Le temps où la Grèce (entre autres) donnait du temps à l’Allemagne pour rembourser sa dette

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Les choses n’ont pas toujours été dans le sens où elles sont aujourd’hui. Il fut un temps où c’était l’Allemagne qui croulait sous les dettes, et la Grèce qui faisait partie de ses créanciers. A cette époque, au début des années 50, les pays partenaires de l’Allemagne ont accepté une réduction et un ré-échelonnement de la dette germanique. On était bien loin des « potions amères » que l’on impose aujourd’hui à la Grèce qui ne font que la plonger chaque jour un peu plus dans le chaos. Comme le fait remarquer Le Monde Diplomatique de Février, à l’heure ou l’économiste en chef du FMI a admit qu’une « erreur » avait conduit l’institution à sous-estimer l’impact négatif des mesures d’austérité, il serait peut être temps pour les Allemands de « renvoyer l’ascenseur » aux Grecs.

C’est en tous cas ce que demande Alexis Tsipras, le leader porte-parole de Syriza, la principale force de la gauche grecque.

« Notre solution pour l’Europe »

Février 1953. La République fédérale d’Allemagne (RFA) croule sous les dettes et menace d’entraîner l’ensemble des pays européens dans la tourmente. Préoccupés par leur propre salut, ses créanciers — dont la Grèce — prennent acte d’un phénomène qui n’a surpris que les libéraux : la politique de« dévaluation interne », c’est-à-dire la réduction des salaires, n’assure pas le remboursement des sommes dues, au contraire.

Alexis Tsipras, porte parole de Syriza, gauche grecque

Alexis Tsipras, porte parole de Syriza (AFP PHOTO / LOUISA GOULIAMAKI)

Réunis à Londres au cours d’un sommet exceptionnel, vingt et un pays décident de réévaluer leurs exigences à l’aune des capacités réelles de leur partenaire à faire face à ses obligations. Ils amputent de 60 % la dette nominale cumulée de la RFA et lui accordent un moratoire de cinq ans (1953-1958), ainsi qu’un délai de trente ans pour rembourser. Ils instaurent également une « clause de développement » autorisant le pays à ne pas consacrer au service de la dette plus d’un vingtième de ses revenus d’exportation. L’Europe vient de prendre le contre-pied du traité de Versailles (1919), jetant les fondations du développement de l’Allemagne de l’Ouest après la guerre.

C’est précisément ce que la “Coalition de la gauche radicale grecque” (Syriza) propose aujourd’hui : procéder à rebours des petits traités de Versailles qu’imposent la chancelière allemande Angela Merkel et son ministre des finances Wolfgang Schäuble aux pays européens endettés, et nous inspirer de l’un des plus grands moments de clairvoyance qu’ait connus l’Europe d’après-guerre.

Les programmes de « sauvetage » des pays d’Europe du Sud ont échoué, creusant des puits sans fond qu’on invite les contribuables à tenter de remplir. Parvenir à une solution globale, collective et définitive du problème de la dette n’a jamais été aussi urgent. Et l’on comprendrait mal qu’un tel objectif soit escamoté de façon à assurer la réélection de la chancelière allemande.

Dans ces conditions, l’idée avancée par Syriza d’une conférence européenne sur la dette, sur le modèle de celle de Londres sur la dette allemande en 1953, représente, selon nous, la seule solution réaliste et bénéfique pour tous : une réponse globale à la crise du crédit et au constat de l’échec des politiques menées en Europe.

Voici donc ce que nous demandons pour la Grèce :

  • une réduction significative de la valeur nominative de sa dette publique cumulée ;
  • un moratoire sur le service de la dette, afin que les sommes conservées soient affectées au redressement de l’économie ;
  • l’instauration d’une « clause de développement », afin que le remboursement de la dette ne tue pas dans l’œuf le redressement économique ;
  • la recapitalisation des banques, sans que les sommes en question soient comptabilisées dans la dette publique du pays.

Ces mesures devront s’adosser à des réformes visant à une plus juste répartition des richesses. En finir avec la crise implique en effet de rompre avec le passé qui a permis de l’engendrer : œuvrer à la justice sociale, à l’égalité des droits, à la transparence politique et fiscale, bref à la démocratie.
Un tel projet ne pourra être mis enœuvre que par un parti indépendant de l’oligarchie financière, cette poignée de chefs d’entreprise qui ont pris l’Etat en otage, d’armateurs solidaires entre eux et – jusqu’en 2013 – exemptés d’impôt, de patrons de presse et de banquiers touche-à-tout (et en faillite) qui portent la responsabilité de la crise et s’efforcent de maintenir le statu quo.
Le rapport annuel 2012 de l’organisation non gouvernementale (ONG) Transparency International désigne la Grèce comme le pays le plus corrompu d’Europe.

Cette proposition constitue à nos yeux la seule solution, à moins de se satisfaire du gonflement exponentiel de la dette publique en Europe, où elle dépasse déjà, en moyenne, 90 % du produit inté- rieur brut (PIB).
C’est ce qui nous rend optimistes : notre projet ne pourra pas être rejeté, car la crise ronge déjà le noyau dur de la zone euro.
La procrastination n’a d’autre conséquence que d’accroître le coût économique et social de la situation actuelle, non seulement pour la Grèce, mais également pour l’Allemagne et pour le reste des pays ayant adopté la monnaie unique.

Pendant douze ans, la zone euro – inspirée des dogmes libéraux – a fonctionné comme une simple union monétaire, sans équivalent politique et social.
Les déficits commerciaux des pays du Sud constituaient l’image renversée des excédents enregistrés au Nord.
La monnaie unique a par ailleurs servi l’Allemagne, en « refroidissant » son économie après la coûteuse réunification de 1990.

Mais la crise de la dette a bouleversé cet équilibre. Berlin a réagi en exportant sa recette de l’austérité, ce qui a aggravé la polarisation sociale au sein des Etats du Sud et les tensions économiques au cœur de la zone euro.
Apparaît désormais un axe Nord-créditeurs / Sud-débiteurs, nouvelle division du travail orchestrée par les pays les plus riches.
Le Sud se spécialisera dans les produits et les services à forte demande de maind’œuvre avec des salaires planchers ; le Nord, dans une course à la qualité et à l’innovation, avec, pour certains, des salaires plus élevés.

La proposition de M. Hans-Peter Keitel, président de la Fédération allemande de l’industrie (BDI), dans un entretien accordé au site Internet du Spiegel, visant à transformer la Grèce en « zone économique spéciale » [1] révèle le véritable objectif du mémorandum [2].
Les mesures prévues par ce texte, dont la portée s’étend au moins jusqu’en 2020, se soldent par un échec retentissant, que reconnaît désormais le Fonds monétaire international (FMI).
Mais, pour ses concepteurs, l’accord a l’avantage d’imposer une tutelle économique à la Grèce, qu’il ramène au rang de colonie financière de la zone euro.

Son annulation constitue donc le préalable à toute sortie de crise : c’est le médicament qui est mortel et non la dose, comme le suggèrent certains.

Il faudra par ailleurs s’interroger sur les autres causes de la crise financière en Grèce. Celles qui conduisent au gaspillage de l’argent public n’ont pas changé : le coût de construction de routes au kilomètre le plus élevé d’Europe, par exemple ; ou encore la privatisation des autoroutes en guise de « prépaiement »de nouveaux axes… dont la construction a été interrompue.

L’extension des inégalités ne saurait être réduite à un effet secondaire de la crise financière. Le système fiscal grec reflète la relation clienté- liste qui unit les élites du pays. Telle une passoire, il est criblé d’exemptions et de passe-droits taillés sur mesure pour le cartel oligarchique. Le pacte informel qui, depuis la dictature, soude le patronat et l’hydre à deux têtes du bipartisme – “Nouvelle Démocratie” et “Mouvement socialiste panhellénique” (Pasok) – en scelle le maintien.
C’est l’une des raisons pour lesquelles l’Etat renonce aujourd’hui à obtenir les ressources dont il a besoin par l’impôt, lui préférant la réduction continuelle des salaires et des retraites.

Mais l’establishment – qui a survécu de justesse aux élections du 17 juin [3], en semant la peur quant à une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro – vit sous l’assistance respiratoire d’un second poumon artificiel : la corruption.
La difficile tâche consistant à briser la collusion entre milieux politiques et économiques – une question qui ne concerne pas que la Grèce – constituera l’une des priorités d’un gouvernement populaire conduit par Syriza.

Nous réclamons donc un moratoire sur le service de la dette pour changer la Grèce.
Faute de quoi, toute nouvelle tentative d’assainissement financier fera de nous autant de Sisyphes condamnés à l’échec. À ceci près que, cette fois, le drame ne concerne plus seulement l’antique cité de Corinthe, mais l’Europe dans son ensemble.

Alexis Tsipras

[1] « BDI-Chef will Griechenland zur Sonderwirtschaftszone machen »,Spiegel Online, 10 septembre 2012, www.spiegel.de

[2] NDLR. Accord signé en mai 2010 imposant l’austérité à Athènes en échange de son« sauvetage » financier.

[3NDLR. Avec 29,66 % des voix, le “parti Nouvelle Démocratie” (droite) a été contraint de former une coalition avec le Pasok (12,28 % des voix) et “Gauche démocratique” (6,26 %). Arrivé deuxième, “Syriza” enregistrait un score de 26,89 % (dix points de plus que lors du scrutin législatif de mai 2012), et le parti néonazi “Aube dorée”, 6,92 % (stable par rapport à mai 2012).

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2 réponses à Le temps où la Grèce (entre autres) donnait du temps à l’Allemagne pour rembourser sa dette

  1. Fac2117 dit :

    La présidente du Parlement grec veut la «vérité» sur la dette

    Zoé Konstantopoulou a lancé une commission d’audit à Athènes en mars pour «analyser l’origine et l’historique de la dette grecque».

    C’est une présidente de Parlement atypique. Elle n’a pas sa langue dans sa poche et s’est fait connaître comme une avocate pugnace. Zoé Konstantopoulou est aujourd’hui une femme puissante : deuxième plus haut responsable de l’Etat grec, et, à 39 ans, la plus jeune présidente qu’ait connu le parlement grec, la Voulí. Comme lorsqu’elle était simple députée de Syriza, la corruption et la fraude fiscale restent ses chevaux de bataille. Mais depuis son perchoir, où elle astreint désormais les députés à une discipline inédite en Grèce, elle s’intéresse aussi à la dette du pays et n’hésite pas à régler quelques comptes avec l’Allemagne et les vrais faux gouvernements de gauche… De passage à Paris, elle s’en explique.

    A quoi va servir la commission sur l’audit de la dette crée à votre initiative en mars ?

    En principe, tous les pays européens soumis à des mémorandums [des plans d’austérité, ndlr] ont l’obligation de faire un audit de leur dette publique. C’est le règlement 472 imposé par l’Union européenne en 2013. Dans la pratique, la Grèce est pour l’instant le seul pays à avoir initié un tel audit. Mais, curieusement, les institutions qui imposent l’austérité n’évoquent jamais cette obligation faite à tous les pays européens. En Grèce, cette commission d’audit, qui rassemble des experts et des représentants de la société civile et des mouvements sociaux, va analyser l’origine et l’historique de la dette grecque pour la «décodifier» : voir comment elle s’est constituée et pourquoi elle a augmenté. En déterminant par exemple si une partie de la dette est liée à des affaires de corruption ou à des taux d’intérêts excessifs. Ou, plus généralement, à des décisions qui n’allaient pas dans le sens de l’intérêt général. On verra ainsi si une partie de la dette est illégitime, illégale ou insoutenable pour le peuple grec.

    Mais n’y a-t-il pas une contradiction pour la Grèce à continuer à négocier un accord avec ses créanciers tout en enquêtant sur le bien-fondé de la dette ?

    Les conclusions préliminaires de cette commission seront présentées le 18 juin mais il faudra attendre un an pour que les résultats définitifs de l’audit soient connus. On ne peut pas répondre avant d’avoir terminé le travail. Reste qu’on a déjà des indices qui montrent qu’une partie de cette dette est illégitime ou illégale. Et je ne peux pas imaginer que ceux qui, en Europe, exigent les remboursements puissent continuer à le faire quand on aura rendu nos conclusions. Il faudra bien avoir une discussion sur la base de ce travail. En ce qui concerne les cas de corruption, certaines affaires sont déjà connues et impliquent les précédents gouvernements grecs. Mais souvent, elles concernent aussi des entreprises allemandes. Au sein d’une autre commission créée récemment par le Parlement, celle des institutions et de la transparence, nous avons d’ailleurs rouvert l’affaire Siemens, entreprise allemande accusée d’avoir versé des pots-de-vin à tous les partis politiques et qui avait déjà fait l’objet d’un rapport en 2011, sous un précédent gouvernement. Lequel avait estimé que le coût de cette corruption s’élevait à 2 milliards d’euros de manque à gagner pour la Grèce. Les affaires de corruption comme celle de Siemens ou bien celles impliquant des entreprises d’armement étrangères ont bien évidemment alourdi la dette grecque de façon illégale.

    L’Allemagne refuse par ailleurs toujours d’extrader Michalis Christoforakos, l’ancien président de la filiale grecque de Siemens qui s’est enfui de Grèce. Or c’est aussi l’Allemagne qui se montre souvent la plus dure face à la Grèce dans les négociations…

    Le témoignage de cette personne serait vital pour le procès Siemens à Athènes [en mars, les juges ont décidé d’inculper 64 suspects liés à la corruption de Siemens, ndlr]. Mais c’est avant tout une question de justice qui démontre qu’il y a un double langage de la part de l’Allemagne. Non seulement à cause des affaires de corruption qui impliquent des entreprises allemandes, mais aussi sur la question des réparations dues par l’Allemagne depuis l’Occupation et dont le montant a été évalué récemment à 340 milliards d’euros. Soit un montant supérieur à la dette grecque ! Nous avons également créé une commission qui examine cette question des réparations. Mais le problème est que l’Allemagne refuse de parler de ces réparations alors qu’elle exige le remboursement d’une dette qui pourrait prochainement apparaître comme illégale ou illégitime.

    Reste qu’en dehors de la Grèce, la revendication de réparations allemandes est souvent perçue comme une provocation des Grecs…

    On a du mal à comprendre ceux qui disent qu’il faudrait oublier le passé. Après 1945, l’humanité a déclaré «plus jamais ça» et s’est reconstruite sur la mémoire, non sur l’oubli. Comment peut-on exiger de tourner la page alors qu’en Grèce, il y a encore des victimes vivantes de cette tragédie ? Et alors qu’un pays comme la France continue de juger les responsables de la Seconde Guerre mondiale ? C’est une faute historique et même morale. L’Allemagne elle-même n’a-t-elle pas bénéficié d’une suppression de 62% de sa dette en 1953 ? Et pourtant, c’était alors l’Allemagne vaincue, responsable des pires atrocités…

    Certes mais ces revendications sont aussi perçues comme un moyen de faire pression dans des négociations difficiles avec les créanciers de la Grèce…

    Que la vérité et la justice sont considérées comme des moyens de pression ne changent rien au fait qu’il s’agit de vérité et de justice.

    Mais pourquoi la Grèce est-elle si isolée dans ces négociations ? Même la France ne semble guère soutenir la position d’Athènes. Hollande n’est-il pas de gauche ?

    J’ai l’impression que la réponse est déjà dans la question… Il y a un vrai problème au sein de l’Europe, où les forces dites socialistes ont finalement accepté de se soumettre à l’agenda néolibéral. Alors même que parfois les citoyens leur avaient donné un autre mandat. Ces choix éloignent les gouvernements de leurs responsabilités politiques. La manière dont sont menées les politiques libérales en Europe est assez caractéristique d’une forme de totalitarisme au sein de l’Europe, un totalitarisme économique. Il y a clairement une méthode et un objectif de subordination. Or il y a toujours des choix et des alternatives possibles. Et c’est pour ça qu’il y a aujourd’hui une véritable bataille menée par ceux qui veulent prouver que la gauche ne peut qu’échouer. Reste qu’il ne faut pas s’arrêter à la photographie du moment, on verra peut-être bientôt émerger d’autres voix, différentes, au sein de l’Europe. Je crois que Syriza et la Grèce montrent que nous sommes à la veille de grands changements du logiciel européen.

    Une majorité de Français ont déclaré qu’ils ne seraient pas opposés à un «Grexit» (d’une sortie de la Grèce de la zone euro). N’est-ce pas le signe que vous êtes parfois mal compris par l’opinion ?

    Dans les sondages, tout dépend toujours de la façon dont on pose la question. Si on demandait aux Français s’ils sont pour qu’on exerce un chantage sur le peuple grec et son gouvernement afin de les faire plier, je suis certaine qu’une majorité serait contre.

    Propos recueillis par Maria Malagardis et Fabien Perrier
    Maria Malagardis et Fabien Perrier

  2. sebi dit :

    http://www.liberation.fr/direct/element/piketty-lallemagne-est-le-pays-qui-na-jamais-rembourse-ses-dettes_12395/

    Piketty : «l’Allemagne est LE pays qui n’a jamais remboursé ses dettes»
    Bim.

    Exemplaire, l’Allemagne ? Un modèle de rigueur budgétaire et de remboursement des dettes ? Non, répond l’économiste Thomas Piketty (photo AFP) dans une interview au journal allemand Die Zeit, dont Slate propose une traduction française des principaux arguments.

    Dans cet entretien, donc, l’auteur du Capital au XXIe siècle rappelle, comme cela a déjà été dit, que l’Allemagne a bénéficié d’une restructuration de sa dette en 1953, au sortir de la guerre, ce qui lui a permis de remettre son économie sur les rails et d’aboutir au résultat que l’on connaît. Mais il va plus loin :

    «Ce qui m’a frappé pendant que j’écrivais, c’est que l’Allemagne est vraiment le meilleur exemple d’un pays qui, au cours de l’histoire, n’a jamais remboursé sa dette extérieure, ni après la Première, ni après la Seconde Guerre mondiale. […] L’Allemagne est LE pays qui n’a jamais remboursé ses dettes. Elle n’est pas légitime pour faire la leçon aux autres nations.»

    Cette thèse, Thomas Piketty, chroniqueur à Libé, l’a plusieurs fois exposée, décrivant par le menu comment l’Allemagne, et aussi la France, ont fait jouer la planche à billets au sortir de 1945, obtenu des effacements d’ardoise et imposer les hauts patrimoines. D’après les accords européens de 2012, la Grèce se retrouve dans l’obligation «de dégager un énorme excédent de 4% du PIB pendant des décennies afin de rembourser ses dettes», rappelait-il dans notre journal. Une stratégie absurde, «que la France et l’Allemagne n’ont fort heureusement jamais appliqué à elles-mêmes».

    On caresse l’espoir que les responsables du tabloïd Bild, qui redoublent chaque jour de violence envers la Grèce, auront lu cet entretien (aujourd’hui, le quotidien demande à Angela Merkel d’être une «chancelière de fer»).

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