La crise de Fachoda vue par Le Petit journal

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La Liberté guidant le peuple, images historiques, mémoire collectiveCes images qui ont fait l’Histoire…

Chaque semaine, une image ou une photo qui a marqué notre mémoire collective. L’occasion de revenir sur les évènements majeurs et les « images d’Épinal » qui ont façonné notre souvenir du passé.

20 Novembre 1898: Le supplément illustré du Petit Journal – qui est alors l’un des trois journal les plus lus en France – publie en première page une caricature du comportement de la France lors de la crise de Fachoda à la fin du XIXième siècle. La France y est représentée en petit chaperon rouge amenant gentiment la galette « Fachoda » à l’Angleterre maquillée en « Perfide Albion », sur fond des monuments multi-séculaires Égyptiens.

– Mère-grand, comme vous avez de grandes dents !
– Mais c’est pour mieux manger ta galette mon enfant !

Fachoda (aujourd’hui Kodok) est située à 650 km au sud de la capitale soudanaise Khartoum. Ancien poste militaire Égyptien, il se trouve à la fin du XIXième siècle à l’intersection des ambitions coloniales Françaises et en Anglaise en Afrique. En effet, tandis que la France souhaite relier la Mer Rouge à l’Atlantique (axe Djibouti-Dakar), le Royaume Uni rêve de finaliser le chemin de fer Le Caire-Le Cap. De plus, comme le partage de l’Afrique coloniale est presque achevé, le sud du Soudan est convoité par toutes les puissances Européennes en recherche de territoires, qui pensent qu’un débouché sur le Nil Blanc serait un excellent point d’ancrage vers l’Égypte.

C’est dans ce contexte que la France envoie en 1897 le capitaine Jean-Baptiste Marchand diriger une expédition visant à relier le Congo au Nil. Dans le même temps Lord Kitchener et son armée anglo-égyptienne entrent au Soudan. Lorsque le maréchal Britannique arrive à Fachoda, il y trouve le drapeau Français, planté là-bas par son homologue d’outre-Manche. S’en suit alors un incident diplomatique majeur entre les deux nations, qui débouche sur l’ordre donné au capitaine Français d’abandonner Fachoda aux Britanniques.

Dans l’imaginaire collectif français, cet évènement est ressenti comme une profonde humiliation infligée par un Royaume-Uni triomphant, hautain et forcément de mauvaise foi. Les caricaturiste – comme ceux du Petit journal – s’en donne à cœur-joie dans les semaine qui suivent, et l’extrême ferveur nationaliste de part et d’autre laisse un moment craindre un conflit ouvert.

La vague d’Anglophobie déclenchée par « l’incident de Fachoda » perdurera pendant des décennies en France, en dépit de l’Entente Cordiale » signée entre le deux nations en 1904. Un rapprochement qui conditionne toute la géopolitique Européenne du XXième siècle, mais qui est portant porté à bout de bras par le ministre des Affaires Étrangères Théophile Delcassé, contre une opinion publique Française profondément rancunière envers le Royaume Uni. Ce clivage entre Anglophiles et Anglophobes en France peut aussi expliquer les différents comportements des nationalistes Français lors de la défaite de 1940. Certains justifiant leur collaboration en déclarant préférer combattre aux cotés des Allemands, défenseur d’une vision paneuropéenne « continentale », plutôt que pour les Anglais, ennemis héréditaires et éternels rivaux.

Cet épisode reste aussi comme l’un des événements fondateurs mais surtout représentatif de la Troisième République naissante et fragile

Incident de Fachoda le Petit Journal, Jean-Baptiste Marchand, Lord Kitchener

La une du Petit Journal le 20 Novembre 1898 symbolisant toute la naïveté et l'humiliation Française

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Une réponse à La crise de Fachoda vue par Le Petit journal

  1. Ton père dit :

    J’ai bien aimé, et en plus je ne connaissais pas l’histoire.
    J’ai bien aimé aussi l’article sur la Grèce, moins celui sur le mariage gay 🙂 🙂
    Bises

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