Va au diable Gérard Depardieu !

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Depuis que Gérard Depardieu a décidé de quitter la France pour le petit village d’Estaimpuis en Belgique afin d’échapper à l’impôt, chacun y va de son commentaire sur cet immense acteur qui a décidé de tourner le dos à l’Hexagone. Dur évidemment de ne pas prendre partie dans cette histoire tant il est difficile de reconnaître le fantastique interprète de Cyrano dans cette ridicule fuite en avant individualiste. A y regarder de plus près pourtant Gérard a toujours été coutumier de ces prises de position tout azimut aussi fanfaronnantes que calculées.

Une gueule tellement grande qu’il ne pense qu’à la sienne

Gérard Depardieu quitte la France pour la Belgique, évasion fiscale

Gérard Depardieu a décidé de tout envoyer baller, même sa dignité

Que dire de la volonté de Depardieu de quitter le pays pour ne pas y payer ses impôts ? On reste pantois devant tant de poujadisme, d’égoïsme et de manque de reconnaissance. En d’autres temps ou en d’autres lieux, il serait lynché pour son manque de patriotisme et d’altruisme, mais il est de bon ton aujourd’hui de cracher sur la France. Jugée à longueur de médias trop archaïque et non compétitive, voilà qu’il faudrait maintenant la priver de ses ressources. Comme si cela allait aider ! Mais Gérard est bien loin de ces considérations…

On ne va pas pleurer le temps des procès en patriotisme et des exécutions en place de Grève, mais gageons qu’il est regrettable que le sens de l’honneur, de la patrie ou de la dignité soient des valeurs devenus désuètes aujourd’hui. Elles ont été remplacées par un culte de l’individualisme et une vision court-termiste avec aucun sens de la dette à l’État, comme nous le montre l’acteur Français aujourd’hui. Qui peut raisonnablement croire aujourd’hui que Gérard Depardieu ne doit rien à la France ?

Ce qu’il y a d’étonnant c’est qu’une personne d’une aussi grande qualité que Depardieu, puisse être imbu de lui même au point de penser en son for intérieur qu’il vaut vraiment ce qu’il gagne, et qu’il ne doit rien à personne.

Libération Casse toi riche con, Bernard Arnault

Libé avait donné le ton du débat sur l'exil fiscal au mois de Septembre avec sa une sur Bernard Arnault

Gérard Depardieu n’a-t-il pas bénéficié au début de sa carrière du statut d’inter-mitant du spectacle si avantageux pour les acteurs aux gros cachets ? Ou bien du système du cinéma Français qui reste l’un des plus favorable du monde ? Combien de films dans lesquels il s’est mis en valeur n’ont pas eu de subvention du CNC, des régions ou de l’État ? Gérard a oublié d’où il vient et préfère penser qu’il s’est fait tout seul ! Et il trouve plus glorieux de cracher dans la soupe et de partir vivre en Belgique à cinq-cent mètres de la frontière Française pour échapper à l’impôt.

A mesure qu’il enchainait les grands rôles, et qu’il devenait l’un des plus grands acteurs Français de tous les temps, Gérard Depardieu a rejoint le grand monde et a pris l’habitude d’user de tous les passe-droits susceptibles de protéger son pré-carré. Comme par exemple quand il fait pression via son ami Arnaud Lagardère pour faire interdire une biographie non autorisée  (le livre Gérard Depardieu, itinéraire d’un ogre de Patrick Rigoulet).

« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. » (Edgar Faure)

Durant la campagne 2012, au meeting de Nicolas Sarkozy, Gérard Depardieu a prononcé un discours sans demi mesure pour soutenir son champion. Il déclarait:

« Depuis que ce nouvel ami qu’est Nicolas Sarkozy […] est au pouvoir, je n’entends que du mal de cet homme, qui ne fait que du bien »

Gérard Depardieu avec Fidel Castro en 1996

Les amis de Gérard n'ont pas toujours été de droite, ici en 1996 en compagnie de Fidel Castro. "Fidel Castro, c’est cinquante ans d’intelligence politique" dira plus tard l'acteur

On ne sera donc pas surpris de le voir prendre la tête de la lutte contre le trop d’impôt et s’arc-bouter contre le gouvernement mis en place par François Hollande récemment élu. Pourtant, son engagement à droite n’a pas toujours été une évidence, pour quelqu’un qui – au prétexte d’indépendance – n’ a jamais rien tant aimé que de retourner sa veste.

A part le Front National il a soutenu successivement à peu près toutes les formations politiques du pays. Socialistes dans les années 80, où il s’engage même dans un comité de soutien à François Mitterrand en 1988, communistes au début des années 90 – où il crache au bassinet pour sauver le PCF – il enchaine avec une pige pour soutenir un Vert aux municipales, avant de se rallier finalement à Sarkozy à parti de 2007. (Source Huffington Post).

Une propension à manger à tous les râteliers qui l’a conduit jusqu’à la cour de Islom Karimov le président-dictateur de l’Ouzbékistan. Pays où après avoir chanté en duo avec la fille du chef d’état, il va jouer dans une série réalisée par elle… Qu’on se le dise, Gérard est un humaniste !

Le « SCUD » de Philippe Torreton

C’est finalement Philippe Torreton qui résume le mieux la situation dans une lettre adressée à Gérard Depardieu publiée par Libération, et dans laquelle il « démolit » méthodiquement son camarade de cinéma.

Philippe Torreton dégomme Gérard DepardieuAlors Gérard t’as les boules ?

Tu ne veux plus être français…? Tu quittes le navire France en pleine tempête ? Tu vends tes biens et tu pars avec ton magot dans un pays voisin aux cieux plus cléments pour les riches comme toi ? Evidemment, on cogne sur toi plus aisément que sur Bernard Arnault ou les héritiers Peugeot… C’est normal, tu es un comédien, et un comédien même riche comme toi pèse moins lourd ! Avec toi, on peut rattraper le silence gêné dont on a fait preuve pour les autres… C’est la nature de cette gauche un peu emmerdée d’être de gauche.

Mais Gérard, tu pensais qu’on allait approuver ? Tu t’attendais à quoi ? Une médaille ? Un césar d’honneur remis par Bercy ? Tu pensais que des pétitions de soutien de Français au RSA allaient fleurir un peu partout sur la Toile ? Que des associations caritatives allaient décrocher leur abbé Pierre, leur Coluche encadrés pour mettre ta tronche sous le plexi ? Le Premier ministre juge ton comportement minable, mais toi, tu le juges comment ? Héroïque ? Civique ? Citoyen ? Altruiste ? Dis-nous, on aimerait savoir…

Le Gérard «national», le rebelle de Châteauroux, le celui qui, s’il n’avait pas rencontré le cinéma, serait en taule à l’heure qu’il est comme tu le disais, le poète de l’écran la rose à la main quand ça devait faire bien d’en avoir une, qui nous sort un «c’est celui qui le dit qui y est»… Tu prends la mouche pour un petit mot et tu en appelles au respect, comme le fayot dans la cour de récré… Tu en appelles à tes gentils potes de droite pour que le grand méchant de gauche arrête de t’embêter… Tu voudrais avoir l’exil fiscal peinard, qu’on te laisse avoir le beurre et l’argent du beurre et le cul de la crémière qui tient le cinéma français… Tu voudrais qu’on te laisse t’empiffrer tranquille avec ton pinard, tes poulets, tes conserves, tes cars-loges, tes cantines, tes restos, tes bars, etc.

Et nous faire croire en tournant avec Delépine qu’un cœur social vibre encore derrière les excès et les turpitudes de l’homme… Nous faire avaler à coups de «han» de porteur d’eau que tu sèmes dans tes répliques trop longues, que l’homme poète, l’homme blessé, l’artiste est encore là en dépit des apparences… Le problème, Gérard, c’est que tes sorties de route vont toujours dans le même fossé : celui du «je pense qu’à ma gueule», celui du fric, des copains dictateurs, du pet foireux et de la miction aérienne, celui des saillies ultralibérales…

Tout le monde ne peut pas avoir l’auréole d’un Rimbaud qui, malgré ses trafics d’armes, fut et restera un poète… à jamais. Toi, tu resteras comme un type qui a fait une belle opération financière sur le cinéma français, un coup de Bourse, une OPA… Tu as transformé tes interprétations les plus réussies en stratégie de défiscalisation. Il doit y en avoir un florilège de répliques que tu as jouées et qui résonnent bizarrement maintenant !

Des répliques de poète, d’homme au grand cœur, d’yeux grands ouverts sur la misère du monde, orphelines de pensée et violées par leur interprète, parce que l’homme a les rognons couverts, mais l’acteur a fait faillite… L’homme est devenu riche mais sa fortune lui a pété à la gueule. Tu sais, ces gros pets foireux dont tu te vantes et que tu lâches sur les tournages en répondant à tes 12 téléphones au lieu de bosser ?

Tu votes pour qui tu veux, et tu fais ce que tu veux d’ailleurs, mais ferme-la, prends ton oseille et tire-toi, ne demande pas le respect, pas toi ! Sors de scène, Montfleury, «ce silène si ventru que son doigt n’atteint pas son nombril !» Et puisqu’on est dans Cyrano, te rappelles-tu de cette réplique, mon collègue, qu’il adressait à De Guiche sauvant sa peau au combat en s’étant débarrassé de son écharpe blanche ? Il demande à Cyrano ce qu’il pense de sa ruse et ce dernier lui répond… «On n’abdique pas l’honneur d’être une cible.» Tu t’en souviens ? Tu devrais… En ce temps-là, tu apprenais ton texte…

On va se démerder sans toi pour faire de ce pays un territoire où l’on peut encore, malgré la crise, se soigner correctement, où l’on peut accéder à la culture quelle que soit sa fortune, où l’on peut faire des films et monter des spectacles grâce à des subventions obtenues en prélevant l’impôt… Un pays que tu quittes au moment où l’on a besoin de toutes les forces, en plein siège d’Arras, sous les yeux des cadets médusés… Adieu.

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5 réponses à Va au diable Gérard Depardieu !

  1. Ozzy dit :

    Je ne vois pas ce qu’il y a d’indigne à faire ce que fait Depardieu. Au contraire il lui faut des c…..

  2. PandoraVox dit :

    Sur le subventionnement direct et indirect du cinéma Français bénéficiant essentiellement aux acteurs :

    http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2012/12/28/les-acteurs-francais-sont-trop-payes_1811151_3208.html

    Les acteurs français sont trop payés!

    L’année du cinéma français est un désastre. Pendant que Gérard Depardieu fait l’actualité et que les ministres rivalisent d’esprit pour en faire le scandale du moment et dénoncer son exil fiscal à 2 kilomètres de la frontière d’un pays dont il ne se sent « plus faire partie », personne ne parle du cinéma français. Or tous les films français de 2012 dits importants se sont « plantés », perdant des millions d’euros : Les Seigneurs, Astérix, Pamela Rose, Le Marsupilami, Stars 80, Bowling, Populaire, La vérité si je mens 3, etc.

    Pas un film, sauf peut-être Le Prénom, pour gommer ce que toute la profession sait pertinemment, mais tente de garder secret : le cinéma français repose sur une économie de plus en plus subventionnée. Même ses plus gros succès commerciaux perdent de l’argent.

    EXCEPTION CULTURELLE

    Constat unanime : les films sont trop chers. Après les films des studios américains, la France détient le record du monde du coût moyen de production : 5,4 millions d’euros, alors que le coût moyen d’un film indépendant américain tourne autour de 3 millions d’euros. Ce coût moyen ne baisse jamais, alors qu’il y a toujours plus de films produits, que le marché de la salle stagne, que la vidéo s’écroule et que les audiences du cinéma à la télévision sont en perpétuel déclin face à la télé-réalité et aux séries.

    Mais alors, pourquoi s’émouvoir ainsi sur le cas Depardieu ? Pourquoi ce déchaînement médiatique et politique ? Sans doute parce qu’il y a là un vrai scandale d’ordre plus général. On le sait, l’époque aime les cas particuliers. Mais le scandale qui nous intéresse les dépasse largement. Il est d’ordre systémique. On peut s’étonner de voir nos ministres s’en laver les mains.

    Pourquoi si peu de voix s’en saisissent-elles dans le milieu du cinéma ? Parce qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil ? Que Delon, Hallyday et autres agissent de même depuis longtemps ? Dany Boon, par exemple, ce chantre de la France profonde qui vit à Los Angeles, obtient des sommes qui laissent un Gérard Depardieu sur le carreau, ratatiné. 3, 5 millions d’euros pour Le Plan parfait, dont les entrées ne seront pas suffisantes pour payer son salaire ! Un million pour quelques minutes dans Astérix, film qui fait exploser le ratio entrées/cachet/minute à l’écran…

    MIRACLE DU SYSTÈME DE FINANCEMENT

    Malgré ses récents échecs, grâce au miracle du système de financement du cinéma français, Dany Boon s’apprête aujourd’hui à attaquer son nouveau film, Hypercondriaque, pour lequel on parle d’une somme proche de 10 millions d’euros. Ce texte ne se transformera pas en lettre de dénonciation, je ne nommerai que ceux qui ont fait leur coming out fiscal. Mais ils sont nombreux, qui se disent à gauche, dénoncent les injustices, mais au fond n’en voient qu’une seule : leur niveau d’imposition.

    Mais pourquoi, au fond, les acteurs seraient-ils pires que les sportifs ? Parce que leur carrière est potentiellement plus longue ? Non, le seul scandale, le voilà : les acteurs français sont riches de l’argent public et du système qui protège l’exception culturelle. A part une vingtaine d’acteurs aux Etats-Unis et un ou deux en Chine, le salaire de nos stars, et encore plus le salaire de nos moins stars, constitue la vraie exception culturelle aujourd’hui.

    Pourquoi est-ce qu’un acteur français de renom, qu’il se nomme Vincent Cassel, Jean Reno, Marion Cotillard, Gad Elmaleh, Guillaume Canet, Audrey Tautou, Léa Seydoux, touche pour un film français – au marché limité à nos frontières – des cachets allant de 500 000 à 2 millions d’euros, alors que, dès qu’il tourne dans un film américain, dont le marché est mondial, il se contente de 50 000 à 200 000 euros ? Pourquoi, par exemple, Vincent Cassel tourne-t-il dans Black Swan (226 millions d’euros de recettes monde) pour 226 000 euros et dans Mesrine (22,6 millions d’euros de recettes monde) pour 1,5 million d’euros ? Dix fois moins de recettes, cinq fois plus de salaire, telle est l’économie du cinéma français.

    Savez-vous que Benicio Del Toro, pour le Che, a touché moins que François-Xavier Demaison dans n’importe lequel des films dans lesquels il a joué ? Que Marilou Berry, dans Croisière, touche trois fois plus que Joaquin Phoenix dans le prochain James Gray ? Que Philippe Lioret touche deux fois plus que Steven Soderbergh et sept fois plus que James Gray ou Darren Aronofsky ? Pourquoi s’en priveraient-ils ?

    Et pourquoi Depardieu est-il le salaud ? Lui qui fait Mammuth gratuitement pour permettre au film d’exister et propose de faire la même chose pour DSK de Ferrara. Pourquoi Vincent Cassel, qui met son argent et son énergie au service de jeunes talents comme Kim Chapiron ou Romain Gavras, serait-il plus coupable que le système ?

    DES ÉCHECS ÉCONOMIQUES

    L’explication, jamais le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) ni la ministre ne l’ont fournie : la subvention directe dont jouit le cinéma français (chaînes publiques, avances sur recettes, aides régionales), mais surtout la subvention indirecte (l’obligation d’investissement des chaînes privées). Voilà pourquoi tous les échecs de 2012 mentionnés ci-dessus n’ont guère ému la profession, et que ceux-ci n’ont pas suscité d’articles de fond. Et pourtant, rendez-vous compte ! Sur le top 10 des films d’une économie qui en concerne 220, un seul est rentable !

    Il est vrai, les scores de ces films ne sont pas honteux : 6 millions d’entrées pour le Marsupilami, 4 millions pour Astérix ou La Vérité si je mens, 3 millions pour Les Seigneurs, 2 millions pour Stars 80, 1 million pour Populaire… Ils sont même bons dans l’absolu, et il est probable que le niveau d’entrées 2012 ne va guère baisser par rapport à 2011, la fameuse année d’Intouchables. Mais ce sont tous des échecs économiques parce qu’ils coûtent beaucoup trop cher.

    Astérix, à 60 millions d’euros, a le même budget qu’un film de Tim Burton. Voilà qui laisse rêveur… Stars 80 plus cher que The Hangover ou Ted. Ça laisse pantois… Et tout autant Populaire, plus cher que Black Swan ou Le Discours d’un roi ! La responsabilité de cette situation n’est pas à chercher, hélas ! dans une supposée incompétence de nos producteurs, mais dans ce que les Américains appellent le « above the line  » (« la surévaluation »), les cachets qui font de nos talents, inconnus au-delà de nos frontières, les mieux payés du monde.

    Mais à quoi servent de tels cachets si les résultats ne se matérialisent pas en recettes économiques ? En réalité, ils permettent d’obtenir le financement des télévisions. Black Swan se finance sur le marché. Il n’y a dans son financement aucune obligation, aucune subvention, l’acteur est donc payé pour ce qu’il vaut, 226 000 euros. Mesrine, en revanche, a besoin de ce financement pour exister, ce qui explique que l’acteur se retrouve avec un pouvoir de vie ou de mort sur le projet, et ce en fonction de sa valeur télé. Il réclame donc sa part du gâteau. Lui sera payé entre 1 et 1,5 million d’euros. Qui peut l’en blâmer ? Cela devrait vouloir dire qu’il touche là le fruit de sa notoriété sur le marché télévisuel. Sauf que le cinéma enregistre des contre-performances à la télévision. Sans les obligations légales issues de notre système public de financement, il y a bien longtemps que « Les Experts » et la « Star Ac » auraient réduit à néant les cases « Cinéma » des chaînes de télévision.

    JETÉ À LA VINDICTE PUBLIQUE

    Est-ce à l’individu qu’il revient de « réguler » le système sous peine d’être jeté à la vindicte publique comme Gérard Depardieu ou est-ce au CNC et à son ministère de tutelle de le faire ? A l’heure où François Hollande veut que les patrons des grandes entreprises publiques limitent leurs salaires, laissera-t-on les « hauts salaires » du cinéma gagner plus qu’ils ne valent, et ce grâce à de l’argent public, à un système unique, exceptionnel de financement ? Est-il normal qu’un Daniel Auteuil, dont les quatre derniers films représentent des échecs financiers de taille, continue à toucher des cachets de 1,5 million d’euros sur des films coproduits par France Télévisions ?

    Le fameux système d’aide du cinéma français ne profite qu’à une minorité de parvenus. Mais jamais cela ne provoquera un scandale aussi retentissant que l’exil fiscal de Gérard Depardieu. Les miettes que laisse ce système réduisent en effet au silence ceux dont le rôle serait de pousser l’analyse.

    Une idée simple : limitons à 400 000 euros par acteur – et peut-être un peu plus pour un réalisateur -, assorti d’un intéressement obligatoire sur le succès du film, le montant des cachets qui qualifient un film dans les obligations légales d’investissement des chaînes de télévision. Qu’on laisse à Dany Boon un cachet de 10 millions d’euros, si telle est véritablement sa valeur marchande. Mais alors que ce soit en dehors de ces obligations. Et redonnons ainsi à notre système unique et envié sa vertu en éliminant ses vices.

    Vincent Maraval, distributeur et producteur, fondateur de la société de distribution de films Wild Bunch

  3. juju dit :

    Depardieu va pouvoir élargir sa liste d’amis dictateurs:

    Vladimir Poutine accorde la citoyenneté russe à Gérard Depardieu

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/01/03/poutine-accorde-la-citoyennete-russe-a-gerard-depardieu_1812400_823448.html

    • juju dit :

      L’acteur a confirmé jeudi avoir fait une demande de passeport russe et s’est dit ravi qu’elle ait été acceptée dans une lettre que la chaîne de télévision russe Pervyi Kanal a reproduite intégralement :

      « Oui, j’ai fait cette demande de passeport et j’ai le plaisir qu’elle ait été acceptée. J’adore votre pays la Russie, ses hommes, son histoire, ses écrivains. J’aime y faire des films où j’aime tourner avec vos acteurs comme Vladimir Mashkov. J’adore votre culture, votre intelligence. Mon père était un communiste de l’époque, il écoutait Radio Moscou ! C’est aussi cela, ma culture.En Russie, il y fait bon vivre. Pas forcément à Moscou, qui est une mégapole trop grande pour moi. Je préfère la campagne, et je connais des endroits merveilleux en Russie. Par exemple, il y a un endroit que j’aime, où se trouve le Gosfilmofond dirigé par mon ami Nikolai Borodachev. Au bord des forêts de bouleaux, je m’y sens bien. Et je vais apprendre le russe. J’en ai même parlé à mon Président, François Hollande. Je lui ai dit tout cela. Il sait que j’aime beaucoup votre Président Vladimir Poutine et que c’est réciproque. Et je lui ai dit que la Russie était une grande démocratie, et que ce n’était pas un pays où un premier ministre traitait un citoyen de minable. J’aime bien la presse, mais c’est aussi très ennuyeux, car il y a trop souvent une pensée unique. Par respect pour votre président, et pour votre grand pays, je n’ai donc rien à ajouter. Si je veux ajouter encore sur la Russie, une prose qui me vient à l’esprit… Que dans un pays aussi grand on n’est jamais seul, car chaque arbre, chaque paysage portent en nous un espoir. Il n’y a pas de mesquinerie en Russie, il n’y a que des grands sentiments. Et derrière ces sentiments beaucoup de pudeur. Dans votre immensité, je ne me sens jamais seul, Slava Rossii !! (Gloire à la Russie !!) Spasibo ! » (Merci !) ».

      http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/01/03/poutine-accorde-la-citoyennete-russe-a-gerard-depardieu_1812400_823448.html

  4. isidore dit :

    Perso je n’irai plus jamais voir un film avec Gérard Depardieu dedans.
    C’est un abruti qui dans le meilleur des cas est sénile et irresponsable :
    http://www.lemonde.fr/europe/video/2013/02/25/gerard-depardieu-s-offre-une-danse-avec-son-ami-kadyrov_1838427_3214.html

    « Gérard Depardieu continue sa tournée des provinces russes. Dimanche, il a rendu visite au président de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov,qui l’a accueilli par un dîner de gala et des danses traditionnelles. Kadyrov est accusé par des organisations de défense des droits de l’homme de couvrir de multiples exactions, enlèvements et assassinats attribués aux forces de l’ordre. « 

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