« Hors la loi », du grand Bouchareb

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Le dernier film de Rachid Bouchareb, « Hors la loi« , est un film qui mériterait que l’on se précipite dans les salles.

Affiche du film

Affiche du film (AlloCine)

« Chassés de leur terre algérienne, trois frères et leur mère sont séparés. Messaoud s’engage en Indochine. A Paris, Abdelkader prend la tête du mouvement pour l’Indépendance de l’Algérie et Saïd fait fortune dans les bouges et les clubs de boxe de Pigalle. Leur destin, scellé autour de l’amour d’une mère, se mêlera inexorablement à celui d’une nation en lutte pour sa liberté… » (Synopsis Allociné)

 

Le film est une grande fresque familiale dans le contexte Franco-Algérien des années 50. On y retrouve un trio d’acteur brillants  : Jamel Debbouze est véritablement de plus en plus convaincant même lorsqu’il sort de son registre habituel, quant à Roschdy Zem et Sami Bouajila ils enrichissent le film avec le talent qu’on leur connaît dans des rôles qui semblent taillés sur mesure.

Le film est moins politique que le précédent « Indigènes« , où le réalisateur poussait loin le concept de « dette historique » de la France envers ses anciennes colonies (au point qu’il flirtait par moment avec la culpabilisation, avec un scénario un peu trop au service du message à faire passer). Et l’on se demande à quoi pouvaient bien rimer les incident ayant émaillé la projection du film à Marseille (voir cet article de L’Express).

Le point de vue du narrateur est ici sans concession sur la réalité qu’a été l’engagement au sein du FLN. Et si le spectateur se prend à suivre les personnages dans leur idéal révolutionnaire au début, il prend de plus en plus de distance – à mesure que le film avance – avec ce qui se transforme progressivement en extrémisme relativement barbare. Le thème de l’idéal révolutionnaire qui vire à l’extrémisme n’est pas nouveau au cinéma, mais Bouchareb livre ici une copie impeccable malgré les pièges lié à un sujet encore chaud dans les mémoires. Le réalisme historique est ainsi particulièrement soigné. Il ne manque pas par exemple de rappeler à quel point une part importante de la guerre d’Algérie s’est aussi déroulé aussi en France, à Paris, chose que l’on évoque plus rarement.

Pour terminer, on notera la magnifique photographie du film : chaque plan comporte un éclairage extraordinaire. Bref, vous l’aurez compris, Pandora Vox est encore sous le charme…

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