Dans le programme de Fillon: la purge libérale et traditionaliste promise par le futur président

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Ça y est l’affiche du second tour des primaires de la droite est connue depuis dimanche soir ! François Fillon affrontera Alain Juppé. Et il est difficile d’ignorer l’incroyable percée de l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy qui a su faire mentir les sondages avec un talent certain. Les observateurs les plus avisés s’avanceront même à dire que nous connaissons très probablement maintenant le nom du futur Président de la République, tant l’autoroute qu’a su se frayer le sarthois semble dégagée. C’est pourquoi, électeur de droite comme de gauche, il est sans doute temps d’aller plus loin que le personnage de Fillon, et de se plonger dans le détail de son programme.

François Fillon président ?

François Fillon président de la République Française ?

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’ancien compagnon de route de Philippe Séguin a bien changé ! Autrefois ardent défenseur du « gaullisme social » aux côtés de son mentor, il a maintenant consommé un virage libéral qu’Alain Madelin n’aurait pas renié à la grande époque (voir l’analyse de son programme ci-dessous). A tel point que l’homme n’hésite pas à se revendiquer dorénavant de Margaret Thatcher. Monsieur Séguin doit se retourner dans sa tombe !

Nul besoin de s’étonner donc que de député de la Sarthe soit présenté comme un rassembleur de la droite, il connait bien chacun de ses courants, puisqu’il a appartenu à chacun d’entre eux successivement.

Sur le plan international, Fillon tranche aussi avec ses collègues de la droite républicaine. A la manière du Front National, il prône une politique étrangère plus ouverte sur la Russie de Vladimir Poutine et plus complaisante à l’égard de Bachar el-Assad. Un point de vue pour le moins original et en rupture complète avec les positions diplomatiques prises par la France sur les deux derniers quinquennats.

Autre surprise dans le programme de François Fillon: ses positions sur le plan sociétal. Le programme est tout le contraire du personnage. Alors que l’homme est calme et souriant en évitant soigneusement les outrances, sa vision pour la France en matière de questions de société est en fait radicale. Soutenu par Sens Commun – association traditionaliste issue de la Manif pour Tous – l’ancien premier ministre multiplie des prises de position rétrogrades, se permettant même des déclarations ambigües sur la question de l’avortement.

Francois Fillon épouse les idées conservatrices de Margaret Thatcher

François Fillon assume les idées conservatrices de Margaret Thatcher (image Libération)

Enfin, on peut aussi s’interroger sur la stature de ce candidat à l’Élysée. Premier ministre de Nicolas Sarkozy l’homme a accepté toutes les outrances et avalé bien des couleuvres sans broncher (voir l’affaire du « collaborateur »). Aux ordres de l’ancien président, Fillon n’a jamais semblé tenir les rennes, se contentant d’appliquer docilement la politique décidée à l’Élysée et de servir de « majordome » à Sarko l’hyper président.  A tel point que l’on peut se demander aujourd’hui si le sarthois a bien la carrure et le charisme (voir le niveau) pour gérer le pays.

Pour aller plus en détail, Marie Piquemal et Frantz Durupt du journal Libération ont décortiqué le programme de François Fillon dans un excellent article publié hier sous le titre « De la fin des 35 heures au «récit national» : ce que propose François Fillon« . Ils passent en revue les principales mesures proposées par le candidat, et c’est un excellent moyen de se faire une idée de la vision de notre (quasi) futur président et de ses propositions pour la France.

De la fin des 35 heures au «récit national» : ce que propose François Fillon

Le programme de François Fillon, c’est notamment une potion libérale dans laquelle les aides aux entreprises sont compensées par des économies massives sur la fonction publique et une hausse de la TVA ; un conservatisme appuyé sur les questions sociales (famille, immigration, éducation) ; et la volonté de faire de l’histoire de France un grand «récit national» sans la moindre «repentance». Retour sur les grands engagements de campagne du candidat arrivé en tête.

Travail

François Fillon veut «la libération de l’économie» : c’est la «première priorité» de son programme, dont les grandes lignes sont résumées sur son site. Et pour libérer l’économie, rien de tel, par exemple, que de supprimer les 35 heures, une «utopie». Dans la fonction publique, cela consisterait à faire passer le temps de travail à 39 heures hebdomadaires, pour «réduire le nombre de postes de fonctionnaires jusqu’à 500 000» au cours du mandat. Avec 5,4 millions de personnes comptabilisées dans l’ensemble de la fonction publique au 31 décembre 2013, cela signifierait une baisse d’environ 10% des effectifs actuels. Au total, Fillon escompte, rien qu’avec ça, réaliser jusqu’à 15 milliards d’euros d’économie.

«Réduire le nombre de postes de fonctionnaires jusqu’à 500 000 […] soit environ 10%»

Dans le privé, Fillon veut que des accords puissent être négociés entreprise par entreprise (et, pour les TPE, que les accords de branche prévalent). Il serait ainsi possible d’instaurer une semaine allant jusqu’à 48 heures de travail, la limite légale fixée au niveau européen. Evidemment, pour que ça marche, mieux vaut avoir des syndicats plus conciliants que la CGT, nommément visée : «la faible représentation syndicale favorise le syndicalisme politique alors que l’économie a besoin d’un syndicalisme d’adhésion constructif et force de proposition», lit-on dans son programme. Fillon veut donc instaurer le référendum en entreprise et relever les seuils sociaux, qui imposent d’avoir au moins un délégué du personnel, de 10 à 50 et de 50 à 100 salariés. Autre antienne libérale reprise par Fillon : il faudrait licencier plus facilement. Pour cela, il veut que les entreprises puissent invoquer un «motif de réorganisation» dans les procédures de licenciement collectif. Il veut aussi reporter l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans.

Fiscalité

40 milliards d’euros d’allégements de cotisations et baisse du taux d’imposition à 25% pour les entreprises […] 10 milliards de réductions d’impôt pour les ménages

L’autre mesure phare de cette «libération», c’est bien sûr une bonne vieille «rupture fiscale»  consistant en 40 milliards d’euros d’allégements de cotisations pour les entreprises, qui permettront selon Fillon de baisser le taux de chômage «de 10% à 7%», avec notamment une baisse du taux de l’impôt sur les sociétés à 25% (contre 33,5% actuellement). Fillon veut aussi supprimer l’impôt sur la fortune et mettre en place «un taux unique d’imposition des produits du capital proche de 30%».

En résulte un «cercle vertueux» typiquement libéral représenté comme ceci dans le programme de François Fillon. Il n’y est fait aucune mention du salaire, Fillon estimant visiblement que l’embauche entraîne automatiquement la consommation, indépendamment de la façon dont les gens sont rémunérés. Concernant le Smic, tout juste est-il écrit dans son programme qu’il «veut revoir le mécanisme de revalorisation du Smic en prenant en compte les comparaisons européennes pertinentes et la performance économique de la France».

Le programme économique de François Fillon

Le programme économique de François Fillon

Du côté des ménages, Fillon promet 10 milliards d’euros de baisses d’impôts, notamment avec le «rétablissement de l’universalité des allocations familiales» et la «suppression de la cotisation salariale maladie». Mais pour compenser la perte de ces recettes fiscales, les ménages paieront autrement : le candidat veut augmenter de deux points les deux taux supérieurs de TVA, déjà fixés à 20% et 10% sous François Hollande.

Dette

Avec ce qui a été cité plus haut et l’ambition de faire 110 milliards d’euros d’économie en cinq ans, François Fillon compte ramener le déficit public à 0% en 2022, comme l’indique un graphique sur son site. On relèvera que le candidat prévoit en revanche de laisser filer le déficit à 4,7% du PIB en 2017, tandis que le gouvernement, lui, a prévu 2,7%.

Solidarité et immigration

François Fillon prône un «revenu de solidarité active» qui consisterait en un regroupement de plusieurs allocations : le RSA, l’allocation de solidarité spécifique (versée sous conditions à l’épuisement des droits au chômage), la prime d’activité et les aides au logement. «Le montant maximal alloué sera strictement plafonné», dit le programme, sans préciser le montant du plafond. S’il estime que «tous les Français doivent pouvoir se soigner», François Fillon pense que ce n’est pas le cas des étrangers : il veut supprimer l’Aide médicale d’Etat (AME) en la remplaçant par une «dispense de frais de santé» valable uniquement pour les urgences et les maladies graves ou contagieuses. Pour y accéder, il faudrait aussi accepter «un examen de la situation du séjour», ce qui devrait décourager de nombreuses personnes désirant se faire soigner.

Autre mesure visant les immigrés : «Subordonner l’accès aux principales prestations sociales à deux ans de résidence régulière en France.» Une mesure dont on se demande ce qu’elle changerait à la situation actuelle puisque, à titre d’exemple, le RSA n’est accessible à un étranger extracommunautaire qu’après cinq années de titre de séjour avec autorisation de travailler. Fillon veut aussi limiter la part légale de l’immigration en inscrivant «dans la Constitution le principe selon lequel l’immigration dépend de la capacité d’accueil et d’intégration de la France». Comment serait déterminée cette capacité ? Mystère, mais Fillon veut que le Parlement fixe chaque année des quotas en fonction des origines des immigrés.

Droits des femmes et des homosexuels

Soutenu par le mouvement Sens commun, issu de la Manif pour tous, Fillon ne promet pas l’abrogation de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Mais il veut revoir «les règles concernant la filiation». «Il ne me paraît pas légitime que la loi permette de considérer qu’un enfant est fils ou fille, de manière exclusive, de deux parents du même sexe. Sa filiation au sens biologique du terme à l’égard d’un père et d’une mère ne doit donc plus pouvoir être effacée par une adoption plénière», a-t-il expliqué dans une interview à la Croix, en juin, sans vouloir supprimer les adoptions simples par des parents de même sexe.

François Fillon « ne peut approuver l’avortement »

Sur l’avortement, il a été critiqué à l’extrême droite pour avoir voté, en 2014, en faveur d’une résolution parlementaire reconnaissant l’IVG comme un droit fondamental, puis pour avoir confirmé ce choix dans son livre Faire, paru en 2015. Il a depuis tenté de rassurer la frange réactionnaire en expliquant, lors d’un meeting : «J’ai écrit que l’avortement était un droit fondamental. Ce n’est pas ce que je voulais écrire. Je voulais dire que l’avortement, personne ne reviendrait dessus. Mais philosophiquement et compte tenu de ma foi, je ne peux l’approuver.» (cité par le Figaro Magazine du 1er juillet 2016).

Sécurité et libertés

Avec ou sans état d’urgence, François Fillon annonce qu’il veut limiter le droit de manifester : seuls seraient autorisés «les rassemblements publics que les forces de l’ordre sont capables de protéger». Il propose également des policiers municipaux armés «après formation». Faisant le lien entre immigration et insécurité, il veut aussi «un nouveau traité de Schengen» avec plus de contrôles aux frontières de l’Europe, et plus de possibilités de contrôle pour les Etats.

Éducation

En finir avec la « dictature des pédagogistes » au sein de l’Education Nationale

Ancien ministre de l’Education en 2004-2005, François Fillon a concocté un programme aux petits oignons en la matière, «parce que tout commence par là», écrit-il en en-tête sur sa feuille de route. Il avait donné le ton dès son discours dans la Sarthe en août dernier, parlant de «désastre» de l’Éducation nationale. Il fustigeait alors «la démission de l’Etat devant les syndicats, la dictature des pédagogistes et des réseaux de pouvoirs au sein de l’Education nationale qui est responsable». Ses propositions s’inscrivent dans cette logique, avec le retour symbolique de l’uniforme, laissé à la discrétion des conseils d’administration, dans chaque établissement. Cette mesure fait partie d’un long chapitre consacré au «respect de l’autorité» et au «sens de l’effort».

Il existe beaucoup d’autres mesures, aux conséquences très importantes. Fillon est ainsi favorable à une plus grande autonomie des établissements, «pour mettre fin à un système hyper centralisé», fait valoir Annie Genevard, porte-parole du candidat : dans les collèges et lycées, les principaux et proviseurs pourraient choisir «tous les personnels», et donc recruter les profs qu’ils souhaitent. Une telle mesure serait une révolution dans le système éducatif actuel. «Il est bien évident que cela se fera progressivement, cela prendra du temps mais le principe est posé», précise Annie Genevard. Fillon souhaite aussi augmenter le temps de présence des enseignants dans l’établissement. Et développer une part de la rémunération au mérite. Sur fond de suppressions de poste… Sur les 500 000 postes de fonctionnaires qu’il compte supprimer, il n’a pas donné de chiffrage précis sur le nombre de postes d’enseignants concernés.

Concernant l’enseignement supérieur, grand absent du débat jusqu’ici, Fillon ne revendique pas clairement la mise en place d’une «sélection» à l’entrée de la fac, mais dans les filières sous tension (où les places manquent), il propose de «retenir» les candidats en fonction de leur «prérequis» et leur «talent».

Enfin, François Fillon veut développer l’apprentissage à partir de 15 ans.

International

François Fillon est un grand défenseur du dialogue avec la Russie de Vladimir Poutine, notamment dans le conflit syrien. Dans un texte publié en avril par Marianne, il affirme : «Pour endiguer la progression de l’EI en Syrie, Poutine a fait preuve d’un pragmatisme froid mais efficace. Il a sauvé le régime alaouite d’un effondrement probable et lui a donné les moyens de reconquérir le terrain perdu.»

Sur l’Europe, sa vision est celle d’une «France souveraine au sein d’une Europe qui partage des valeurs communes et un objectif commun : celui de notre souveraineté vis-à-vis de nos autres partenaires». Et pour gouverner le continent, il prône un gouvernement de la zone euro réunissant les chefs de gouvernement, présidé par l’un d’entre eux.

Culture

Considérée comme un «socle» par François Fillon, la culture consiste avant tout, dans son programme, en un «plan patrimoine pour tous»  où 400 millions d’euros par an seraient dépensés pour «restaurer et mettre fin à la dégradation des monuments et objets d’art, au lieu des 328M€ en 2015 et 326M€ en 2016».

Le régime des intermittents est dans le viseur, puisque Fillon veut «lutter contre les abus» en excluant «toute forme d’emploi permanent et notamment les programmes de flux» à la télévision et à la radio. «Il s’agit de revenir à sa raison d’être : la protection contre la précarité liée à la durée limitée dans le temps d’une « création originale » qui fait appel à des talents spécifiques, dans une logique de projet.» 

«Non, la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord»

Par ailleurs, loin de vouloir enterrer l’Hadopi, organisme chargé de lutter contre le téléchargement illégal, François Fillon veut au contraire la renforcer «pour la rendre plus efficace et en luttant efficacement contre la contrefaçon commerciale des œuvres musicales, littéraires ou audiovisuelles».

Histoire

«Non, la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord» : ainsi a parlé François Fillon dans un discours à Sablé-sur-Sarthe le 28 août.

Pour l’ancien Premier ministre, pas question donc de céder à la moindre «repentance» : il a assumé sa position devant le leader syndical guadeloupéen Elie Domota sur France 2, quelques semaines plus tard.

Dans une telle perspective, hors de question que les écoliers français grandissent avec un regard trop critique sur l’histoire française : «Si je suis élu président de la République, je demanderai à trois académiciens de s’entourer des meilleurs avis pour réécrire les programmes d’histoire avec l’idée de les concevoir comme un récit national», a aussi annoncé Fillon à Sablé-sur-Sarthe.

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6 réponses à Dans le programme de Fillon: la purge libérale et traditionaliste promise par le futur président

  1. AinsiSoitIl dit :

    Une chèvre qu’elle ait été celle de Monsieur Séguin, ou celle de Monsieur Sarkozy, reste une chèvre.

  2. dOd71 dit :

    Ce programme de François Fillon c’est la loi El-Khomri puissance 100 !
    Commencez à stocker l’essence…

  3. Soldat Roze dit :

    Tout cela pourrait m’inciter à aller voter dimanche, et pourtant je n’ai rien à y faire en théorie.

    J’ai juste envie de vomir à l’idée de leur donner 2 euros…

  4. Soldat Roze dit :

    Sur la vision de François Fillon en politique étrangère, ses accointances avec Vladimir Poutine, et son positionnement favorable à Bachar, on peut se référer à l’excellente chronique de géopolitique de Bernard Guetta de ce matin:
    https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-23-novembre-2016


    A l’étranger, le triomphe de François Fillon a partout pris de court mais en Russie, c’est différent…

    A Moscou, c’est avec un ravissement totalement enthousiaste que les milieux dirigeants et la presse ont accueilli le score de cet « ami de la Russie », de ce « candidat prorusse », de « l’ami François » aux primaires de la droite et du centre.

    Un magazine allait ainsi jusqu’à inscrire sa percée dans « l’émergence » d’une nouvelle génération de dirigeants occidentaux « bienveillants » à l’égard de Moscou et susceptible de « créer une brèche dans la position commune de l’Occident ». Spécialiste des affaires françaises dans l’équipe Poutine, le sénateur Pouchkov allait même jusqu’à envisager, sans s’en plaindre, on s’en doute, qu’une arrivée de François Fillon à l’Elysée « brise le tandem de Paris et Berlin sur la Russie », un tandem qui défend aujourd’hui le maintien des sanctions économiques prises contre Moscou après l’annexion de la Crimée.

    Cet enthousiasme des dirigeants russes n’est pas infondé, et pas seulement parce que François Fillon s’oppose à ces sanctions.

    Noués à l’époque où ils étaient tous deux Premiers ministres, des liens étroits, confiants, presque amicaux, unissent Vladimir Poutine et François Fillon. « Cher Vladimir », avait un jour publiquement lancé François Fillon et, sans que cela signifie qu’ils soient d’accord sur tout, ces deux hommes s’estiment car ils se retrouvent dans leur conservatisme, leur hostilité ou leur très grande réserve à l’égard de l’évolution des moeurs en Occident, la place qu’ils accordent à la religion, orthodoxe ou catholique, et dans leur commune vision, surtout, de la crise syrienne.

    Avec des nuances, non négligeables mais nullement primordiales, tous deux estiment qu’il faut conforter Bachar al-Assad qu’ils perçoivent comme un rempart contre la menace islamiste et un protecteur des chrétiens d’Orient avec lesquels la Russie a toujours entretenu des relations privilégiés et dont François Fillon se sent profondément solidaire. C’est une vision plus que discutable puisque la sauvagerie du boucher de Damas prélude à un siècle de guerre et qu’un rétablissement de son pouvoir par des pays chrétiens créerait, pour le coup, une profonde fracture entre l’islam et l’Occident mais c’est leur point de vue et, de loin, le premier de leurs traits d’union.

    Pour le Kremlin, une élection de François Fillon après celle de Donald Trump changerait ainsi la donne internationale en isolant l’Allemagne d’Angela Merkel et sortant la Russie de l’ostracisme dont les Occidentaux la frappent aujourd’hui, depuis ses interventions en Ukraine et en Syrie.

    François Fillon et Donald Trump ne sont d’alleurs pas seuls à se trouver des convergences avec Vladimir Poutine.

    C’est aussi le cas de l’ensemble des nouvelles extrêmes-droites européennes, de Viktor Orban en Hongrie ou de Recep Erdogan en Turquie, de toutes les droites dures ou extrêmes qui apprécient son nationalisme, ses muscles et son rejet de la tolérance qui était ou fut dominante en Occident depuis les années 60.

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