Crise Grecque, plan d’austérité et agences de notation, les dessous d’un scandale européen (1/2)

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Le 29 Juin de nouvelles mesures d’austérité drastiques ont été adoptées par le parlement Grec ce qui devrait permettre le déblocage d’un nouveau plan de sauvetage de l’Union Européenne et du FMI d’ici la fin de l’été. Déjà totalement asphyxiée par le plan de l’an dernier, la population grecque encaisse mal ces nouvelles hausses d’impôts, ces réductions supplémentaires de dépenses publiques et les privatisations massives qui s’annoncent.  Pour justifier cela, on nous explique que « les Grecs ont assez triché » ou qu’ils « ont trop longtemps vécus au dessus de leurs moyens« . Le problème c’est que cette vision réductrice occulte les véritables scandales sur le fonctionnement des marchés des dettes publiques de zone euro. Analyse en deux volets expliquant en quoi ces plans d’austérité sont ni légitimes (1), ni efficaces (2).

Première partie :

Les vraies raisons de la crise de la dette publique Grecque

1/ La baisse des recettes publiques d’un État déjà faible

Grece, George Papandreou, plan d'austérité, agence de notation

George Papandréou peut faire la moue, le socialiste a fait voté un nouveau plan d'austérité... (AFP/Louisa Gouliamaki)

Comme pour les autres pays de la zone Euro, la dette publique grecque a pris une nouvelle dimension en  2008, lors de la crise bancaire et financière. Lorsque les États ont organisé un plan de sauvetage de la finance par le renflouement des banques. Ces mêmes banques qui aujourd’hui spéculent sur la capacité de la Grèce à rembourser sa dette…

Mais bien avant la crise de 2008, l’envolée de la dette Grecque résulte plus d’une baisse des recettes publiques que d’une envolée des dépenses. En effet les réformes fiscales mises en place dans un peu toute l’Europe depuis les années 90, ont permis de grandes baisses d’impôts pour la population la plus aisée et ont organisé le gonflement des dettes publiques. La Grèce pays qui a pourtant traditionnellement une pression fiscale assez faible a enregistré un des plus fortes baisses du ratio d’imposition au PIB de l’UE sur la décennie 2000 (statistiques OCDE, voir tableau A et B depuis 1999).

Cette « contre-révolution fiscale » au bénéfice des populations les plus aisées permet un double effet kiss-cool que les Économistes Atterrés appellent l’effet jackpot:

« Avec l’argent économisé sur leurs impôts, les riches ont pu acquérir les titres (porteurs d’intérêts) de la dette publique émise pour financer les déficits publics provoqués par les réductions d’impôts… » (Fausse évidence n° 6, les Économistes Atterrés)

Il y a en plus certains paradoxes en Grèce qui ne bénéficient pas aux finances publiques. Les armateurs ne payent par exemple pas d’impôts. Il n’y a non plus pas de cadastre, ce qui facilite une évasion fiscale endémique. Traditionnellement, l’État Grec, faible, n’a pas su faire payer des impôts à ceux qui peuvent en payer. Si l’on ajoute une importante économie souterraine, il y aurait de nombreuses réformes à conduire en Grèce pour assainir les finances. Remarquez en revanche que les plans d’austérités imposés par l’Europe et le FMI n’incluent pas ces réformes, alors qu’au contraire les Grecs devraient commencer par là.

2/ Des attaques spéculatives ininterrompues depuis 2009

Depuis mi-2009 la Grèce est victime d’attaques spéculatives de la part des marchés financiers. Ils y ont vu une brèche dans l’organisation financière de la zone Euro. En effet depuis les accords de Maastricht les pays Européens ont renoncé à la possibilité  d’être financés par leur banque centrale. Du coup, et contrairement à la plupart des pays développés, les pays de la zone euro dépendent totalement des marchés financiers pour financer leur dette. Dans la foulée de la crise bancaire de 2008, les marchés ont donc déclenché la spéculation sur les pays les plus faibles de la zone (les fameux PIGS: Portugal, Irlande Grèce et Espagne) au premier rang desquels la Grèce.

Les Économistes Atterrés expliquent que les attaques spéculatives sur un pays faible permettent de le fragiliser et d’obtenir des hausses d’intérêts

« Un titre financier est un droit sur des revenus futurs : pour l’évaluer il faut prévoir ce que sera ce futur. […] Lorsqu’elles dégradent la notation d’un État, [les agences de notation] accroissent le taux d’intérêt exigé par les acteurs financiers pour acquérir les titres de la dette publique de cet État, et augmentent par là-même le risque de faillite qu’elles ont annoncé. » (Fausse évidence n° 3, les Économistes Atterrés)

dette grecque

(Illustration ATTAC France)

Il s’agit donc d’un cercle vicieux. Les marchés ont intérêt à avoir un meilleurs taux d’intérêt donc à ce que la note d’un pays soit dégradée. Comme souvent en finance, ces spéculations ont aussi valeur de prophétie auto-réalisatrices : on craint que la Grèce ne puisse plus payer,  on dégrade donc la note de sa dette publique, ce qui a pour conséquence de faire augmenter les taux d’intérêt de son déficit, l’État Grec se retrouve donc effectivement en situation plus précaire et il est moins en mesure de payer: on avait donc raison de se méfier CQFD.

On ajoutera que les agences de notations sont en position d’oligopole : Fitch, Moody’s et Standard & Poors réalisent 94% du chiffre d’affaire  mondial de la profession tout en étant très rentables (de l’ordre de 40% par an !). Alors qu’elles font la pluie et le beau temps pour ceux qu’elles notent, celles-ci sont rémunérées par leurs clients. Elles ont donc une indépendance limitée, qui avait d’ailleurs été dénoncé lors de la crise des subprimes par Christine Lagarde. Avec ce système il y a un conflit d’intérêt manifeste. Si l’on prend l’exemple d’une banque, il y a d’un coté un service qui gère l’épargne (qui est noté par et qui donc rémunère l’agence de notation), et de l’autre un service qui gère le fond spéculatif en recherche de gros taux d’intérêt (qui peuvent être créés artificiellement lors de la dégradation de la note d’un État par l’agence de notation)… Difficile de croire à un cloisonnement total, lorsque l’on constate les dégradations de notes subites et irresponsables de ces derniers mois (par exemple  en Mai lors de l’annonce de la dégradation de la note grecque à 15 minutes de la clôture des marchés pour précipiter un mouvement de panique).

Les États les plus faibles de la zone euro se retrouvent donc aujourd’hui à la merci de la cupidité des marchés financiers qui les mettent à genou pour tirer un maximum de profit de leur dette. Les taux pratiqués deviennent totalement déconnectés de la réalité économique et font augmenter la dette de façon exponentielle et artificielle.

3/ L’aide de Goldman Sachs pour maquiller les comptes et entrer dans l’Euro

Une autre raison qui est à l’origine du fort taux d’endettement Grec est le trucage de ses comptes pour permettre au pays d’entrer dans la zone Euro au tournant des années 2000. Sans l’aide de Goldman Sachs, qui a mis au point un « swap » de devises qui a permis au gouvernement Grec de cacher l’étendue de son déficit aux investisseurs, les Grecs ne seraient pas rentrés dans l’Euro. Mais la France le savait et l’Allemagne aussi. Ils sont donc complices. En 2002 la banque Américaine a encore permis à la Grèce de lever un milliard de dollars de financements hors bilan (source AGEFI), ce qui n’a fait que constituer une « bombe à retardement » pour le gouvernement Grec.

Pour la petite histoire on notera que le nouveau gouverneur de la banque centrale Européenne, en remplacement de Jean-Claude Trichet, l’Italien Mario Draghi était à cette époque vice-président de la branche européenne de la banque d’affaires américaine… La boucle est bouclée.

4/ Les contrats d’armement plombent les finances

La Grèce consacre une très (trop) grosse part de son budget à l’armement. 4,3% du PIB grec est consacré a la Défense, et il y a 50 000 militaires sur 800 000 fonctionnaires. Ces dépenses militaires sont donc un trou béant dans le budget grec.

Récemment la France et l’Allemagne ont été accusés de conditionner leur aide à la Grèce au maintient des contrats d’armement avec leurs champions nationaux.  A Rue89 Daniel Cohn-Bendit donne les précisions suivantes:

« On sait que la France a obligé la Grèce à maintenir un contrat de 2,5 milliards d’euros sur des frégates françaises, un contrat de 400 millions d’euros sur des hélicoptères et un contrat sur plusieurs avions à 100 millions d’euros pièce. Il y a aussi en jeu des sous-marins allemands. »

La solidarité Européenne a donc ses limites, les marchands d’armes Franco-Allemands ont ainsi obtenu que les contrats ne soient pas remis en cause dans le cadre du plan d’austérité. Sabrer dans les dépenses militaire serait pourtant une source de baisse de dépenses substantielle pour la Grèce, plus qu’une énième réduction des prestations sociales. Mais tout est une question de priorité, et de qui la demande. En l’occurrence les prêteurs Allemands et Français ont plus émus George Papandréou que son peuple dans la rue.

Dans le même registre de la « solidarité Européenne », on notera que l’Europe dans son plan de sauvetage de la Grèce a proposé un taux à 5,5% à la Grèce. Alors certes il est meilleur que les 15 ou 25% proposé par les marchés financiers, mais la France et l’Allemagne empruntent à 3,5%. Les États Français et Allemands sont donc loin d’être perdants dans l’histoire et peuvent même financer une partie de leur dette grâce aux 2% gagnés sur ce plan de sauvetage…

Nous avons vu que la crise grecque trouve son origine dans de nombreux facteurs qui ne sont pas seulement le fait de tricheries et de dysfonctionnements internes comme on veut bien nous le faire croire. Cette crise de la dette publique est aussi due à un emballement incontrôlé des marchés qui fonctionnent en cercle vicieux et dont l’intérêt à court terme n’est absolument pas de régler le problème Grec. Les règles de fonctionnement actuelles de la finance internationale permettent des attaques en règle des marchés qui sont en mesure de « racketter » les États les plus faibles. La Grèce a certes besoin d’une ré-organisation en profondeur, mais c’est plus une règlementation financière Européenne qu’un plan d’austérité drastique qui résoudrait son problème. C’est ce que nous étudierons en détail la prochaine fois.

La seconde partie de cet article, intitulée : Le plan d’austérité, une fausse solution sera publiée la semaine prochaine.
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18 réponses à Crise Grecque, plan d’austérité et agences de notation, les dessous d’un scandale européen (1/2)

  1. dOd71 dit :

    Réunion aujourd’hui à Bruxelles pour sauver la Grèce :
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/07/11/reunion-a-bruxelles-sur-la-grece-et-la-crise-de-la-zone-euro_1547124_3214.html#ens_id=1508090
    « « Il ne s’agit pas d’une réunion de crise, mais de coordination des positions comme il y en a déjà eu dans le passé », a affirmé le porte-parole de Herman Van Rompuy. « L’ordre du jour c’est la Grèce, pas l’Italie », a-t-il aussi tenu à préciser alors que le pays dirigé par Silvio Berlusconi s’est retrouvé vendredi soumis à l’intense pression des marchés, avec une envolée de ses taux obligataires à un niveau record, sur fond d’un début de scandale autour de son ministre des finances, Giulio Tremonti.
    L’Eurogroupe, qui réunit les ministres des finances de la zone euro, doit tenter lundi de faire avancer les discussions compliquées sur la participation des créanciers privés de la Grèce – banques, compagnies d’assurance et fonds d’investissement – à un deuxième plan d’aide à la Grèce d’un peu plus de 100 milliards d’euros de prêts. Le premier, de 110 milliards d’euros, décidé en mail 2010 ne suffit déjà plus pour sauver le pays de la banqueroute.[…]
    « 

  2. PandoraVox dit :

    Toujours dans le dossier du Monde dont parlait ce matin Dod71, le journal se fait l’écho d’une proposition de Michel Barnier (commissaire européen chargé des marchés financiers) d’interdire les notations de pays bénéficiant d’un plan d’aide.
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/07/11/bruxelles-veut-interdire-les-notations-de-pays-beneficiant-d-un-plan-d-aide_1547257_3214.html#ens_id=1268560

    « Le commissaire européen chargé des marchés financiers, Michel Barnier, a proposé, lundi 11 juillet, de durcir nettement les règles s’appliquant aux agences de notation, en leur interdisant notamment de noter un pays faisant l’objet d’un plan d’aide international.

    La mise sur pied d’un second plan d’aide à la Grèce et la défiance croissante des marchés à l’égard de l’ensemble de la zone euro doit dominer une série de discussions cruciales entre responsables européens lundi à Bruxelles.

    « Je compte demander à la présidence polonaise de l’Union européenne de mettre ce sujet à l’ordre du jour dans les prochains Ecofin [réunions des ministres des finances européens]. Bien sûr, il faudrait encore étudier la faisabilité et regarder les modalités d’une telle interdiction », a-t-il déclaré dans un discours prononcé à Paris, et dont le texte a été diffusé par ses services à Bruxelles.

    L’Europe a été ulcérée la semaine dernière par la décision de l’agence Moody’s d’abaisser spectaculairement la note du Portugal, pays bénéficiant d’un plan de prêts internationaux de l’UE et du Fonds monétaire international (FMI). »

    => Cet article rappelle à quel point ces agences de notation (dont on dénonce de plus en plus l’oligopole) sont toxiques sur ces problèmes de dettes publiques. Rien de plus que ce que notre article dénonçait ci-dessus, mais ça fait plaisir que cette vision des choses commence à percer.

  3. isidore dit :

    Christine Lagarde juge l’effort budgétaire en Grèce encore insuffisant
    « Il y a eu beaucoup de travail accompli par la Grèce pour réduire le déficit et réussir un rééquilibrage du budget de l’ordre de 5 points du PIB », a affirmé Mme Lagarde, lors d’une rencontre à Washington avec des agences de presse. « C’est une performance considérable. De la même manière, nous savons tous que ce n’est pas suffisant, qu’il faut en faire plus, et que la solution aux problèmes actuels devra être élaborée entre partenaires », a-t-elle poursuivi.
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/07/12/christine-lagarde-juge-l-effort-budgetaire-en-grece-encore-insuffisant_1547594_3214.html#ens_id=1268560

  4. umpkilla dit :

    Grèce, Italie, c’est maintenant au tour de l’Irlande de subir l’ir des agences de notation :
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/07/12/moody-s-relegue-l-irlande-a-la-categorie-des-investissements-speculatifs_1548071_3234.html#ens_id=1268560
    L’Europe peut « regretter » le pouvoir des agences. Il va maintenant falloir sévir et réguler ces bandits de la finance.

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  6. umpkilla dit :

    Olivier Besancenot et ses amis proposent tout simplement de renoncer à payer nos dettes publiques :
    Réquisitionnons des banques
    http://www.liberation.fr/economie/01012356627-requisitionnons-des-banques
    « Honorer ses dettes au capital revient à lui conférer plus de pouvoir. C’est pourquoi nous devons cesser le remboursement des intérêts. « 

  7. dOd71 dit :

    Vous parliez de tiersmondisation, ils sont en plein dedans :
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/10/03/la-grece-s-apprete-a-vivre-sa-quatrieme-annee-consecutive-de-recession_1581592_3234.html#ens_id=1268560
    La Grèce s’apprête à vivre sa quatrième année consécutive de récession
    Alors que la zone euro va tenter, lundi 3 octobre, de parachever le second plan d’aide à la Grèce, le pré-projet de budget 2012, déposé lundi au Parlement grec, confirme l’état désastreux des finances du pays. Selon les prévisions, la Grèce devrait traverser sa quatrième année consécutive de récession en 2012, le produit intérieur brut (PIB) devant se contracter de 2,5 % sur l’année.

    « En raison de la poursuite de l’assainissement de l’économie grecque et de la récession importante de 2011, avec une contraction attendue du PIB de 5,5 %, le rythme de l’économie doit continuer à être négatif en 2012 avant une reprise prévue en 2013 », indique le texte officiel.

    UNE DETTE À 161,8 % DU PIB EN 2012

    En 2010, la contraction du PIB grec avait été de 4,5 % après – 2 % en 2009. La poursuite de la contraction est une conséquence de la baisse de la demande intérieure et de la consommation privée qui doit encore baisser de 3,8 % (à prix courants) contre 6,2 % en 2011 et 4,5 % en 2010, selon le pré-projet. La consommation privée à prix stables devrait elle chuter de plus de 6 % en raison de la réduction des revenus et de l’augmentation du chômage. Le chômage doit atteindre en moyenne 16,4 % en 2012 contre 15,2 % attendus sur l’année 2011, et 11,9 % en 2010.

    Selon le pré-projet du budget, la dette du gouvernement général doit passer à 172,7 % du PIB à 371,920 milliards contre 161,8 % prévus pour fin 2011 (356,520 milliards d’euros). En 2011, le service de la dette (somme que l’emprunteur doit payer chaque année pour honorer sa dette) sera de 16,3 milliards d’euros et de 17,9 milliards en 2012.

    CHÔMAGE TECHNIQUE DANS LE SECTEUR PUBLIC

    Le texte a été approuvé dimanche soir lors d’une réunion-marathon du conseil des ministres, sous l’égide du premier ministre, Georges Papandréou, qui a également donné son feu vert à l’instauration de chômage technique pour 30 000 employés du secteur public élargi d’ici fin 2011.

    Cette mesure vise à réduire les dépenses publiques et alléger le déficit du pays, qui doit atteindre 8,5 % du PIB en 2011, selon le pré-budget, contre 10,5 % en 2010. Pour 2012, le déficit doit atteindre 6,8 % du PIB. Le projet de budget a été passé à la loupe des représentants de la troïka, des représentants de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international.

    La visite de la troïka à Athènes, qui se poursuit cette semaine, s’inscrit dans le cadre de l’audit régulier des comptes grecs avant le versement de la sixième tranche du prêt international de 2010, prévu pour la mi-octobre.

  8. PandoraVox dit :

    Un référendum en Grèce pour décider du plan de sauvetage européen

    Le premier ministre grec Georges Papandréou a annoncé hier soir qu’il souhaitait consulter son peuple par référendum sur le plan d’aide Européen pour son pays. Cette déclaration a bien entendu pris de cours l’ensemble de la classe politique Européenne. Le président Sarkozy est « consterné » et les dirigeants Allemands fustigent l’inconséquence de la Grèce. De leurs coté l’ensemble des bourses Européennes s’écroulent. Le CAC40 perd par exemple aujourd’hui pas loin de 5% après avoir perdu plus de 3% hier…
    L’Europe craint surtout que le temps d’organiser le référendum (on parle de Janvier 2012), la Grèce fasse faillite.

    Le revirement de situation après la relative bonne nouvelle que constituait les accords de Bruxelles de la semaine dernière, plonge l’ensemble des acteurs de la zone euro dans l’embarra. Il semble que le premier ministre Grec cherche à sauver sa tête vis-à-vis de son opinion, le qu’il n’ait que modérément apprécié le chantage de ses partenaires Européens. On dit que c’est essentiellement l’Allemagne qui a rédigé les accords en les imposants à l’ensemble de ses partenaires, y compris la France. La condescendante Allemagne devrait prendre un peu plus le temps de la consultation au lieu de prendre ses collègues Européens pour ses obligés. Mr Papandréou cherche probablement à sauver ce qui peut encore l’être et à rendre à la Grèce sa dignité, au risque de faire tomber son gouvernement.

    Les accords de Bruxelles donnaient déjà une impression d' »Accords de Munich ». Accords à la sortie desquels nos politiques se félicitent d’avoir réussi à « calmer les marchés » alors qu’il n’ont en réalité qu’aiguisé leur appétit et avoué la faiblesse de leurs gouvernements (comme avec Hitler en 1938).

    Certains voit aussi en ce référendum une façon de rendre la Grèce responsable des évènements à suivre, elle qui a surtout été portée par les évènements depuis 2 ans. En attendant la question du maintien de la Grèce dans zone Euro se pose une nouvelle fois, dans une formule qui ressemble de plus en plus à du chantage. Que va devenir la Grèce pendant les 3 mois qui la séparent du référendum ? Surtout qu’il est très probable qu’ils votent non dans un mouvement de défiance par rapports aux évènements subis ces derniers mois…

    Dans tous les cas cet épisode met une nouvelle fois en évidence le déficit démocratique dont souffre actuellement la zone Euro en particulier et l’Europe en général. Parce que dans le fond, qu’y-a-t-il de scandaleux à demander au peuple Grec de choisir son avenir ? L’Europe a-t-elle peur que les citoyens grecs rendent un avis différent de celui de leur gouvernement ? Ce même gouvernement qui est sensé représenter son peuple… Il ne faudrait pas non plus oublier que c’est en Grèce qu’a été inventée la démocratie…

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  16. Diana dit :

    Hello Franck,pas de proble8mes pour le lien, je t’en remercie. Je vais faire de meame sur mon blog Rassures-toi , j’ai enroce certains biais psychologiques contre moi, le plus terrible e9tant le greed qui me fait prendre parfois des poses beaucoup trop e9le9ve9e par rapport e0 mon capital. 95 % de discipline et de rigueur pendant 4 mois et une seule journe9e de de9connade te rame8ne e0 la dure re9alite9 C’est la statistique que j’ai constate9: tous les 3 ou 4 mois je fais une grosse bourde qui me coute cher. Mon objectif cette anne9e est d’e9viter ce genre de re9cif.On a chacun ses petits proble8mes e0 re9soudre et surmonter. Bon travail avec ton plan de trading. @+ Henri

  17. Ping : Grèce saisie immobilières | Pandora Vox

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