin de dégager des moyens permettant de combattre la pauvreté et le réchauffement climatique. »

      Publié le 13/06/2011« 

  2. dOd71 dit :

    Le grand dada d’ATTAC ça a toujours été la taxe Tobin.
    Chirac (qui soutient maintenant François Hollande lol) avait même fini par être convaincu.
    La question semble pourtant complètement hors du débat pour la présidentielle. Malgré la crise bancaire et celle des dettes souveraines. Perso je pourrai voter pour n’importe quel candidat qui s’engagerait à l’appliquer en France et la promouvoir en Europe et dans le monde.

  3. PandoraVox dit :

    Le choix du FMI: la peste du Nord ou le choléra du Sud
    http://www.france.attac.org/articles/le-choix-du-fmi-la-peste-du-nord-ou-le-cholera-du-sud
    « Attac a proposé la candidature d’Aurélie Trouvé à la direction du FMI. Seul un administrateur ou un gouverneur du FMI pouvait présenter officiellement cette candidature au Conseil d’administration de cette institution. Sans surprise, Christine Lagarde, gouverneur du FMI pour la France, a refusé de le faire. Mais l’écho dans l’opinion publique et les presque vingt mille signatures de soutien recueillies en quelques jours ont montré que beaucoup de citoyens rejettent les politiques néolibérales menées depuis trente ans par le FMI, au Sud comme au Nord. Des propositions concrètes ont pu être avancées, en premier lieu l’arrêt des plans d’austérité, l’annulation partielle des dettes publiques, la régulation drastique et la mise à contribution de la finance, la démocratisation du FMI et de toutes les instances de décision internationales.

    Mais il n’y a aucune chance pour que les deux candidats en lice à la direction du FMI mettent en oeuvre ces politiques. Christine Lagarde fait partie d’un gouvernement qui a multiplié les régressions sociales. Elle est à la tête d’un ministère de l’économie qui n’a jamais porté de proposition sérieuse pour mettre au pas la finance. Elle s’oppose fermement à toute restructuration de la dette grecque. Et le soupçon qui pèse sur elle dans l’affaire Bernard Tapie nous rappelle sa proximité avec les milieux financiers. Quant au candidat mexicain, Agustin Carstens, il vient certes d’un pays du Sud, mais il a fait sa thèse à l’Université de Chicago, d’où proviennent les économistes néolibéraux les plus durs qui soient, en premier lieu Milton Friedman. Il fait partie de ces “chicago boys”, formés dans cette école de pensée et retournés en Amérique latine pour appliquer les remèdes préconisés, libéralisation des marchés, privatisations massives et austérité sociale. Il est complètement en phase avec les politiques néolibérales du FMI, puisqu’il en a été le Directeur général adjoint de 2003 à 2006.

    Plombée par les plans d’austérité et une dette publique sur laquelle spécule la finance, la Grèce ne cesse de s’enfoncer dans la crise, sans que l’Union européenne et le FMI ne remettent en cause leur traitement de choc. Ne pouvant prendre la direction du FMI, Attac poursuivra la mobilisation citoyenne pour refuser que les salariés, retraités et chômeurs payent une crise provoquée par la finance. Tandis qu’une nouvelle vague de plans d’austérité s’abat sur l’Europe, les “indignés” se multiplient, exigeant une “vraie démocratie, maintenant!” contre les injonctions de l’Union européenne et du FMI. Le 19 juin, les “Indignados” espagnols appellent à manifester. Enfin, une mobilisation internationale se prépare contre le G20 de Cannes début novembre, nouveau directoire d’un monde dirigé par la finance. »

    Attac France,
    Paris, le 16 juin 2011

  4. Pamir dit :

    On saura bientôt :
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/06/28/le-fmi-reuni-pour-examiner-les-candidatures-en-lice-lagarde-favorite_1541773_3234.html
    « Le Fonds monétaire international (FMI) se penche, mardi 28 juin, sur les candidatures au poste de directeur général, et pourrait faire tout de suite son choix entre la Française Christine Lagarde, grande favorite, et le Mexicain Agustin Carstens.

    Une réunion du conseil d’administration est prévue à Washington à 10 heures, heure locale (16 heures, heure française). Les vingt-quatre membres de cette instance, vingt-trois hommes et une femme, souhaitent désigner jeudi au plus tard le successeur du Français Dominique Strauss-Kahn, « par consensus ». Si ce consensus ne se formait pas, un vote aurait lieu. »« 

  5. dOd71 dit :

    Ca y est !
    Mme Lagarde est au FMI ! Un bon coup diplomatique pour la France.
    Ce qui est étonnant c’est qu’en gros elle a repris le programme de DSK. Ils sont quand même sensés être de bords différents… Alors est-ce DSK qui était trop à droite où elle qui est trop à gauche ? Je vous laisse deviner…

    Ce qu’on voit c’est surtout que c’est tout pareil. En matière d’économie il n’y a plus de droite ni de gauche, c’est 100% libéral et tous derrière les banques et les puissants. Tout cela m’écœure.

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