Corruption, magouilles et matchs truqués: c’était l’OM des années Tapie

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En marge du match de mercredi en huitième de finale aller de Ligue des Champions entre l’Olympique de Marseille et Manchester United, l’ancien joueur professionnel Anglais des Glasgow Rangers, Mark Hateley, met en cause l’OM dans une affaire de corruption datant de 1993, l’année de son sacre européen. Une nouvelle accusation qui vient rejoindre une ribambelle d’affaires louches recensées il y a quelques années par les Cahiers du Football, qui montrent à quel point le « système Tapie » reposait sur la triche.

Hasard du calendrier des révélations c’est notre deuxième article consacré à des matchs de football truqués en quelques semaines, après celui du 5 Février consacré au « Miracle de Berne« .

Les accusations de Mark Hateley

En 1993 l'OM "gagne" la Ligue des Champions

En 1993 cela faisait quelques années que l’OM avait fait de la Ligue des Champions son principal objectif. Après avoir écarté le Glentoran de Belfast et le Dinamo Bucarest en phase préliminaire, Marseille doit sortir en tête d’un groupe comptant les Glasgow Rangers, le CSKA Moscou et le FC Bruges pour espérer disputer la finale (NDLR : que l’OM gagnera face à l’AC Milan). A cet époque Mark Hateley, international Anglais, est l’attaquant vedette des Rangers. Voici ce qu’il explique dans un interview accordé à la chaine Britannique ITV (source AFP) :

« C’était une personne parlant français, qui m’a offert une grosse somme pour que je ne joue pas. Cela désigne une personne, ou des personnes, qui travaillaient au club et ne voulaient pas que je joue »

L’Anglais, qui a bien évidemment éconduit sont interlocuteur, ne prête pas attention à cet appel, pensant même tout d’abord à une blague. Ce n’est que lorsqu’il est exclu de façon particulièrement sévère lors de la journée précédent son match contre Marseille (le suspendant donc automatiquement pour le math contre l’OM) qu’il s’interroge :

« Dès qu’on m’a sorti le carton, le coup de téléphone m’est revenu à la mémoire. Je me suis senti floué à 100%, c’était une chance unique pour les Rangers »

Mark Hateley estime aujourd’hui que Marseille devrait « être déchu » de son titre remporté le mois suivant face à l’AC Milan en finale (1-0). L’UEFA et la Fédération Française de Football ont pour leur part réagit à ces propos en rappelant qu’une enquête avait été mené à l’époque, et qu’aujourd’hui les dix ans de prescription étaient passés.

Alors l’OM doit-il être déchu de son titre Européen de 93 comme il l’a déjà été de son titre de champion de France suite à l’affaire OM-VA (NDLR: la même année) ? D’aucun dira qu’il est aujourd’hui trop tard… N’empêche, l’histoire racontée par Hateley est loin d’être l’unique du genre et la liste des affaires plus que suspectes est interminable. L’année 1993 semble être l’apogée du système mis en place sous la présidence de Barnard Tapie pour tricher à tous les niveaux : joueurs, arbitres, dopage, transferts… comme l’atteste la liste ci-dessous dressée il y a quelques temps par les journalistes de Cahiers du Foot (voir la source et ci-dessous). Liste à laquelle il faut désormais ajouter les accusations de Mark Hateley. Dans cette perspective vertigineuse d’évènements accablants, la chute du « système Tapie » était probablement devenue inéluctable.

Une liste déjà longue d’affaires louches

« 15 décembre 1988. À la mi-temps de Nice-OM, les numéros 6 et 3 marseillais sont tirés au sort pour le contrôle antidopage. Papin (n°9) et Thys (n°2) se présentent au terme de la rencontre. Germain (n°6) et Di Meco (n°3) ont été remplacés bien avant le coup de sifflet final et ont quitté le stade… Avec une ligne de défense originale (ils prétendant avoir lu les numéros tirés au sort à l’envers), les dirigeants et joueurs phocéens s’en tirent en appel, contre une rallonge de l’amende.

20 mai 1989. Pendant que l’OM bat Auxerre 2 à 1, Lens, bon dernier de D1 (3 victoires pour 27 défaites), offre le titre aux Marseillais en tenant en échec le PSG (0-0). Les jours suivants, les Parisiens dénoncent le versement de primes par l’OM aux Lensois afin de les « sensibiliser » aux enjeux de cette rencontre.

18 octobre 1989. OM-AEK Athènes. Selon l’imprésario Ljubomir Barin, Jean-Pierre Bernès l’a chargé d’acheter les joueurs de l’AEK pour leur réception au Vélodrome. Les Grecs dans la combine devaient entrer sur le terrain avec les chaussettes baissées, mais l’arbitre leur ayant fait remonter dans le couloir des vestiaires, « Tapie est entré dans une rage noire », racontera Barin au juge Philippon, dans le cadre de l’instruction sur le procès des comptes de l’OM (en 1997, portant sur la période 1987-1990).

21 octobre 1989. Le Girondin Didier Sénac fait état à son capitaine Patrick Battiston d’un coup de fil de son ami Philippe Vercruysse, avant le match Bordeaux-OM (3-0), l’invitant à provoquer un penalty sur Jean-Pierre Papin, contre une somme de 200 ou 500.000 francs (Sénac ne se souvient plus). Les deux joueurs concernés évoqueront ensuite une « plaisanterie » sans conséquence, et la Commission nationale de discipline ne donnera pas suite.

11 novembre 1989. Caen-OM (0-2). Jean-François Domergue, manager du SM Caen, admet avoir reçu, à deux reprises, des propositions de Jean-Pierre Bernès lui proposant 500.000 francs en échange d’une mauvaise prestation du gardien Philippe Montanier. Domergue affirmera à la CND qu’il n’a pas pris au sérieux « ces propos énoncés avec sourire et ironie ».

25 avril 1990
. ASSE-OM (0-0). Quelques jours après le match, Claude Bez remet à la Commission nationale de discipline l’enregistrement (qu’il dit avoir acheté à des inconnus à l’aéroport de Marseille) d’une conversation téléphonique au cours de laquelle Bernard Tapie demanderait à Jean-Pierre Bernès d’intervenir auprès de Laurent Fournier afin qu’il ne joue pas à 100% de ses moyens. Deux mois plus tard, Fournier est transféré à Marseille. Faute de pouvoir identifier l’authenticité de la bande, la CND classe l’affaire.

24 mars 1990. Stade brestois-OM (2-1). Le président breton, François Yvinec, certifie que son attaquant Roberto Cabanas a reçu, la veille du match, un appel de l’agent Manuel Garcia, lui suggérant de simuler une blessure au bout d’un quart d’heure. Auteur des deux buts de son équipe, Cabanas dira n’avoir pas tenu compte de cette sollicitation.

6 novembre 1990. OM-Lech Poznan (6-0). Après le carton de l’OM en huitième de finale de C1, les dirigeants polonais affirment que leurs joueurs ont été drogués en buvant du jus d’orange au cours de leur séjour marseillais.

6 avril 1991. Spartak Moscou-OM (0-3). En enquêtant sur les comptes de l’OM quelques années après les faits, le juge Philippon découvre qu’avant la demi-finale de la C1 contre le Spartak Moscou, Jean-Pierre Bernès a demandé à l’homme d’affaires Jean-Louis Haguenauer (ami de Manuel Amoros et dirigeant d’une société d’import-export à Moscou) d’organiser la corruption des joueurs moscovites via des intermédiaires de sa connaissance (dont Vaguiz Khidiatouline, ancien joueur du TFC). L’OM l’emporte sur trois monumentales erreurs des défenseurs. Deux mois plus tard, 375.000 dollars sont versés par l’OM et aboutissent après un circuit complexe sur un compte dont est bénéficiaire Jean-Louis Haguenauer, lequel se chargera de la redistribution auprès des joueurs. La saison suivante, l’entraîneur du Spartak affirme que ses joueurs ont été achetés, mais après enquête, l’UEFA (qui n’entendra pas les joueurs) classe l’affaire.

15 décembre 1991. Les dirigeants rennais fulminent : leurs joueurs auraient bu du jus d’orange suspect dans leur hôtel marseillais… au point de s’endormir entre Marignane et Marseille.

7 mars 1992. L’OM bat Nantes à la Beaujoire. Jean-Jacques Eydelie affirme avoir été auparavant contacté par un joueur de l’OM lui déclarant « Je sais que, l’année prochaine, tu seras à Marseille, ce serait bien que, pour ce match-là, tu nous aides ». Eydelie dit avoir refusé, mais tout de même touché une « prime exceptionnelle » de 300.000 francs (en raison de la victoire marseillaise) quelques semaines après son arrivée à Marseille.

17 mars 1993. OM-CSKA Moscou (6-0). Guennadi Kostiliev, l’entraîneur russe, affirme que ses joueurs ont été malades en ingérant un thé frelaté et qu’il a reçu un appel téléphonique lui proposant de laisser filer le match en échange d’une forte somme d’argent. Plus tard, Kostiliev informera l’UEFA n’avoir jamais entendu parler de corruption autour du match perdu par son équipe au Vélodrome. Eydelie affirme qu’au match aller comme au match retour, les boissons des Moscovites ont été « trafiquées ».

21 Avril 1993. Bruges-OM (0-1). Deux jours avant le match, l’OM transfère 311.000 dollars via un compte en Suisse, vers une banque bruxelloise, où un intermédiaire belge, Michel Tincler, retire la somme en liquide. Il reconnaîtra avoir agi sur demande d’Alain Laroche (directeur financier du club), pensant, selon ses dires, toucher un dessous-de-table pour une transaction immobilière.

20 décembre 2003. Croyant démentir les accusations de Waddle et Cascarino sur les pratiques pharmaceutiques de l’OM des années 90, Bernard Casoni déclare au Monde: « On nous appliquait dans le bas du dos un pistolet à air comprimé qui comprenait plusieurs fléchettes, quatre je crois. Le but était de stimuler les glandes surrénales qui sécrètent naturellement des hormones. C’était plus psychologique qu’autre chose: il suffisait que tu fasses un bon match pour que tu aies envie de recommencer ». « 

(Source « Un règne mouvementé » publié par les Cahiers du Football en 2006)

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27 réponses à Corruption, magouilles et matchs truqués: c’était l’OM des années Tapie

  1. Pamir dit :

    La vidéo de l’expulsion d’Hateley face à Bruges en 93 :
    http://www.youtube.com/watch?v=SzfniIEZsTo

  2. LaPailladeEnforce dit :

    L’OM a remporté ce soir la Coupe de la Ligue en toute fin de match. Comme d’habitude. Tout ça sent la triche… Vous allez voir qu’ils vont finir champions.

  3. Treiber dit :

    Nanard va vendre tes tapis et nous fait pas chier.

  4. vinc dit :

    Tout ça c’est rien de plus que du vent ! Les gens voient ce qu’ils ont envie de voir rien de plus.

  5. zobe dit :

    zobe zeube zebent

    • Emir dit :

      florentdu42 je crois que parmis tous les de9fis ci desuss, celui le plus difficile sera celui d’aure9lien, car porte9 le maillot vert, franchement, c’est tout simplement inhumain. Courage, on est avec toi mais moi, jamais j’aurais parie9 e7a, a la limite, le ve9lo jusqu’e0 Lourdes comme lacombe, ou allez a la basilique a poil, mais le maillot des ste9phanois, franchement .

  6. Football dit :

    Les faits sont-là, les gens qui nient l’existence de tout ça, sont juste aveuglé par ces soit-disant merveilleuse année marseillaise de 89 a 93, qui correspondent comme par magie aux année de Tapie/Bernes et aux meilleur résultat de l’histoire du club..

    • Travis dit :

      leobel dit :Je tiens e0 mettre un pporos e0, pporos des medias egyptiens car malheureusement y’a pas d’autres moyens de communiquer avec eux car Amazigh ( ou berbere ou barbare) qu’ils me nomment comme ils veulent, que je suis, je ne peux comprendre leur langue qui n’est meme pas une langue arabe telle que je la connais et puisqu’il ne comprendront pas ma langue qui ne sera jamais la leur, je leur dirai simplement que vous pouvez etre les maitres de ce que vous voulez mais sans nous, car notre histoire ne nous permettera jamais d’etre esclaves de quiconque. nous sommes Barbares comme vous dites, ce qui veut dire si vous l’ignorez Hommes libres dans notre langue e0 nous. Nous seront eternellement maitres de nous meme in challah.

  7. Viviane dit :

    Il y avait eu aussi cet article de 1995 de Renaud Leblond (l’Express):
    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/om-le-document-qui-accable-tapie_491878.html?p=1

    OM, le document qui accable Tapie

    Voici en exclusivité le rapport adressé à l’Assemblée par le parquet. Tout le système mis en place par l’ancien patron de l’OM y est dénoncé.

    « 5 millions de francs étaient consacrés annuellement à l’achat de matchs du championnat de France et de la coupe d’Europe, soit, pour les saisons de 1989 à 1993 (4 saisons), 20 millions de francs. Les matchs disputés par l’OM contre Athènes et Sofia en font partie. » C’est l’une des révélations explosives contenues dans un rapport du procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Ce document a été soumis le 21 novembre au bureau de l’Assemblée nationale afin qu’il lève l’immunité parlementaire de Bernard Tapie, toujours député des Bouches-du-Rhône et député européen, et ancien patron de l’Olympique de Marseille. Mais, tandis que le procureur demandait instamment l’autorisation de le placer en détention provisoire, avertissant le bureau de l’Assemblée que « des mesures de contrôle judiciaire seraient insuffisantes et même de nul effet », le bureau a refusé de le suivre et estimé qu’un simple contrôle assurerait la « bonne administration de la justice ». Cette demi-mesure, prise au terme d’un débat houleux, a été contestée par plus d’un tiers des votants. Au mois de janvier, ce sera au tour du Parlement européen d’examiner la requête du procureur. Le document est accablant pour Bernard Tapie. De prêts fictifs en indemnités occultes, de fausses factures en sociétés écrans, c’est toute l’histoire secrète de l’OM qui est enfin révélée: un système organisé d’évasion de capitaux pour un montant « très supérieur » à 100 millions de francs, et des pratiques de corruption qui réduisent l’affaire VA-OM à une péripétie.

    Voici, en exclusivité, les principaux extraits de ce texte. Il va de soi que cette requête ne préjuge en rien du déroulement de l’instruction des affaires en cours et des jugements qui seront rendus.

    Le Procureur général près la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence a l’honneur d’exposer: Le 19 novembre 1990, les fonctionnaires de police du SRPJ de Marseille agissant sur commission rogatoire d’un juge d’instruction marseillais chargé d’instruire sur une affaire Di Francia, intermédiaire du Sporting Club de Toulon, découvraient au cours d’une perquisition au siège de l’Olympique de Marseille des conventions pouvant faire apparaître l’existence de primes ou de rémunérations occultes par l’usage de faux documents. L’enquête et l’information qui s’ensuivait permettaient d’établir que de graves irrégularités portant sur d’importantes sommes d’argent en relation avec la gestion du club de football de l’Olympique de Marseille (OM) à partir de 1987 avaient été commises. (…). La panoplie des moyens utilisés était extrêmement variée et complexe: fausse facturation, montage et utilisation de sociétés écrans dans de nombreux pays – notamment Panama, Liechtenstein, Italie, Suisse, Jersey – ouvertures multiples de comptes bancaires clôturés sitôt les opérations réalisées, prestations fictives, achats de matchs et d’arbitres. (…)

    1. PRÊTS ET LICENCIEMENTS FICTIFS (…)
    L’exploitation des documents saisis et les diverses auditions mettaient tout d’abord en évidence des irrégularités concernant les prétendus prêts consentis aux joueurs Forster (prêt de 8 090 000 F du 1er juin 1986), Giresse (prêt d’un million de francs du 1er août 1986), et Vercruysse (prêt de 3 070 000 F du 1er juillet 1988). (…)

    2. INDEMNITÉS OCCULTES VERSÉES LORS DE LEUR TRANSFERT AUX JOUEURS
    (…) Des anomalies étaient constatées lors du transfert à l’Olympique de Marseille des joueurs Carlos Mozer, Christopher Waddle, Manuel Amoros, Abedi Pelé, Dragan Stojkovic et Enzo Francescoli. Dans la plupart de ces transferts, l’Olympique de Marseille avait signé avec le club vendeur et/ou avec le joueur une convention occulte prévoyant le versement d’indemnités différentes de celles prévues dans le contrat officiel. L’Olympique de Marseille avait de plus réglé des factures émises par des sociétés situées à l’étranger pour des prestations qui apparaissent fictives ou non justifiées.
    2.1. Mozer
    Dans le transfert du joueur Mozer du club de Benfica vers l’Olympique de Marseille, il apparaissait que le montant du transfert de 27,5 millions incluait une somme de 6,5 millions correspondant à des salaires occultes payés au joueur au Portugal. Mais l’Olympique de Marseille avait également payé 250 000 F à titre d’honoraires au nommé Migliaccio Alain et une somme de 4,2 millions à une société Mercury domiciliée au Portugal et représentée par un nommé Barbosa Manuel. Si un imprimé vierge à en-tête Mercury était découvert au siège de l’Olympique de Marseille, il résultait des investigations et des déclarations de Bernès qu’il n’y avait pas eu de contrat entre Mercury et l’Olympique de Marseille. Le président Bernard Tapie justifiait, quant à lui, les paiements aux deux imprésarios par le fait que, sans eux, l’achat du joueur Mozer était impossible.
    2.2. Waddle
    Concernant le transfert du joueur Waddle du Club de Tottenham, parallèlement à la convention de mutation prévoyant le versement d’environ 45 millions de francs, un accord secret entre l’Olympique de Marseille et le joueur prévoyait qu’une somme de 12,8 millions lui serait versée par l’intermédiaire de personnes physiques ou morales. Aux sociétés Toranco Ltd et AKA, à Jersey, se substituaient une société Happy Promotion Ltd (Guernesey) et une société Consensus Ltd (Jersey), représentées par une société d’avocats, le cabinet Finers (M. Stein), qui mettait en place un montage juridique pour que ces sociétés reçoivent la somme de 16,8 millions, avec le concours de M. Lazarus, expert-comptable. Jean-Pierre Bernès, Alain Laroche et Bernard Tapie – qui prétendait avoir été obligé de conclure un accord avec ces sociétés pour obtenir le transfert – confirmaient ce montage, alors que Waddle prétendait ne pas connaître ces sociétés et n’avoir perçu que ses salaires officiels.
    2.3. Amoros
    Concernant le joueur Amoros, le montant du transfert était fixé à 17 millions de francs. Mais l’Olympique de Marseille s’était également engagé à verser au joueur une somme de 12,8 millions qui, selon Bernès, était demandée par Amoros lui-même. Le 1er août 1989, l’Olympique de Marseille payait une facture de 3,5 millions à une société Cheire Development Ltd, sise à Dublin, qui, selon Bernard Tapie, devait représenter les intérêts du joueur en général.
    2.4. Pelé
    Dans l’opération de transfert du joueur Abedi Pelé apparaissaient deux factures d’intermédiaire à en-têtes Uckrainczyk pour 474 000 F et Suage AG pour 850 000 F, cette dernière étant ensuite annulée.
    2.5. Stojkovic
    Enfin, concernant le transfert de Dragan Stojkovic, il apparaissait que l’Olympique de Marseille avait versé 27,9 millions, dont un virement de 3,9 millions sur une banque suisse. Bernard Tapie affirmait que les paiements avaient été effectués sur un compte appartenant au club vendeur l’Etoile rouge, de Belgrade.
    2.6. Francescoli
    Pour le transfert de Francescoli, une convention sur imprimé d’une société Hadley Corporation, sise à Montevideo (Uruguay), a été signée par Jean-Pierre Bernès. Cette convention n’a pas été adressée à la Ligue nationale de football, et l’appellation droit de licence ne correspond juridiquement à rien. Au total, l’OM a versé une somme de 4 296 250 F sur un compte étranger au vu d’une convention non justifiée.

    3. PAIEMENTS SANS JUSTIFICATIF, OU AVEC DES JUSTIFICATIFS FICTIFS, EFFECTUÉS À DES INTERMÉDIAIRES DU MONDE DU FOOTBALL
    Il a été relevé l’existence de paiements effectués par l’Olympique de Marseille à des intermédiaires pour des sommes importantes sur production de factures fausses ou majorées par rapport aux prestations effectuées. Parfois même, des sommes étaient versées en l’absence de toute facturation. D’une manière générale, il n’existait aucune convention écrite entre l’Olympique de Marseille et ces intermédiaires permettant de savoir quelles étaient les prestations que ces intermédiaires devaient fournir et sur quelle base elles devaient être rémunérées.
    3.1. Manuel Barbosa
    Il en était ainsi tout d’abord du ressortissant portugais Manuel Barbosa, qui, agissant directement ou par l’intermédiaire de sa société Mercury, avait reçu de l’Olympique de Marseille, outre la somme de 1 850 000 F sur le transfert de Mozer, entre septembre 1989 et mars 1990, une somme totale de 1 774 000 F payées pour partie par chèques ou virements. Une somme de 700 000 F lui avait également été remise en espèces au vu d’une facture intitulée « Avances sur frais d’honoraires en vue de transferts pour la saison 1990-1991 ». Il apparaissait que Barbosa avait également reçu une somme totale de 2,5 millions pour une option d’achat sur le joueur Bebeto qui ne devait pas aboutir et qui, selon l’entraîneur Gérard Gili, n’intéressait pas l’Olympique de Marseille, qui avait préféré acheter le joueur Francescoli.
    3.2. Ljubomir Barin
    Il en était de même du nommé Barin Ljubomir, qui avait reçu de l’Olympique de Marseille diverses sommes pour environ 2 millions de francs, et notamment une somme de 310 000 F pour l’organisation de matchs amicaux à l’étranger qui n’avaient pas eu lieu, une somme de 720 000 F remise en espèces par Laroche et Bernès pour des frais d’organisation d’un match contre la Roumanie. Tapie, Bernès et Laroche considéraient que les factures étaient régulières, alors même que les signatures figurant sur ces factures paraissaient sensiblement différentes les unes des autres.
    3.3. Alain Migliaccio
    Le transfert du joueur Eric Cantona donnait lieu au versement à titre d’honoraires de la somme de 1 008 000 F au nommé Alain Migliaccio, de 450 000 F à un avocat, Me André Buffard. Mais dans le dossier du joueur, saisi au siège de l’Olympique de Marseille, il était découvert une facture de 600 000 F, à en-tête d’une société espagnole, Artconsult Iberica SA, alors même que les dirigeants du club et le joueur n’établissaient aucun lien entre cette société et le transfert. Lors du transfert du joueur Laurent Fournier de Saint-Étienne à Marseille, Migliaccio a perçu une somme de 711 600 F qui apparaît être étrangère à cette opération.
    3.4. Alain Pansard
    Dans le transfert du joueur Fall, il apparaissait que l’Olympique de Marseille avait réglé au nommé Pansard, directeur de société à Dakar, une somme de 600 000 F sans aucun justificatif en comptabilité.
    3.5. André Goerig
    A l’occasion du transfert du joueur Abedi Pelé de Mulhouse vers Marseille, deux fausses factures à en-tête de la société Suave Ag, qui ne disposait que d’une boîte postale à Zug (Suisse), ont permis à Bernès, Hildago et Goerig de détourner 1 790 000 F de la trésorerie de l’OM, dont 850 000 F ont été perçus par Goerig.
    3.6. Licio D’onofrio
    L’Olympique de Marseille a également eu recours à la société IAM (International Agency For Marketing Ltd). Cette société de droit du Liechtenstein a comme bénéficiaire Licio D’Onofrio, spécialiste de fourniture en fausses factures. En effet, il avait fourni des fausses factures à Rolland Courbis pour détourner des fonds du Sporting Club de Toulon. De plus, il avait été mis en examen dans l’affaire des Girondins de Bordeaux pour des faits similaires. L’Olympique de Marseille a chargé IAM de recruter Rudi Voller et Martin Vasquez, qui évoluaient respectivement à l’AS Roma et l’AC Torino. A cet effet l’Olympique de Marseille a réglé 3,2 millions de francs. Par ailleurs, l’OM a payé à D’Onofrio 250 102 F correspondant à des frais. Rien ne justifie la réalité d’une prestation avouable fournie à l’Olympique de Marseille par D’Onofrio. Les contrats et factures servant simplement de supports comptables officiels à des transferts de fonds à l’étranger.
    3.7. Paiements divers effectués par l’Olympique de Marseille
    3.7.1. Blazevic
    Alors qu’il était entraîneur de Nantes, Blazevic a personnellement encaissé une somme de 420 000 F versée par l’Olympique de Marseille, club adverse, au vu d’une fausse facture Dr Firsts Erben.
    3.7.2. Gidopoulos
    Le 27 octobre 1989, le compte bancaire de GMF Marseille a été débité de la somme de 942 300 F au bénéfice de M. Strastos Gidopoulous, président d’AEK Athènes. Il n’existe aucun justificatif de ce paiement, aucune facture, aucun contrat.
    3.7.3. A l’occasion du match Spartak Moscou-OM
    La comptabilité de la société RMGP (Réalisation marketing gestions publicitaires) a enregistré une facture fournisseur Ainos 57 pour le match Spartak Moscou-OM. Le règlement de la somme de 280 000 USD [dollars américains] a été demandé à la banque Dumesnil Leble de Genève au profit du compte Ainos 57. Or, pour ce même match, l’OM a réglé directement diverses factures: – Unipack à Paris, le 11 avril 1991, pour une somme de 100 000 USD alors que cette société était en cessation de paiements, depuis le 8 avril 1991; – Spartak Football Club pour 500 000 USD correspondant à la pose de panneaux et exclusivité des droits de télévision. A noter que ces deux fournisseurs ont le même signataire ou responsable en la personne d’un nommé Sisovic Melija.
    3.7.4. Baxanes investment est à Balzers (Liechtenstein) toujours pour les mêmes droits de télévision d’un montant de 375 000 USD .
    Pour ce seul match l’ensemble des versements effectués à l’étranger représente plus d’un million de dollars.
    3.7.5. Paiements effectués par RMGP
    RMGP a réglé diverses prestations fictives à trois personnes appartenant à l’environnement proche de Bernard Tapie.
    3.7.6. UDIF
    Deux fausses factures au nom d’Udif à Saint-Denis de la Réunion ont permis de verser 793 000 F en 1990 à Paul Benatar avant qu’il ne devienne un salarié de RMGP sans contrepartie.
    3.7.7. EF gestion
    Deux factures à en-tête Ef Gestion ont été réglées par RMGP au profit d’Elie Fellous à raison de 355 800 F chaque année (1990 et 1991) sans contrepartie.
    3.7.8. LEVREAU
    RMGP a versé des honoraires à Jean-Louis Levreau de 1990 à 1992 pour 630 900 F sans que des prestations personnelles soient fournies.
    3.7.9. Ricardo Fuica
    L’Olympique de Marseille a également réglé des honoraires pour l’acquisition de Martin Vasquez à un nommé Ricardo Fuica. En outre, le club marseillais a procédé à trois versements d’un montant total de 2 650 000 F sur un compte ouvert à l’Overland Trust Banca de Lugano.
    3.7.10. Destination de sommes d’argent à des sociétés écrans dans le cadre des transferts des joueurs Waddle et Steven
    Des procédés analogues à ceux utilisés par les intermédiaires ont permis l’évasion de capitaux à destination de sociétés écrans. Des paiements sans justificatif suffisant ont été effectués pour un montant total de 3 359 178 F au profit des sociétés: Pictons Ltd Londres, Pro International Ltd à St Albans, DNR Consultancy Christchurch, Wyatt Development Corporation. En l’état, la destination des fonds reste inconnue, même s’il paraît probable que Steven en ait perçu une partie.

    4 . FOURNITURE DE FAUSSES FACTURES ET DE SOCIÉTÉS ÉCRANS PAR KARAGEORGIS
    Karageorgis exercerait la profession de gestionnaire d’une société immobilière à Athènes et de consultant d’une société financière à Genève. Il est titulaire de comptes dans plusieurs établissements bancaires:
    – A la banque Edmond de Rothschild à Genève, il possède un compte codé « Poète ». Les relevés de comptes sur une période de seulement sept mois (du 17 octobre 1989 au 18 mai 1990) font apparaître au crédit des opérations pour un montant total de 9 480 000 F. L’ensemble provient de fausses factures réglées par l’OM pour la saison de coupe d’Europe 1989-1990, à l’exception des sommes d’un montant de 597 000 F et de 70 000 USD, dont la provenance n’a pas été établie avec certitude. D’importants retraits en espèces ont été effectués sans aucune explication commerciale, c’est-à-dire sans un rapport quelconque avec les prétendues prestations figurant sur les fausses factures. La totalité des retraits en espèces auxquels Karageorgis a procédé s’élève: en 1989, à 6 millions de francs, en 1990, à 4 370 000 F. Ce compte « Poète » ne semble avoir été alimenté et débité que pour les besoins de l’OM en tant que caisse noire.
    – A la société des Banques de Suisse (SBS) de Lausanne. Ce compte a été crédité de 40 000 USD fin février 1990. Cette somme provient de l’Olympique de Marseille. La pièce ayant servi à justifier comptablement cette sortie est une fausse facture Sponsort SARL de Milan émise par Karageorgis, que les dirigeants marseillais ont acceptée en connaissance de cause, comme en témoignent les télex échangés avec la SBS Lausanne.
    – A l’Union des Banques suisses (UBS) à Genève d’un compte référencé « Abricot ». Ce compte est un simple compte de passage utilisé par l’UBS au profit d’une autre banque (la banque privée Edmond de Rothschild à Genève) pour permettre de créditer le compte « Poète » de Karageorgis.
    4.1. LES SOCIÉTÉS ECRANS
    Il apparaît que Karageorgis a fourni à l’Olympique de Marseille de fausses factures de diverses sociétés parfois fictives. Des factures à en-tête Euroservice (Panama), SCS (Swiss Communication Services) à Genève, Sponsport Sarl à Lausanne, Ainos 57 à Bucarest, Ips Milan (International Public Sporty) à Forli (Italie), Wyatt Development à Genève, ont permis à Karageorgis de recevoir des règlements en provenance de l’Olympique de Marseille et de la société RMGP, dont le PDG est Claude Ghidalia, qui assurait la régie publicitaire de l’OM. Au total, près de 16 millions de francs en provenance de l’Olympique de Marseille et 11 millions en provenance de RMGP ont abouti sur les comptes suisses de Karageorgis.
    4.2. LA FONDATION HESPERIDES
    Alain Laroche a créé la fondation Hesperides, qui est une structure liechtensteinoise dont l’objet était une activité commerciale en général. Un compte dont le bénéficiaire économique est Laroche a été ouvert au nom de la fondation Hesperides à la banque Hentsch à Genève. Ce compte a été alimenté par une somme de 37 500 USD provenant d’un compte de Karageorgis à Lausanne qui avait été destinataire d’une somme de 40 000 USD payé par l’OM au vu de la facture Sponsport.

    5. CORRUPTION DES MILIEUX SPORTIFSDétournement de fonds de matchs amicaux dont certains fictifs.
    5.1. Achats de matchs et d’arbitres
    5 millions de francs étaient consacrés annuellement à l’achat de matchs du championnat de France et de coupe d’Europe soit pour les saisons de 1989 à 1993 (quatre saisons) 20 millions de francs. Les matchs disputés par l’OM contre Athènes et Sofia en font partie. L’arbitre, de nationalité autrichienne, qui officiait lors de la rencontre OM-Athènes, aujourd’hui décédé, a reçu des fonds versés par Barin. En outre, les arbitres étaient mis en condition et recevaient notamment des cadeaux pour ne pas être hostiles à l’OM.
    5.2. Détournements de fonds à l’occasion de matchs amicaux ou provenant de matchs inexistants
    – Une facture datée du 31 janvier 1989 intitulée « Préparation pour l’organisation de matchs amicaux à l’étranger, frais de transport et hébergement inclus », pour un montant de 310 000 F qui a donné lieu à un transfert à la banque Crédit Anstal comportait la signature de MM. Bernès et Barin. Or aucun match amical à l’étranger n’avait été organisé ni d’ailleurs aucune rencontre particulière ne pouvait justifier cette facture.
    – En revanche l’organisation du match de bienfaisance au profit de l’enfance roumaine entre l’OM et l’équipe nationale de Roumanie a eu lieu en janvier 1990. Elle a permis à Bernard Tapie une apparition médiatique très remarquée, a servi de support à une fausse facture Barin de 720 000 F, mais aussi, via RMGP, à une fausse facturation au nom d’une association roumaine, Ainos 57, de 900 000 FF. Cette dernière somme a abouti à la caisse noire gérée par Karageorgis et non pas dans celle de l’enfance malheureuse.

    6. CONCLUSION
    6.1. L’ensemble de ces constatations et considérations font nettement apparaître en l’état de l’information, tant sur le plan national qu’à l’étranger, après la délivrance de commissions rogatoires dans une dizaine de pays, des présomptions graves de détournement ou d’utilisation frauduleuse de fonds pour un montant très supérieur à 100 millions de francs au préjudice du club.
    D’ailleurs l’expert-comptable désigné par le magistrat instructeur a conclu dans ses rapports d’expertise à l’absence de régularité et de sincérité des comptes annuels de l’OM pour les exercices 1988, 1989 et 1990. Il ajoutait que les sorties d’argent non justifiées et les circuits complexes à l’étranger constituaient des man?uvres visant à la mise en place d’un système organisé d’évasion de capitaux, ces opérations ne pouvant être effectuées dans l’intérêt social. Le rôle des différents protagonistes dans la commission des infractions décrites ci-dessus peut être précisé:
    – Bernard Tapie était le président en titre de l’OM tant au sein de l’association (statut juridique du club jusqu’en 1990) que de la société anonyme à objet sportif (Saos) qu’il est devenu par la suite. Il résulte de l’ensemble des déclarations (y compris les siennes) qu’il les dirigeait effectivement en s’y investissant complètement. C’était le véritable maître, le concepteur et l’organisateur. Personne ne résistait à son charisme et on ne peut que reproduire ici ses propres déclarations contenues dans le procès-verbal d’assemblée générale du 15 décembre 1990 où il affirmait: « Rien de ce qui a été fait à l’OM n’a été fait sans que je le sache et jamais je n’aurais accepté de prendre l’ombre d’un risque que soient faites de fausses factures, de l’argent noir ou de caisse… ».
    – Elie Fellous assurait l’écran avec la structure financière gérée par Alain Laroche, chargé des montages avec les fournisseurs de fausses factures comme Karageorgis et Barbosa; Jean-Louis Levreau et Michel Hidalgo étaient l’écran de la structure technique dirigée par Jean-Pierre Bernès, chargé des contacts avec les joueurs, les arbitres, les dirigeants via les intermédiaires comme Barin, Migliaccio ou Blazevic; Claude Ghidalia assurait pour sa part la logistique de la régie publicitaire permettant d’absorber une partie des fausses factures fournisseurs et de rémunérer quelques proches de Bernard Tapie comme Fellous, Benattar et Levreau.
    6.2. Ordonnance de soit communiqué du juge d’instruction du 20 octobre 1995
    C’est en cet état de la procédure que le magistrat instructeur a rendu l’ordonnance du 20 octobre 1995. Il résulte des termes même de cette ordonnance que le juge d’instruction estime que les faits nouveaux, résultant du réquisitoire supplétif du 16 mars 1995 et pour lesquels Laroche et Bernès ont été mis en examen supplétivement, peuvent être reprochés à Bernard Tapie en sa qualité de président de l’OM outre ceux pour lesquels il a été déjà mis en examen le 26 mars 1994. Il envisage en conséquence de le mettre en examen supplétivement des chefs de faux, usage de faux, recels de faux (contrats présumés fictifs entre l’OM et les intermédiaires IPS, Wyatt, IAM, Fuica, Baxanes, Mercury et les factures présumées fictives concernant les intermédiaires Barin, Mercury, Wyatt, IAM, IPS, Unipack, Baxanes ainsi que le club Spartak Moscou et la société RMGP), abus de confiance et abus de biens sociaux au préjudice de l’OM (montant estimé à 30 millions de francs), complicité d’abus de biens sociaux au préjudice de RMGP (montant total estimé à 12 millions de francs). Le magistrat instructeur envisage de le placer alors en détention provisoire en raison du trouble grave et actuel à l’ordre public mais également car il craint que Bernard Tapie ne tente d’influer sur le cours de l’instruction auprès des autres mis en examen et des témoins en France et à l’étranger. Il considère également que ses garanties de représentation en justice sont incertaines puisque d’une part son adresse déclarée correspond à une résidence dont il n’est ni propriétaire ni locataire et que d’autre part il est susceptible de détenir des capitaux à l’étranger. Cette mesure de détention s’inscrit dans la logique définie par le magistrat instructeur qui, après avoir mis en détention le directeur administratif du club, Alain Laroche, estime devoir écrouer celui qui apparaît à ce stade des investigations comme l’instigateur principal des faits, c’est-à-dire Bernard Tapie, président du club. Le recours à ces mesures coercitives apparaît également justifié au Procureur général soussigné.
    6.3. Sur les recours aux mesures coercitives
    Les mesures coercitives d’arrestation et d’incarcération provisoire sont juridiquement parfaitement justifiées, les peines encourues étant supérieures à deux ans d’emprisonnement. Les faits se sont poursuivis jusqu’en 1993 après l’ouverture de l’enquête préliminaire en 1990 et de l’information judiciaire en 1992.
    – Le trouble à l’ordre public qui en est résulté a conservé sa vivacité et s’est accentué depuis le placement en redressement judiciaire de l’Olympique de Marseille le 7 avril 1995 par le tribunal de commerce de Marseille qui a considéré que l’on pouvait raisonnablement estimer, à 10% près, à 250 millions de francs l’insuffisance d’actif. Les faits déjà suffisamment graves en eux-mêmes revêtent un caractère de gravité accru dès lors qu’ils ont été commis par un élu de la République qui apparaît de surcroît comme le principal instigateur de ces affaires par rapport aux autres mis en examen, dont Alain Laroche, son collaborateur, toujours en détention provisoire depuis le 20 juin 1995 et maintenu par arrêt du 9 novembre 1995 de la chambre d’accusation de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence.
    – Au regard des charges qui se sont accumulées, des nouvelles auditions et confrontations qui doivent intervenir, compte tenu des déclarations de Jean-Pierre Bernès, d’Alain Laroche, Ljubomir Barin, la détention de Bernard Tapie apparaît comme l’unique moyen d’éviter des pressions sur les témoins ou des concertations frauduleuses. Il apparaît notamment des plus récentes investigations que Bernard Tapie a toujours tenté d’influer sur le cours de la justice: Dès l’origine en dictant à ses collaborateurs Bernès et Laroche un document censé être « la Bible », c’est-à-dire la présentation de ce qu’il fallait dire s’ils étaient entendus (confrontation Bernès-Laroche du 17 octobre 1995, D. 4401 p. 4). Plus tard, en organisant plusieurs réunions, la dernière au Sofitel, après la découverte de la fondation Hesperides en février 1994 (D. 4401 p. 4). Tout récemment, Bernard Tapie a tenté de contacter M. Bernès (D. 4329 p. 4 in fine). En outre, une personne prétendant appeler de la part de Bernard Tapie a contacté téléphoniquement le fils de Barin qui habite Bruxelles (D. 4723 p. 4) duquel Bernard Tapie resterait débiteur de 1 750 000 F pour le transfert du joueur Waddle.
    – Les garanties de représentation sont malgré tout incertaines. Tapie avait déclaré (D. 3819 p. 3): « L’OM n’a aucun avoir à l’étranger, ni directement ni indirectement. Il en est de même en ce qui me concerne personnellement, même mes sociétés. » Or des comptes de ses sociétés ont été découverts à Genève même s’ils n’apparaissent pas intéresser directement l’OM (D. 4038 à D. 4040). A cet égard, des mesures de contrôle judiciaire seraient insuffisantes et même de nul effet. En conséquence, le Procureur général, vu l’article 26 de la Constitution, a l’honneur de solliciter qu’il vous plaise: autoriser la levée de l’immunité parlementaire de M. Bernard Tapie, député des Bouches-du-Rhône, et, en tant que besoin, son arrestation, sa détention ou l’exercice de toute autre mesure privative ou restrictive de liberté.

    Fait le 14 novembre 1995, le Procureur général Merand.

  8. moustik013 dit :

    un truc que je comprends pas c’est pas un match de l’om ,ou le type se fait expulsé!vous dites n’importe quoi en fait !!!!

    • makak184 dit :

      Un truc que je comprends pas, c’est que tu saches pas lire : le joueur est expulsé au match précédent celui qu’il devait jouer contre l’om, ce qui le suspend pour le suivant.

  9. Damien dit :

    ils ont pas assez insisté sur le match de Rennes ou un joueur de Rennes s’est mis à convulser, à été emmener à l’hôpital ou il à failli y passer. Après enquête il s’est avéré qu’il était allergique à des somnifères qu’on à retrouvé dans le jus d’orange donné aux Rennais.

    Marseille , à jamais les premiers

  10. ajamaislesrageux dit :

    Tellement de corruption que la demi de cl 89 ,un but de la main du benfica nous elimine dans les dernières minutes du match retour.
    Tellement de corruption que la finale l’année suivante les slovènes loupent un penalty (a non c’était nous ça. .)
    Tellement de corruption que le spartak alors mené 3-0 chez nous obtient 2 penalty leur permettant de se qualifier …

    Toute cette corruption fait mal aux yeux je confirme ^^

    • Calles Bastien dit :

      Tu as raison sauf qu’on s’en est pris qu’a marseille et je suis sur que tous les clubs magoullait a cette periode et magouille encore aujourd’hui mais Marseille etait la cible parfaite car en France on n’accepte pas le succés sa aurait etait Lyon lors des années tout le monde y aurait cru

    • Anonyme dit :

      donc, 3 contre exemple sur 5 ans ! Y a pas à dire, bonne intervention.

      • bensaid dit :

        Bah 3 contres exemples au lieu d’un seul qui suffirait à faire taire les niaiseux et les rageux jaloux que vous êtes, mais bon même avec 3 la bouche reste grande ouverte chez les avaleurs de Qataris.

  11. bensaid dit :

    Le nombre de parisiens frustrés sans couilles ici, donc Bruno Voisin le premier, le gros nolife qui passe sa vie à chasser des sorcières qu’il ne trouvera jamais tellement sa jalousie et sa rage son ridicules ….

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